Archives de catégorie : ONG – Aide au développement & Solidarité

Rencontre avec Zipline au Rwanda

La société américaine Zipline, experte dans la livraison de sang avec des drones lance un nouvel appareil et va se développer en Tanzanie.

Un des drone de Zipline a terminé sa mission et retourne se poser sur la base de Muhanga au Rwanda
Un des drone de Zipline a terminé sa mission et retourne se poser sur la base de Muhanga au Rwanda

C’est un succès pour Zipline au Rwanda et l’entreprise ne s’arrête pas dans son développement. Lors d ‘une conférence TEDm le PDG présentait son nouveau modèle et évoquait les prochaines ouvertures pays. Première information Zipline ouvre un nouveau site à Kayonza afin de couvrir 100% du territoire au Rwanda !

Zipline sauve des vies en livrant du sang, aucune autre énergie que l’électricité n’est utilisée.

Zipline est implantée à Muhanga, 45 kilomètres de la capitale du Rwanda, Kigali, c’est ici que Arthur Draber m’a reçu pour évoquer en détail et sans tabou les activités passionnantes de Zipline.

Thierry Barbaut: Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline.  Comment définissez-vous votre premier site ici au Rwanda, comment le définissez-vous et quelles en sont les principales fonctions ?

Arthur Draber: un aérodrone, un droneport, finalement nous innovons et comme dans toute innovation il n’y a pas encore de terme définissant ce site. Nous sommes sur un aéroport de drone et comme dans un aéroport standard il y a une piste de décollage spécifique,  une tour de contrôle, des bureaux, du stockage mais aussi une banque de sang et des colis avec des parachutes, ce qui est moins courant !

Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline
Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline

Thierry Barbaut: pouvez-vous nous décrire le processus complet d’une commande que vous recevez ici à Muhanga pour une livraison de sang ?

 

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Bill Gates inquiet des baisses de financement dans l’aide au développement

Bill Gates est le fondateur de Microsoft. Il gère la plus importante fondation au monde, et il est inquiet de la baisse des dépenses d’aide au développement annoncée au début de l’année par Donald Trump

“Même si, à la fin, il s’agit d’1 milliard, ce serait super décevant, mais sur une aide totale de 30  milliards de dollars, c’est beaucoup mieux que les premières annonces”, a-t-il déclaré.

Interrogé pour savoir s’il serait prêt à compenser cette baisse avec son propre argent, la réponse de l’homme le plus riche du monde (sa fortune avoisine les 90 milliards de dollars, soit 75 milliards d’euros) est cinglante: “Non, absolument pas! Nous n’avons pas de réserve spéciale au cas où un gouvernement se montrerait moins généreux. Nous dépensons tout ce que nous avons, parce que nous savons que chaque millier de dollars investi sauve une vie de plus”.

Le milliardaire américain rappelle que “les Etats-Unis sont à 30 milliards (de dépenses pour l’aide au développement), le Royaume-Uni et l’Allemagne à 16 chacun environ. Et notre fondation, elle, dépense un peu plus de 3  milliards de dollars”.

Bill Gates - Fondation Bill et Melinda Gates et aide au développement
Bill Gates – Fondation Bill et Melinda Gates et aide au développement

Dans un rapport publié cette semaine par sa fondation, Bill Gates souligne les “gros progrès” réalisés depuis près de 30 ans en matière de lutte contre la pauvreté. “Mais beaucoup reste à faire”, souligne celui qui, avec sa femme Melinda, revendique des milliards de dollars dépensés depuis 15 ans en faveur du développement durable.

Gabon : Forum des associations à l’institut de France « Développement et Numérique »

Le SCAC, Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Gabon et Sao Tomé et Principe organisait le 4ème forum des Associations à Libreville.

Le SCAC organise chaque année un forum thématique à destination de la société civile gabonaise.

Cette année le forum était consacré aux liens entre développement et technologies numériques

Le Gabon présente un environnement particulièrement favorable : la couverture réseau est importante et appuyée par le développement continu de la fibre optique, plusieurs incubateurs existent et différentes initiatives en appui aux jeunes développeurs sont en cours.

Cependant, les Organisations de la Société Civile (OSC) n’ont pas encore complètement accès aux dernières dynamiques et innovations numériques en matière de santé, éducation, économie solidaire, accompagnement social…

Le forum des associations à réussi à fédérer un espace d’échanges et de partages entre acteurs sur les perspectives offertes par les outils numériques.

Gabon - Forum Développement et numérique
Gabon – Forum Développement et numérique

 

Les interventions

Après un discours de SEM l’Ambassadeur de France au Gabon, Dominique Renaux, et une intervention du Premier Ministre concernant les stratégies numérique du Gabon, Thierry Barbaut a présenté « les enjeux du numérique en Afrique ».

Pendant une heure trente, Thierry Barbaut, responsable du numérique et de la communication de l’Agence des Micro Projets a développé le lien indissociable entre numérique et aide au développement.

Après avoir dressé un état des lieux du numérique en Afrique (taux de pénétration d’Internet dans les pays, communautés sur les réseaux sociaux et impact sur les associations et ONG), un focus sur l’utilisation du mobile et du smartphone a été fait. Des applications pour les organisations ont été présentées sur les thématiques de l’agriculture, la santé, l’éducation et l’énergie.
Le mobile banking, ou « mobile monnaie » a été présenté avec les avantages de la bancarisation d’une partie de la population et des nouveaux services qu’il propose : assurance, crédit, épargne…
Les usages des drones pour les ONG ont également été développés : agriculture, photos, vidéos et outils désormais indispensables de la préservation de la faune et de la flore.
Enfin une présentation des « hubs » (plateformes de rencontres physiques) et de leurs acteurs permettant à la société civile de se fédérer a permis aux auditeurs de mieux comprendre les réseaux qui animent le numérique en Afrique.

Cécile Vilnet, coordinatrice de l’Agence des Micro Projets a ensuite présenté en détails la dématérialisation des demandes de financement et du cycle de vie des projets au sein de l’Agence.

De l’ « espace association » en passant par l’ « espace projet », chaque étape a été détaillée, permettant aux associations présentes de comprendre comment déposer un dossier de demande de financement en ligne.
L’espace projet est composé de différents onglets : informations sur le projet, avis du jury, suivi des décaissements, bilans et évaluations. Les mission d’évaluation sur le terrain clôturent le cycle du projet.
Cécile Vilnet a conclue en présentant la capitalisation des données, à la fois sur la cartographie de l’Agence des Micro Projets qui répertorie les microprojets financés mais aussi sur le moteur de recherche des sources de financements, accessibles sur www.agencemicroprojets.org.
Enfin une présentation du site www.microprojets.org de « crowdfunding » ou « finance participative » a été faite expliquant comment une association peut collecter en ligne des financements complémentaires avec des dons par carte bleue.

 

Chritian Jekinnou est intervenu pour présenter « Afrique Innovation » qui est un programme de l’Agence Française de Développement, mis en œuvre par l’incubateur Bond’innov et dont l’objectif est de renforcer les compétences des structures d’accompagnement de porteurs de projets (incubateurs, accélérateurs, fablab, etc.) en Afrique.

Astria Fataki présentait Energy Generation qui a pour objectif de faire face au défi de l’accès à l’électricité pour tous sur le continent africain. Ce projet vise à promouvoir et à accompagner l’innovation technologique et l’entreprenariat social au niveau local afin d’identifier, développer et diffuser à grande échelle les solutions d’électrification « made in Africa » d’aujourd’hui et de demain.

Pour ce faire, Energy Generation mène deux actions principales : la création de la Energy Generation Academy, un programme de formation à l’entrepreneuriat ayant pour mission l’accompagnement de jeunes entrepreneurs sociaux spécialisés dans le secteur de l’électrification de base et l’organisation de l’Africa Energy Generation Prize, un concours Panafricain d’inventions de solutions génératrices d’énergie à bas coûts.

Le Docteur Agbor Ashu présentait GiftedMom qui développe des technologies innovantes de Santé Mobile à faible coût pour améliorer la santé maternelle et lutter efficacement contre la mortalité infantile. Grâce à un système de messagerie vocale et SMS, femmes enceintes et jeunes mères accèdent à de l’information préventive et bénéficient de services personnalisés.

Mme Lisa Marie Bongotha est directrice de l’agence de communication L’Etincelle. Madame Bongotha s’investit également dans des projets associatifs et de développement. Madame Bongotha conseille les acteurs non gouvernementaux gabonais sur la gestion des réseaux sociaux, leur identité visuelle et l’utilisation du web pour la recherche de fonds.

Pascal Jeannot présentait ses services d’accompagnement des projets de start-ups. Formateur dans les domaines du marketing, du management, de la négociation vente et de la réalisation de plan d’affaires, Monsieur Jeannot met son expérience et son savoir-faire au service des acteurs non gouvernementaux gabonais.

Une société civile… 2 publics distincts

Le Forum a pour finalité de répondre aux préoccupations d’une société civile active dans la sphère du développement et intéressée en tant que consommatrice de produits numériques développés en appui à son activité.

Par ailleurs, le Forum s’adresse également aux jeunes développeurs rassemblés en associations et/ou incubateurs.

Un forum pour la société civile en trois temps

Une introduction pour souligner le caractère indispensable de la maîtrise des technologies numériques pour la conduite des projets de développement. Il s’agissait également de mettre en relief le fait que  « le numérique » offre de nouveaux outils de gestion et d’aide à la décision simples, utilisables par chacun.

Des échanges autour des applications ou solutions développées au sein de structures gabonaises, françaises et du monde francophone. Par ailleurs, des outils pratiques, simples d’utilisation, ont été mis à disposition des participants dans les domaines de la gouvernance, de la gestion financière et comptable, de l’ingénierie de projets et de la stratégie, planification.

Un concours afin de développer une plateforme d’échanges entre acteurs non gouvernementaux et partenaires techniques et financiers. Ce concours s’est appuyé sur un cahier des charges synthétisant les attentes des différentes parties. Plusieurs équipes, issues des incubateurs gabonais de référence et regroupant a minima un codeur, un marketeur et un développeur, vont proposer une solution répondant au cahier des charges.

L’intelligence artificielle et les drones en protection des animaux

Le programme Air Shepherd associe drones et intelligence artificielle pour sauver éléphants et rhinocéros des braconniers.

Depuis dix ans, un éléphant est tué par des braconniers toutes les 14 minutes et deux rhinocéros meurent tous les jours. A ce rythme, ces deux espèces animales auront disparu du continent africain dans dix ans, s’alarme la Lindbergh Foundation. Alors, pour éviter le pire, la fondation s’est associée à la société Neurala qui va équiper ses drones de surveillance d’un système d’intelligence artificielle.

Le programme Air Shepherd, actif depuis déjà plusieurs années, consiste à veiller sur des zones à risques, là où les braconniers ont l’habitude d’agir, en particulier la nuit grâce à des caméras à infrarouge. Jusqu’à maintenant, les drones, qui pouvaient voler cinq heures d’affilée maximum, se contentaient de déclencher un enregistrement vidéo à chaque détection d’une forme vivante.

Ces images étaient alors transmises à des opérateurs au sol chargés de les analyser. Si une forme humaine était repérée, l’information était transmise aux gardes chargés d’intercepter les suspects. Mais Air Shepherd ne pouvait pas embaucher suffisamment de monde pour visionner 24h/24 les milliers d’heures d’images filmées par les drones.

Désormais, les protecteurs des animaux seront assistés par le logiciel d’intelligence artificielle de Neurala, Neurala Brain. Celui-ci a appris à identifier éléphants et rhinocéros. Il pourra repérer des formes non répertoriées, en temps réel, dans les téraoctets de vidéos fournis par les drones. L’alerte pourra alors être envoyée immédiatement aux rangers, avant même que les intrus aient pu atteindre les animaux.

 

Cette IA, a expliqué le PDG de Neurala, Max Versace, a d’abord été développée pour la Nasa afin de participer à l’exploration autonome d’autres planètes.

Cette nouvelle collaboration « est un très bon exemple de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour une bonne cause », a-t-il ajouté en espérant qu’elle parviendra à sauver la vie de milliers d’animaux tout en permettant l’arrestation de nombreux braconniers.

L’importance d’évaluer les projets de développement

Je suis parti au Togo pour évaluer les microprojets de l’AMP financés ces dernières années.

Une mission d’évaluation, de rencontres et de capitalisation.

Un voyage passionnant ou j’ai pu rencontrer l’ensemble des acteurs, les porteurs de projets bien sur mais aussi et surtout les communautés des bénéficiaires qui savent plus que quiconque quels sont leurs besoins et comment trouver des solution pérennes !

En parallèle de cette mission, un documentaire a été réalisé et sera disponible début 2017.

J’étais accompagné de Victor Cavaillole, réalisateur, afin de rencontrer les acteurs des microprojets dotés au Togo ces dernières années. La mission d’évaluation a donc été couplée à des interviews filmées qui ont permis de donner la parole aux acteurs locaux.

Notre documentaire, les trois premières minutes :

 

De Lomé à Dapaong et même sur la « Corne » du Togo entre le Ghana et le Burkina, de nombreuses rencontres enrichissantes ont permis d’en savoir plus sur les microprojets depuis ma dernière visite en 2013.

 De projets en projets…

Microprojet « Garage Wuzdrape Lavoisier » porté par l’association Les amis de l’Enije.

Ce projet est atypique et très intéressant puisqu’il met en avant les nouvelles technologies, l’apprentissage et l’entrepreneuriat.

La demande de financement déposée auprès de l’AMP portait sur la construction d’un bâtiment à 35 kilomètres au nord de Lomé, à Adetikopé. L’AMP a pu se rendre compte de la bonne réalisation du projet : le garage désormais construit est moderne et le bâtiment très bien réalisé.

Sur place le partenaire local, assisté de Yohan, un Volontaire de Solidarité Internationale, nous présentent le projet avec des exemples de réparations sur des voitures modernes qui ont souffert du climat et du sable. L’objectif est de former les jeunes à la mécanique sur les voitures de nouvelle génération qui affluent désormais au Togo.

Cela constitue une démarche complexe car ces voitures sont équipées de moteur à injection électronique et également de nombreux capteurs électroniques sur les roues et d’autres parties mécaniques. Une tablette tactile et des outillages sont mis à la disposition des jeunes pour les former aux nouvelles technologies.

De réelles perspectives d’avenir sont envisagées pour ces jeunes qui bénéficient d’un savoir-faire divulgué par des experts. Des instituts de formation et d’autres garages du pays souhaitent inscrire leurs élèves au cursus proposé par le garage Lavoiser. Un exemple dans la région…

Microprojet « Assainissement du marché de Yemboate » porté par l’association AJFD, Avenir des Jeunes Filles de Dapaong.

Ce projet se situe à l’extrême nord du Togo, à coté de la ville de Dapaong. Il représente un véritable cycle vertueux d’activités sur le développement durable et l’assainissement. En effet, il associe la création d’un groupement de femmes avec une activité de recyclage et donc d’assainissement sur le marché de Yemboate ainsi que la création de compost afin que ces femmes puissent cultiver l’arachide, des oignons et des tomates tout au long de l’année. Ces femmes vendent ensuite ces produits sur le même marché et profitent donc d’activités génératrices de revenus.

Par ailleurs, des latrines ont été mises en service et permettent ainsi de rendre le site plus sain. Un accès de 25 CFA est demandé pour y avoir accès.

La population a adopté ce nouveau marché qui fait figure de modèle dans la région ! Une rencontre avec le chef du village et la police a confirmé l’intérêt porté par l’ensemble des acteurs de la région à cette initiative.

 

Microprojet « Activités agropastorales pour les femmes vulnérables » porté par l’association AJFD

Située à 25 kilomètres au sud de Dapaong, le village de KoyaKoya a accueilli ce projet ou un apatame a été construit afin de piloter de nombreuses activités comme par exemple des cours et des formations à l’agriculture et à l’alphabétisation pour les femmes.

C’est dans ce cadre que 5 ha de terre ont été mis à disposition des femmes, dont 1 ha à titre expérimental, afin de leur permettre de cultiver le riz, le maïs et l’arachide et d’en commercialiser les récoltes. Ces femmes montent en compétences grâce aux formations et deviennent vendeuses ambulantes dans la région et sur les marchés avec une production locale appréciée et BIO.

Un forage et une machine à moudre le maïs ont également été mis en place afin de produire la farine Misola issue de la production locale. C’est encore une fois un produit très apprécié de la population.

 

Microprojet « Alimentation en énergie photovoltaïque du dispensaire de Boadé » porté par AJFD

Ce dispensaire isolé sur la Corne du Togo permet aux populations de la région ainsi qu’aux habitants du Ghana et du Burkina voisins de se faire soigner. Le dispensaire propose un service d’urgence, des consultations avec prescription de médicaments et un suivi et planification des grossesses grâce à une matrone.

L’objectif de ce dispensaire très excentré était d’ouvrir la nuit : un système de panneaux photovoltaïques avec stockage de l’énergie a été mis en place. Désormais son fonctionnement est optimal et le taux de fréquentation a augmenté de 50% en 1 an.

 

Microprojet « Réfection de l’école de Tagbadza » porté par SOS pour l’Afrique

Ce microprojet a pour but la réfection totale d’une école isolée. Le projet permet également aux enfants de ne pas faire plus de 10 kilomètres à pieds pour accéder à une école. C’est donc au cœur du village que cette école à été entièrement rénovée.

Des latrines ont été installées et un système de récupération d’eau de pluie avec une cuve de stockage de 5 000 litres permet aux enfants de boire et de se laver les mains.

 

Microprojet « Élevage de porcs à Tagbadza », porté par SOS pour l’Afrique

Cet élevage de porcs a été mis en place dans un deuxième temps afin de développer des activités génératrices de revenus pour couvrir les frais de fonctionnement de l’école de Tagbadza.

La porcherie est construite mais pas encore opérationnelle. Les travaux ont été très bien réalisés et un forage a été construit récemment. La nourriture pour les cochons sera issue des champs avoisinants et plus de 60 bêtes seront vendues chaque année pour générer des revenus.

Une partie des revenus sera mise à disposition des gérants de la porcherie afin de couvrir les salaires et entretenir le site. Une autre partie sera dédiée à l’école de Tagbadza pour couvrir les salaires des professeurs, l’entretien du bâtiment, du mobilier, du forage et des latrines.

Microprojet de « bibliothèque à Yiéviépé », porté par ASTOVOT

Mettre à disposition une bibliothèque pour les enfants de la région était indispensable. En effet, aucune structure de ce type n’existait dans la région. C’est aujourd’hui plus de 200 bénéficiaires qui peuvent en profiter.

La bibliothèque a été entièrement construite et elle est alimentée à 100% par l’énergie solaire avec un système pertinent de stockage de l’énergie avec des batteries et un convertisseur.

D’autres activités sont proposées dans la bibliothèque : diffusions de films, activités de jeux, d’animations…

La bibliothèque permet de générer des revenus grâce à des services de bureautique qui sont proposés : courriers, impressions, photocopies, email et navigation sur Internet. Les revenus devraient permettre un équilibre budgétaire du site dans 2 ans. .

En marge des rencontres des porteurs de projets, des bénéficiaires et de tous les acteurs impliqués dans les microprojets, nous avons souhaité filmer chacune de ces initiatives et allons proposer un documentaire qui sera disponible début 2017 !

Le numérique et le code en Afrique

Les nouvelles technologies en Afrique représentent le plus gros marché au monde selon de nombreux experts financiers

Il y aurait actuellement 800 millions de téléphones mobile en Afrique, c’est plus qu’en Europe ou aux USA. Sachant que 80% de ces mobiles sont d’ancienne génération imaginons l’impact sur les applications et l’échange d’information quand ils seront renouvelés par des Smartphones.

Les nouveaux leaders de l’économie numérique ne sont pas uniquement Google, Facebook, SAP, Atos, mais aussi désormais Jumia, MTN, Orange… Des groupes qui définissent de nouveaux paradigmes « agiles » des entreprises participatives, collaboratives… du web 3.0 ?

Interview FedAfrica sur le digital en Afrique

Parmi les nombreuses mutations qui permettent à l’Afrique de s’imposer comme le continent de la croissance, l’essor de la sphère digitale, synonyme de développement économique et social est incontournable.
Le continent est aujourd’hui doté d’un très fort potentiel, tant en termes de nombre d’utilisateurs que d’accès aux offres les plus innovantes. C’est par ailleurs pour répondre à de nouvelles habitudes de consommation, ainsi qu’à un besoin de réactivité et d’inter-connectivité que l’ensemble des acteurs économiques ont pris part à cette révolution.

A ce titre, Fed Africa lance en 2016 le chantier de son nouveau site Internet qui promet d’être responsive et plus ergonomique.
Afin d’en savoir plus sur le virage numérique et ses formes multiples, nous avons convié Thierry Barbaut – expert Digital & Afrique, à nous faire un état des lieux du marché.
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Fed Africa : Dans quelle mesure les nouvelles technologies sont-elles un enjeu de développement ?

Thierry Barbaut : Les nouvelles technologies en Afrique touchent tous les secteurs d’activités : l’industrie, la finance, les matières premières mais aussi et surtout l’agriculture, la santé, les déplacements, les énergies renouvelables et bien sûr l’éducation. Grâce aux NTIC des perspectives incroyables se dessinent et plus particulièrement en Afrique grâce à deux leviers :

  1. Le premier levier est l’accès à l’information et c’est le mobile qui l’a rendu possible. Le marché est passé à une étape de renouvellement avec l’arrivée des smartphones low cost, c’est une deuxième phase de cette révolution télécom qui offrira l’accès à des applications plus inclusives pour des centaines de millions d’utilisateurs.
  2. Le second levier est représenté par les services qu’offre aujourd’hui le mobile. Le plus marquant est bien sur le mobile banking qui démocratise l’accès à la bancarisation. Toutes les classes sociales utilisent le mobile banking et les PME sont de plus en plus représentées. De nouveaux marchés s’ouvrent : l’assurance, l’épargne ou le micro-crédit

– L’émergence des réseaux sociaux en Afrique permet principalement l’échange d’information et donc le contact entre usagers : entreprises, particuliers, organisations avec un accent particulier sur le mode collaboratif. En effet l’outil est extrêmement utile aux populations en recherche de structuration, de fonds et bien sûr de mise en œuvre d’actions.

– Le big data est prépondérant car les données collectées changeront définitivement le visage de l’Afrique avec des perspectives de personnalisation des services adaptés aux besoins des utilisateurs.

– La cartographie et la géolocalisation en temps réel permettent déjà de lutter contre le développement du paludisme, de gérer le trafic des bus de Nairobi en mode collaboratif ou d’apporter des données météo précieuses aux millions d’agriculteurs ou éleveurs par le biais de SMS journaliers.

– le Crowdfunding mais aussi le crowdsourcing ou le crowdimpactingpermettront de mieux gérer l’aide au développement en récoltant et diffusant des données plus efficientes.
Fed Africa : Quels impacts à la sphère digitale dans les habitudes de consommation ?

Thierry Barbaut : Un des impacts majeurs a été de mettre en contact les populations, les familles, les régions et même les pays d’Afrique. Comme l’Afrique est dans le noir la nuit par manque d’électricité, elle est aussi dans l’ombre au niveau de la communication.

La diaspora entre enfin de manière efficiente dans le développement de l’Afrique, des HUBS se développent afin de faciliter les contacts mais aussi les financements, les échanges et les bonnes pratiques.

Jumia bien sûr avec la société AIG (Africa Internet Group) mais aussi Cdiscount (Bolloré et le groupe Casino) possèdent à eux deux plus de 40 sites internet de e-commerce en Afrique.

Mais là ou Jumia s’est particulièrement démarqué c’est dans l’adaptabilité des différents sites internet aux spécificités locales et culturelles mais aussi techniques et législativement : pas de HTTPS (paiement sécurisé sur Internet) ou de paiement par carte dans tel ou tel pays, c’est alors du «click and collect » qui est mis en place (système ou le consommateur commande en ligne et payera à la réception du produit).

Finance, marché informel et lutte contre la corruption

Le digital permet à l’Afrique de se placer sur les marchés financiers et de développer ses propres fonds d’investissement d’incubateurs et enfin de ne pas dépendre systématiquement de l’aide internationale même si des contrastes restent saisissants d’un pays à l’autre, ce qui est logique sur 54 pays.

Le fait de piloter des marchés financiers dans un écosystème digital permet ausside transformer le marché informel qui représente 70% en Afrique.Formaliser les échanges, par exemple sur les différents marchés journaliers qui se tiennent dans les villes et qui mettent à disposition des populations les denrées de première nécessité, représenterait plus de 500 milliards d’euros par an dans sa phase N+1. Le mobile banking sera bien sur le principal vecteur des connexions financières entre clients et vendeurs.

Fed Africa : Quelles sont vos projections concernant la prochaine décennie ?

Thierry Barbaut : Les HUBS liés aux nouvelles technologies vont exploser, ils sont des pépinières de jeunes vecteurs d’innovations locales et adaptés aux cultures et mode de consommation des 54 pays du continent.

– Les applications mobiles et les objets connectés, qu’ils soient chez les particuliers, dans les usines ou grandes entreprises joueront un rôle essentiel.

– Il est probable que l’Afrique soit finalement cette locomotive de la croissance mondiale dès 2030 avec deux milliards d’habitants. Les défis à relever sont énormes mais la croissance est présente et perdure même avec la chute des cours du pétrole. Cette croissance, même si elle est inégalement répartie, touchera de plus en plus de monde et donnera plus d’impact et de pouvoir d’achat aux populations.

Dans les bonnes initiatives digitales en Afrique il faut citer We Think Code, une ONG Sud-Africaine qui ouvrira début 2015 la première école gratuite de codeurs ouverte aux pays limitrophes sur le même modèle que « 42 Born to Code » l’école du fondateur d’Iliad (Free) Xavier Niel à Paris.
L’économie informelle va se structurer progressivement permettant aux Etats de mieux se développer financièrement notamment en collectant des impôts importants. La bonne gouvernance sera bien sûr aussi décisive qu’indispensable. Faisons confiance aux jeunes, 50% de la population Africaine à moins de 25 ans et la jeunesse rime avec innovation.