Le numérique : un outil de convergences des acteurs du développement

La conférence, intitulée  « Le numérique, un outil de convergences des acteurs du développement », a cette fois-ci  choisi d’élargir le débat à l’ensemble des acteurs du développement.

Cinq personnalités,  3 chefs d’entreprise, 1 représentant institutionnel et 1 responsable numérique au sein d’une ONG ont débattu, sans langue de bois, sur les problématiques de protection des données, de l’importance de la formation des individus, de la collaboration, de l’hégémonie des GAFA (google, apple, facebook, amazon) dans l’accès à internet ou encore de l’importance du rôle de l’État.

Gilles Babinet
Gilles Babinet

Si l’ensemble du panel a conclu sur le fait que les différents pays en développement, notamment en Afrique, connaissent actuellement une révolution numérique, ils en sont aussi venus à la conclusion que c’est grâce à un travail conjoint de l’ensemble des acteurs (privés, publics, société civile, organisation non gouvernementale) que cette révolution pourra bénéficier à tout le monde.

Isabelle Mashola
Isabelle Mashola

Chaque partie prenante à son rôle à jouer : l’Etat rend possible le déploiement des nouvelles technologies; les entreprises permettent de développer des solutions innovantes pour répondre aux besoins fondamentaux et les acteurs de la société civile permettent aux populations de bénéficier de ce développement. Le développement du numérique ne doit pas être perçu un but en soi mais bien comme un outil concourant à l’atteinte de cet objectif.

C’est ainsi grâce au numérique que les 3 entreprises représentées dans le panel d’intervenant-e-s se sont développées. Isahit, représentée par sa fondatrice Isabelle Mashola, permet à des femmes porteuses d’un projet professionnel d’obtenir des compléments de revenus en effectuant des micro tâches numériques, telles que l’amélioration des capacités de compréhension des intelligences artificielles.

La société Sunna Design, qui s’est exprimée par l’intermédiaire de Thomas Samuel, son fondateur, a fourni un smartphone à des nombreux bénéficiaires de ces produits afin de faciliter le paiement par mobile de l’électricité ou encore d’avoir accès à un ensemble d’applications dont éducatives.

Enfin, la marketplace Afrobytes, représentée par sa cofondatrice Haweya Mohamed, fait rencontrer physiquement les acteurs de la Tech Africaine afin qu’ils échangent physiquement sur les enjeux et problématiques du secteur.

À l’heure du tout numérique, la rencontre humaine reste en effet le meilleur moyen de nouer des relations partenariales. Ainsi, tout type d’acteur peut avoir recours à  l’outil numérique et Thierry Barbaut – représentant l’ONG La Guilde et l’Agence des Micro Projets – a pu présenter l’importance du numérique dans le fonctionnement de l’organisation. Le lancement prévu de la nouvelle plateforme de dépôt de projet  » portail-solidaire.org  » programme développé par l’ONG La Guilde et destiné à mettre en lien de manière virtuelle porteurs de projets et bailleurs de fonds est une  autre illustration de l’importance de faire se rencontrer les différents acteurs d’une même thématique, à l’instar des événements organisés par Afrobytes.

Enfin, Gilles Babinet, responsable digital pour la France à l’Union Européenne, a rappelé l’importance du rôle de l’État dans l’émergence du numérique en prenant pour exemple la naissance de M-Pesa, solution de paiement mobile née au Kenya, qui n’aurait peut-être pas vu le jour sans que la sphère publique ne la légifère.

La conclusion principale de cette conférence réside finalement dans son intitulé. Le numérique peut faire converger indirectement les acteurs du développement s’il est bien vu comme un outil et non une fin en soi.

Documentaire sur les énergies renouvelables et les nouvelles technologies

Une révolution industrielle en Afrique qui allie les énergies renouvelables et les nouvelles technologies

C’est le sujet de ce deuxième documentaire que je réalise avec l’ONG La Guilde, l’Agence des Micro Projets et les deux partenaires : Finergreen et le fonds Synergie Solaire

Du nano au macro en passant par le micro et méso projet, les énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest valorisés dans le deuxième volet de la série de La Guilde « Acteurs du Développement ».

Après avoir tourné un premier documentaire au Togo sur les microprojets soutenus par l’Agence des Micro Projets, La Guilde poursuit ses actions de communication et de valorisation des différents acteurs et particulièrement avec ceux qui opèrent sur le terrain.

C’est donc avec l’appui du fonds de dotation Synergie Solaire et l’entreprise Finergreen que le deuxième volet de la série « Acteurs du Développement à été tourné en septembre au Sénégal. L’objectif est double: valoriser les projets qui agissent sur les différentes thématiques, eau, santé, agriculture, éducation disposant d’un volet énergies renouvelables et faire découvrir différentes échelles de projets, du nano au macro projet en passant par le micro et le méso.

Vous découvrirez dans ce documentaire les interview des porteurs de projets mais aussi l’avis des bénéficiaires et d’acteurs dans les énergies renouvelables en Afrique comme les politiques publiques et les grandes entreprises.

En attendant la première présentation du documentaire le 20 novembre le premier est disponible en ligne sur ce lien : « Togo, incubateurs d’initiatives solidaires ».

 

Découvrez quelques photos des projets et du tournage.

A la rencontre des communautés au Bénin

Le premier objectif de cette courte mission était d’évaluer les microprojets dotés depuis 2013 et ayant remis leurs bilans. Le deuxième objectif était de rencontrer les porteurs des microprojets qui sont en cours de réalisation, ou qui commencent leurs activités.
Sur les 18 microprojets soutenus par l’AMP au Bénin, 12 ont reçu la visite de l’AMP. Deux de ces 12 microprojets ont été dotés à deux reprises sur différentes années, comme par exemple la cyber pirogue solaire qui fut lauréat de la session spéciale dédiée aux énergies renouvelables.

Les communautés “incubateurs d’initiatives solidaires”

Dès notre arrivée à Cotonou, c’est avec une voiture de location que nous sommes partis à la rencontre des différents projets pour une boucle de 1 400 kilomètres en passant par Porto Novo, Bohicon, Abomey, Dassa, Kokoro, Grand Popo, Ouidah, puis un retour à la capitale.

Ce fut un voyage riche en rencontres avec les porteurs de projets, les acteurs des microprojets, les bénéficiaires et l’ensemble des communautés impactées par ces projets. L’occasion de réaliser non seulement des évaluations, mais aussi des prises de vues aériennes avec un drone, des vidéos des sites, et des interviews des porteurs de projets.

Porto Novo – Association Eau pour la vie: Diversification des activités des jeunes filles du centre d’accueil La Passerelle et Energie Lodévoise au fil du soleil

Le premier projet consiste à former un groupe de jeunes filles victimes de violences à des activités génératrices de revenus. Ici, c’est un jardin maraicher qui est mis en place et une activité de pisciculture. Cette dernière est directement soutenue par l’Agence des Micro Projets.

Le deuxième projet consiste en la mise en place d’un forage avec une pompe fonctionnant à l’énergie solaire. Le forage est terminé et la pompe solaire, ainsi que le système solaire, sont en installation.

 

Dassa – Cercle des Apprenants Solidaire de Haute-Sâone C.A.SOL. 70: Un centre éducatif et culturel au pied des collines

Situé en Glazoué et Dassa, ce projet vise à former les jeunes aux métiers de l’informatique avec un apprentissage basique ou plus poussé selon les niveaux. Un bâtiment a été construit et équipé de postes informatiques. L’encadrement est effectué par deux personnes qui semblent très impliquées dans les besoins des jeunes.

Ce centre est inclus dans un projet plus vaste d’écotourisme où les touristes peuvent être sensibilisés aux différentes causes ou thématiques comme l’éducation, l’agriculture ou la formation à l’informatique. Un projet de potager biologique est en cours de développement.

Kokoro – Association Vidome: Construction d’un module de classe

A Kokoro, plus au nord, nous découvrons les salles de classe construite par l’association locale avec l’implication forte de la communauté. Une dizaine d’acteurs du projet nous reçoivent et nous découvrons le bâtiment. Hélas l’éducation est en grêve depuis le 6 janvier 2018 et nous n’allons pas pouvoir assister aux cours ou rencontrer les élèves. Nous avons cependant eu l’opportunité de visiter les salles et de voir les tableaux, et le mobilier atteste du bon usage des salles. Les cours devraient reprendre fin avril 2018…

 

Bohicon – Codev Occitanie : Soutien aux orphelins du Sida

Nous rencontrons Mathieu Honzonon qui est le partenaire local et qui dirige cet ambitieux projet.
Un centre d’accueil des enfants orphelins ou victimes de violences est déjà opérationnel. Il cumule l’accueil et le soutien des jeunes pour rester dans un cycle d’accès à l’éducation et est équipé d’un programme de pisciculture avec des infrastructures comme un forage et un système de pompage solaire.

En marge de ce centre, le but de ce microprojet soutenu par l’AMP est de produire et de commercialiser du moringa sur un terrain de 8 hectares à 30 kilomètres du centre. C’est ici que nous constatons la production et la transformation du moringa. Un projet impressionnant et ambitieux qui se développe très rapidement et qui implique une forte communauté.

 

Solvegni – Association l’occasion de reprendre son élan: Centre de soins et maternité

Ce projet se situe à Sovlegni soit à 12 kilomètres de Djidja, qui est à 35 kilomètres au nord d’Abomey par une bonne piste.
Ce centre de santé est alimenté exclusivement en énergies renouvelables, c’est le seul aux 12 kilomètres alentours sachant qu’aucune autre infrastructure est électrifiée.

L’électricité permet d’alimenter en lumière le centre et ainsi par exemple de permettre les soins ou accouchements de nuit. L’énergie permet aussi de recharger les téléphones mobiles des villages avoisinant, ce qui représente une activité génératrice de revenus. Un frigo permet également de conserver au frais les différents vaccins et médicaments spécifiques.

L’AMP a financé un forage de 70 mètres de profondeur qui permet d’alimenter en eau le centre de santé. La pompe est couplée à un groupe électrogène qui est mis en service uniquement pour remplir le château d’eau. Il est imaginé de pouvoir amplifier la puissance de l’infrastructure photovoltaïque afin de supprimer ce groupe et d’avoir un site 100% en énergies renouvelables.

 

Grand Popo – Association un mode en couleurs : Une savonnerie et un local de vente pour le groupement nianwekpo

Ce projet est en cours de développement. Il sera opérationnel en juin 2018. Nous avons néanmoins rencontré le porteur de projet Georges qui travaille avec la croix rouge locale. Un groupement de femmes bénéficiaires a été crée et nous les avons rencontré.

L’objectif est d’acheter et de transporter à l’aide d’une pirogue dédiée des noix de Coco en traversant la rivière mono. Ces noix de coco sont ensuite rappées et pressées afin d’en extraire l’huile pour fabriquer des savons et les commercialiser. Les femmes retirent le bénéfice de la vente et développent ainsi une coopérative.

 

Comé – Association Cuma Bénin Aquitaine: Projet de modernisation de l’agriculture familiale au Bénin

Ce projet est ambitieux et réparti à différents endroits dans le pays. Nous avons rencontré les deux porteurs de projet à Comé et visité un champs ou des femmes travaillent sur l’agriculture avec un système plus adapté pour l’irrigation. Des pompes couplées à des tuyaux dépliables permettent d’arroser en limitant les pertes d’eau.

Nous sommes ensuite allé à Djakotomey à 75 kilomètres au nord afin de rencontrer une des coopératives de femmes bénéficiant de la CUMA. Nous avons pu échanger avec différents acteurs et bénéficiaires du projet. Cette coopérative « partagée » permet de proposer des outils, du savoir faire ou même un tracteur en location. Ces activités dans le projet permettent bien sûr d’améliorer le savoir faire et la production, tout en générant des AGR (activités génératrices de revenus) indispensables au projet.

Les femmes rencontrées sont demandeuses d’équipements complémentaires ! Les porteurs de projets sont des experts de la thématique et ces savoirs sont capitalisés dans différents endroits du pays : une interview de Nouwogou Koffivi est présentée ci-dessous, pour vous donner une vue d’ensemble et complète de ce projet.

Ouidah – Association des volontaires pour la santé et le développement : Appui à la construction de trois salles de classe

Le microprojet consiste en l’agrandissement d’une école d’un quartier de Ouidah, et plus précisément en la construction de trois salles de classe supplémentaires.
Le bâtiment est très bien construit et en harmonie totale avec le reste de l’école. Les cours avaient parfois lieu dans la cour de récréation, et cette école reçoit plus de 800 enfants. Les salles permettent d’accueillir jusqu’a 80 élèves et de nombreux équipements complémentaires, comme des bancs des fournitures ou des latrines plus adaptées, seraient nécessaires… Le projet est bien porté et la directrice est très impliquée dans l’entretien et l’encadrement.

 

So Ava (région de Ganvié) – Association Grand Lieu Nokoué – Une cyber pirogue solaire

Ce projet qui a reçu deux dotations, dont une sur la session ENR, est le projet coup de cœur de cette mission.
Le projet est porté par André Todjé, très impliqué localement, et Rodolphe un expert et technicien de l’informatique et de l’internet. Un premier projet avait permis de monter un centre d’apprentissage et de formation à l’informatique. Mais sur cette cité lacustre, il est difficile de toucher les jeunes qui se trouvent sur des îles loin du centre. De plus, les « taxi pirogues » sont onéreux. Il a donc été décidé de construire une cyber pirogue solaire équipée de 12 ordinateurs portables, permettant de faire des cours sur les sites ou se trouvent les enfants.

Les panneaux solaire placés sur la pirogue permettent de diffuser du courant couplé à un convertisseur et un onduleur pour les 12 ordinateurs, et le routeur Wifi 4G diffuse l’internet sur les différents postes. L’intérêt ici est de proposer des formations courtes et ludiques de 1 heure trois par jours dans la semaine et de découvrir l’internet.

Congo TechDays 2018 en RDC

C’est à Lubumbashi en RDC dans la région du Katanga que se déroulait la deuxième édition des Congo TechDays

L’occasion de faire un focus particulier sur le numérique avec l’expertise de l’Agence des Micro Projets et le recyclage des déchets électronique du programme « intervention et développement » qui porte le projet Weecam.

Trois jours d’échanges, de prises de contacts, d’ateliers et de rencontres passionnantes avec en prime l’organisation d’un hackathon.

Un hackathon passionnant avec 18 équipes de 4 personnes sur trois thématiques: l’eau, les énergies renouvelables et l’agriculture. J’ai pu apporter une expertise en tant que jury avec un représentant de UKAID, un directeur de la Trust Merchant Bank et deux experts du numérique de la région du Katanga en RDC.

Qui est l’équipe gagnante du hackathon ?

C’est le groupe sur l’eau avec le développement en 24 heures d’un système de capteur de débit disposant d’une carte SIM fonctionnant au solaire et connecté à une application smartphone.
Nous avons assisté à une démonstration sur écran géant de l’application qui est opérationnelle techniquement.

Ce système autonome installé sur plusieurs centaine de puits permettra de payer l’eau en cash ou par mobile monnaie et de capitaliser un pourcentage pour l’entretien. En effet un système d’alerte est installé sur l’appli mobile et permet de contrôler les débits d’eau comme les paiements et lance des alertes sur les futurs changements de pompe ou mauvais débit d’eau. Absolument incroyable et « scalable ».

Les cryptomonnaies et l’Afrique

Malgré les scandales de piratage et la forte volatilité qui émaillent leur parcours, les cryptomonnaies sont en plein essor en Afrique. Naguère réservé à un cercle restreint de spéculateurs, ce phénomène qui affole la planète finance touche de plus en plus l’économie réelle.

Un peu partout sur le continent, le Bitcoin et ses congénères servent déjà d’actifs financiers très prisés par les investisseurs, de moyens de paiement, de portefeuilles d’épargne, et même d’outils de levée de fonds pour les entreprises.

Alors que les gourous de la finance traditionnelle tergiversent encore sur le classement des cryptomonnaies dans la case de titres financiers ou dans celle de véritables monnaies pouvant être utilisées pour effectuer toutes sortes de transactions, l’Afrique est entrée de plain-pied dans l’ère de la monnaie alternative 2.0. Ce continent très perméable aux innovations technologiques, qui avait déjà pris une longueur d’avance par rapport aux autres régions du monde dans le domaine du mobile money, est devenu un nouvel eldorado pour ces monnaies numériques générées par «minage», des calculs informatiques très complexes, dans le cadre d’un système décentralisé sans contrôle ou régulation des Banques centrales, et qui conserve les transactions dans une base de données publique et ultra-sécurisée nommée la blockchain.

africa Blockchain

L’Afrique, nouvel eldorado pour les monnaies numériques

Le Bitcoin, l’Ethereum, le Litecoin, le Ripple, le Dash et autres bouts de code informatique qui s’échangent comme des devises, sont en train de gagner leurs lettres de noblesses dans de nombreux pays du continent, dont l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Ghana, le Kenya, le Zimbabwe, l’Ouganda et le Soudan.

Le Bitcoin, l’Ethereum, le Litecoin, le Ripple, le Dash et autres bouts de code informatique qui s’échangent comme des devises, sont en train de gagner leurs lettres de noblesses dans de nombreux pays du continent.

En 2017, le volume d’échanges de bitcoins au Nigeria a enregistré une croissance de 1500% comparativement à 2016, soit le deuxième plus haut taux de croissance à l’échelle mondiale après celui de la Chine. Durant le mois d’avril dernier, le volume d’échanges hebdomadaire de la plus célèbre des monnaies virtuelles a atteint 4,3 millions de dollars, un niveau identique à celui enregistré au cours de la même période au Canada, selon des données publiées par Paxful, une plateforme d’échange de bitcoins pair-à-par (P2P).

Paxful a également annoncé en mars dernier qu’elle réalise en moyenne un volume de 40 millions de dollars par mois en Afrique. Ce leader mondial d’échange de bitcoins P2P, qui offre plus de 300 modes de paiement allant du cash aux cartes cadeaux en passant par Paypal et les cartes bancaires, a par ailleurs fait savoir que le Nigeria et le Ghana occupent respectivement le 2è et le 3è rangs dans le classement de ses plus grands marchés en termes de volume, derrière les Etats-Unis.

Chankura Crypto Exchange, une plateforme sud-africaine d’échange de monnaies digitales basée dans la Silicon Valley, a estimé quant, à elle, le volume quotidien moyen des bitcoins échangés en Afrique du Sud et au Nigeria durant l’année écoulée à 3,6 millions de dollars.

«L’Afrique du Sud et le Nigeria ont connu une croissance significative dans le domaine de l’échange de bitcoins sur des plateformes locales. Plus de 3,6 millions de dollars sont échangés quotidiennement dans ceux deux pays. D’autres pays africains tels que le Kenya, le Ghana et le Maroc disposent aussi d’importants volumes qui restent cependant difficiles à retracer, en raison du manque de plateformes d’échanges locales», souligne Thabang Mashiloane, directeur général et cofondateur de Chankura Crypto Exchange.

Le Nigeria et le Ghana occupent respectivement le 2è et le 3è rangs dans le classement de ses plus grands marchés en termes de volume, derrière les Etats-Unis.

Le Nigeria, 3è détenteur de bitcoins au monde en pourcentage du PIB

Selon un rapport publié en janvier dernier par la banque américaine Citibank, trois pays africains figurent dans le Top 10 mondial des plus gros détenteurs de bitcoins en pourcentage du PIB. Il s’agit du Nigeria, où la valeur des bitcoins détenus par les investisseurs représente 3,4% du PIB du pays en 2017, du Kenya (2,3% du PIB) et de l’Afrique du Sud (2,1%).

bitcoin africa

L’appétit des Africains pour le bitcoin n’a pas été affecté par le Krach du début 2018.

Fait surprenant, l’appétit des Africains pour le bitcoin n’a pas été affecté par le Krach de cette monnaie survenu début 2018.

«L’activité du trading des bitcoins n’a pas été du tout impactée par la chute libre du prix de cette monnaie numérique, qui est passé sous la barre de 6 000 dollars le 6 février dernier après avoir frôlé les 20 0000 dollars à la mi-décembre 2017. Pour la majorité des investisseurs africains, l’effondrement des prix a même représenté une occasion pour acheter plus de bitcoin au rabais», relève Phuong Nguyen, vice-président de Remitano, une importante plateforme continentale d’échanges de bitcoins.

Flairant le bon coup, les plateformes de négociation de cryptomonnaies et des start-up spécialisées se ruent sur le continent. Durant l’année écoulée, quinze nouvelles plateformes de trading ciblant essentiellement les pays d’Afrique subsaharienne ont été lancées.

Les fintech allemandes MyBucks et Naga Group ont d’autre part signé en avril dernier un accord de partenariat pour permettre à 1,5 million d’Africains d’échanger des cryptomonnaies. Le partenariat prévoit l’implémentation du portefeuille multi-cryptomonnaies de Naga Group sur l’interface client et le portefeuille de mobile money de MyBucks afin de permettre aux utilisateurs d’envoyer et de recevoir des paiements en monnaies virtuelles par e-mail et de les convertir en espèces.

Flairant le bon coup, les plateformes de négociation de cryptomonnaies et des start-up spécialisées se ruent sur le continent. Durant l’année écoulée, quinze nouvelles plateformes de trading ciblant essentiellement les pays d’Afrique subsaharienne ont été lancées.

La start-up kenyane BlazeBay a lancé en février dernier la première cryptomonnaie africaine baptisé «Nurucoin». Cette monnaie numérique cible essentiellement les entreprises et les investisseurs opérant dans le secteur du commerce électronique.

Nurucoin

Le Nurucoin, la première cryptomonnaie africaine.

De son côté, la société sud-africaine Trapeace Holdings a, annoncé en avril dernier qu’elle s’apprêtait à lancer une cryptomonnaie 100% africaine en partenariat avec Cornet PTE, une firme singapourienne spécialisée dans le placement initial Coin (Initial Coin Offering). Baptisée Africa Master Coin, cette cryptomonnaie devrait être lancée vers la fin de l’année en cours, pour un usage exclusif en Afrique. Elle sera basée sur l’utilisation de jetons (tokens) échangeables qui seront fixés à une valeur constante aux monnaies locales.

Luno, la première plateforme d’échange de cryptomonnaies en Afrique, dont le tour de table compte des investisseurs de premier plan, comme le groupe multimédia sud-africain Naspers, vise milliard d’utilisateurs d’ici 2025.

Luno, la première plateforme d’échange de cryptomonnaies en Afrique, envisage, quant à elle, de jouer des coudes avec les leaders mondiaux de l’industrie. La compagnie, dont le tour de table compte des investisseurs de premier plan, comme le groupe multimédia sud-africain Naspers, vise le milliard d’utilisateurs d’ici 2025.

Luno

Luno vise le milliard d’utilisateurs d’ici 2025.

Luno, qui compte actuellement 1,5 million d’utilisateurs dans 40 pays, s’appuiera notamment sur un portefeuille mobile ainsi que sur ses services d’échange et d’intégration marchande pour le Bitcoin et l’Ethereum. Il s’agit de jouer dans la cour des grands.

 

Bouclier contre l’hyperinflation et outil de levées de fonds

En Afrique comme ailleurs, les monnaies dématérialisées ne sont plus la chasse gardée d’un cercle restreint de millenials, ces «digital natives» âgés 15 à 35 ans qui cherchent à s’enrichir en spéculant sur un actif numérique.

Outre les achats courants, le e-commerce, les crédits entre particuliers et le paiement des fournisseurs, les monnaies cryptées servent de bouclier contre l’inflation galopante, notamment au Zimbabwe, en Ouganda et au Nigeria. «Les Africains convertissent leur épargne en cryptomonnaie pour la préserver de l’hyperinflation. La monnaie fiduciaire nigériane, le naira, a par exemple perdu 90% de sa valeur par rapport au dollar américain et à l’Euro au cours des deux dernières années alors que le bitcoin a réalisé une hausse spectaculaire de plus de 1000% sur la seule année 2017», explique co-fondateur de la plateforme Paxful, Ray Youssef.

 Paxful Ray Youssef

Ray Youssef, co-fondateur de la plateforme Paxful.

« La monnaie fiduciaire nigériane, le naira, a par exemple perdu 90% de sa valeur par rapport au dollar américain et à l’Euro au cours des deux dernières années alors que le bitcoin a réalisé une hausse spectaculaire de plus de 1000% sur la seule année 2017»

Au Zimbabwe, 37% des détenteurs de bitcoins cherchent à protéger leurs bas de laine d’une forte dépréciation dans un pays qui a perdu près de la moitié de son PIB depuis les années 2000 et où plus de 80 % de la population est au chômage, selon le fondateur de la plateforme d’échange Golix, Verengai Mabika.

Les monnaies numériques sont également de plus en plus utilisées pour les transferts de fonds effectués par les migrants africains, notamment au Ghana, au Zimbabwe, en Ouganda, en Sierra Leone et au Rwanda, grâce à des plateformes spécialisées comme NairaEx (Nigeria), Abra (Malawi et Maroc) et GeoPay (Afrique du Sud).

 Verengai Mabika

Verengai Mabika, fondateur de la plateforme d’échange Golix.

En Afrique du Sud, l’école de commerce Red &Yellow a fait parler d’elle en janvier dernier quand elle avait annoncé l’acceptation du paiement des frais de scolarité en bitcoins.

«De nombreux jeunes qui ont fait un bon retour sur leur investissement dans les cryptomonnaies veulent utiliser cet argent numérique pour investir dans leur éducation. Ce sont exactement ces étudiants que nous voulons, les plus avant-gardistes, parce qu’ils seront les chefs d’entreprise de demain», a argumenté le président du conseil d’administration de l’école, Rob Stokes.

«De nombreux jeunes qui ont fait un bon retour sur leur investissement dans les cryptomonnaies veulent utiliser cet argent numérique pour investir dans leur éducation.»

Dans certains pays du continent, les acteurs des cryptomonnaies ont aussi réalisé des levées de fonds pour les entreprises grâce aux Initial Coin Offerings (ICO), une technique à la croisée du crowdfunding, de la blockchain et des introductions en Bourse. En janvier dernier, la plateforme SureRemit a lancé un ICO dans le cadre duquel des investisseurs ont acheté en deux jours 500 millions de «tokens» d’une valeur de 7 millions de dollars. Cette levée de fonds a permis à SureRemit de financer son incursion sur le marché des transferts de fonds transfrontaliers en cryptomonnaies.

La start-up sud-africaine Faceter, qui développe des solutions intelligentes de vidéosurveillance, a levé, quant à elle, 10 millions de dollars en 20 secondes, à travers l’émission de 116,2 millions de jetons qui ont été acquis par 8000 investisseurs originaires de 152 pays.

 

Vers un durcissement de la régulation des monnaies virtuelles ?

En mars dernier, le Conseil de stabilité financière (FSB), qui coordonne la réglementation financière pour les pays du G20, a rejeté appels de plusieurs pays qui demandaient une régulation des cryptomonnaies, estimant que ces crypto-actifs «ne font pas courir de risque à la stabilité financière mondiale pour le moment». Mais certains pays africains ont déjà exprimé leur volonté d’encadrer et de réguler l’usage de ces monnaies virtuelles.

Le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Godwin Emefiele, a récemment mis en garde les investisseurs en bitcoins, estimant que «les cryptomonnaies sont comme un pari». Le Sénat nigérian a aussi lancé une enquête sur «la viabilité du bitcoin comme forme d’investissement », tandis que le Maroc et l’Algérie ont annoncé l’interdiction formelle des cryptomonnaies.

Le Sénat nigérian a aussi lancé une enquête sur «la viabilité du bitcoin comme forme d’investissement», tandis que le Maroc et l’Algérie ont annoncé l’interdiction formelle des cryptomonnaies.

«Le bitcoin n’est pas une monnaie. Économiquement une monnaie répond à trois fonctions, comme je l’ai dit au conseil ce matin, c’est un moyen de paiement, c’est une réserve de valeurs et un instrument d’épargne. Le bitcoin est un instrument hautement spéculatif. La meilleure preuve en est des hackers qui sont en train d’attaquer de façon invraisemblable les plateformes avec des pertes importantes», a plaidé le gouverneur de la Banque centrale marocaine, Abdellatif Jouahri.

Godwin Emefiele

Godwin Emefiele : «Les cryptomonnaies sont comme un pari».

L’Algérie a motivé sa décision par le fait que «les autorités souhaitent instaurer un contrôle plus strict sur ce genre de transactions numériques, qui peuvent être utilisées pour le trafic de drogue, l’évasion fiscale, et le blanchiment d’argent grâce à l’anonymat garanti de ses utilisateurs».

Le service de contrôle des revenus sud-africain (SARS) a, quant à lui, appelé les contribuables à déclarer les gains ou les pertes réalisés lors de l’achat ou la vente de cryptomonnaies, indiquant qu’il allait coordonner avec les entreprises opérant sans le secteur pour assurer le suivi des transactions.

Professeur d’économie politique à l’Université de Pretoria, Lorenzo Fioramonti, pense cependant qu’un éventuel durcissement de la régulation ne freinera pas l’essor des monnaies cryptographiques en Afrique. «A travers le monde entier, les gouvernements ont déjà essayé de sévir contre les cryptomonnaies. Mais il est très difficile de contrôler un phénomène qui se passe entièrement sur Internet. Comme cela s’est déjà produit dans le passé, les gouvernements finiront par abandonner», présage cet auteur du livre «L’économie du bien-être: le succès dans un monde sans croissance» (Wellbeing Economy: Success in a World Without Growth).

Selon lui, les monnaies numériques devraient continuer à gagner du terrain durant les prochaines années… jusqu’à l’occuper en totalité ?

Walid Kéfi

Rencontre avec Zipline au Rwanda

La société américaine Zipline, experte dans la livraison de sang avec des drones lance un nouvel appareil et va se développer en Tanzanie.

Un des drone de Zipline a terminé sa mission et retourne se poser sur la base de Muhanga au Rwanda
Un des drone de Zipline a terminé sa mission et retourne se poser sur la base de Muhanga au Rwanda

C’est un succès pour Zipline au Rwanda et l’entreprise ne s’arrête pas dans son développement. Lors d ‘une conférence TEDm le PDG présentait son nouveau modèle et évoquait les prochaines ouvertures pays. Première information Zipline ouvre un nouveau site à Kayonza afin de couvrir 100% du territoire au Rwanda !

Zipline sauve des vies en livrant du sang, aucune autre énergie que l’électricité n’est utilisée.

Zipline est implantée à Muhanga, 45 kilomètres de la capitale du Rwanda, Kigali, c’est ici que Arthur Draber m’a reçu pour évoquer en détail et sans tabou les activités passionnantes de Zipline.

Thierry Barbaut: Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline.  Comment définissez-vous votre premier site ici au Rwanda, comment le définissez-vous et quelles en sont les principales fonctions ?

Arthur Draber: un aérodrone, un droneport, finalement nous innovons et comme dans toute innovation il n’y a pas encore de terme définissant ce site. Nous sommes sur un aéroport de drone et comme dans un aéroport standard il y a une piste de décollage spécifique,  une tour de contrôle, des bureaux, du stockage mais aussi une banque de sang et des colis avec des parachutes, ce qui est moins courant !

Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline
Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline

Thierry Barbaut: pouvez-vous nous décrire le processus complet d’une commande que vous recevez ici à Muhanga pour une livraison de sang ?

 

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AfricaCodeWeek à Bujumbura

J’intervenais a l’Africa Code Week à Bujumbura au Burundi

La clôture de l’Africa Code Week était organisée dans un hôtel sur les hauteurs de Bujumbura.
Les codeurs mais aussi des personnes de la société civile ainsi que les autorités locales étaient présentes.

L’AfricaCodeWeek en images

A Bujumbura et à Gitega, les futurs formateurs découvrent SCRATCH, le logiciel avec lequel ils feront la programmation avec les enfants, ils sont surpris de constater que logiciel peut être configuré dans plusieurs langues dont le swahili et le kinyarwanda… mais pas encore le kirundi. Il n’en fallait pas plus pour stimuler leur ardeur, leur orgueil légèrement pincé ; ils sont décidés à produire la traduction en kirundi au plus vite.

Toutes les séances de formation se passent dans la bonne humeur, SCRATCH permet de facilement créer des animations, des jeux…

Bill Gates inquiet des baisses de financement dans l’aide au développement

Bill Gates est le fondateur de Microsoft. Il gère la plus importante fondation au monde, et il est inquiet de la baisse des dépenses d’aide au développement annoncée au début de l’année par Donald Trump

“Même si, à la fin, il s’agit d’1 milliard, ce serait super décevant, mais sur une aide totale de 30  milliards de dollars, c’est beaucoup mieux que les premières annonces”, a-t-il déclaré.

Interrogé pour savoir s’il serait prêt à compenser cette baisse avec son propre argent, la réponse de l’homme le plus riche du monde (sa fortune avoisine les 90 milliards de dollars, soit 75 milliards d’euros) est cinglante: “Non, absolument pas! Nous n’avons pas de réserve spéciale au cas où un gouvernement se montrerait moins généreux. Nous dépensons tout ce que nous avons, parce que nous savons que chaque millier de dollars investi sauve une vie de plus”.

Le milliardaire américain rappelle que “les Etats-Unis sont à 30 milliards (de dépenses pour l’aide au développement), le Royaume-Uni et l’Allemagne à 16 chacun environ. Et notre fondation, elle, dépense un peu plus de 3  milliards de dollars”.

Bill Gates - Fondation Bill et Melinda Gates et aide au développement
Bill Gates – Fondation Bill et Melinda Gates et aide au développement

Dans un rapport publié cette semaine par sa fondation, Bill Gates souligne les “gros progrès” réalisés depuis près de 30 ans en matière de lutte contre la pauvreté. “Mais beaucoup reste à faire”, souligne celui qui, avec sa femme Melinda, revendique des milliards de dollars dépensés depuis 15 ans en faveur du développement durable.

Congo TechDays, numérique et codeurs en RDC

Quand un jeune entrepreneur motivé, Malcolm Kambaj, t’envoie un email de Lubumbashi en Mars pour te proposer d’intervenir pour une keynote d’une heure trente sur le numérique lors de la première édition des #CongoTechDays début Juillet en République Démocratique du Congo…  Réponse : “bien sur je viens” !

Finalement tu donnes tout sur trois jours après 24h de voyage éreintant pour vivre un moment énorme que tu n’oublieras jamais !

Les impressionnants codeurs, sans moyens, parviennent à développer une plateforme collaborative de mise en relation du producteur au consommateur de maïs avec au final une API vers une solution de mobile money (paiement par mobile) : Pepele Mobile de la Trust Merchant Bank !

La, en RDC, dans la région historique du Katanga tu découvres une équipe de 20 jeunes amis, formés en réseau local et venant d’horizons différents qui veulent participer au développement du pays. Ils sont convaincus que cela passera par le numérique, alors tu sens que vraiment, avec eux tout est possible !

Conférences, Hakathon, pitchs, rencontres, workshops, mais aussi détente, travail acharné, horaires de fous avec toujours la bonne ambiance et le sourire…

Fabien Kadimba, Huberto Mathe , Daniel Philippe Kaninda, Malcolm Kambaj, Gervais, Yvon Shumbusho, Phinées Kis Kalaba, Caleb Banza, Yannick Kiluba, Chriskadim Kadimba, Jean-marc Kadimba, Jonas Lungo, Cornelie Mak et tous les autres, vous irez tous ensemble très très loin.

vivement les Congo TechDays 2018 !

Gabon : Forum des associations à l’institut de France « Développement et Numérique »

Le SCAC, Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Gabon et Sao Tomé et Principe organisait le 4ème forum des Associations à Libreville.

Le SCAC organise chaque année un forum thématique à destination de la société civile gabonaise.

Cette année le forum était consacré aux liens entre développement et technologies numériques

Le Gabon présente un environnement particulièrement favorable : la couverture réseau est importante et appuyée par le développement continu de la fibre optique, plusieurs incubateurs existent et différentes initiatives en appui aux jeunes développeurs sont en cours.

Cependant, les Organisations de la Société Civile (OSC) n’ont pas encore complètement accès aux dernières dynamiques et innovations numériques en matière de santé, éducation, économie solidaire, accompagnement social…

Le forum des associations à réussi à fédérer un espace d’échanges et de partages entre acteurs sur les perspectives offertes par les outils numériques.

Gabon - Forum Développement et numérique
Gabon – Forum Développement et numérique

 

Les interventions

Après un discours de SEM l’Ambassadeur de France au Gabon, Dominique Renaux, et une intervention du Premier Ministre concernant les stratégies numérique du Gabon, Thierry Barbaut a présenté « les enjeux du numérique en Afrique ».

Pendant une heure trente, Thierry Barbaut, responsable du numérique et de la communication de l’Agence des Micro Projets a développé le lien indissociable entre numérique et aide au développement.

Après avoir dressé un état des lieux du numérique en Afrique (taux de pénétration d’Internet dans les pays, communautés sur les réseaux sociaux et impact sur les associations et ONG), un focus sur l’utilisation du mobile et du smartphone a été fait. Des applications pour les organisations ont été présentées sur les thématiques de l’agriculture, la santé, l’éducation et l’énergie.
Le mobile banking, ou « mobile monnaie » a été présenté avec les avantages de la bancarisation d’une partie de la population et des nouveaux services qu’il propose : assurance, crédit, épargne…
Les usages des drones pour les ONG ont également été développés : agriculture, photos, vidéos et outils désormais indispensables de la préservation de la faune et de la flore.
Enfin une présentation des « hubs » (plateformes de rencontres physiques) et de leurs acteurs permettant à la société civile de se fédérer a permis aux auditeurs de mieux comprendre les réseaux qui animent le numérique en Afrique.

Cécile Vilnet, coordinatrice de l’Agence des Micro Projets a ensuite présenté en détails la dématérialisation des demandes de financement et du cycle de vie des projets au sein de l’Agence.

De l’ « espace association » en passant par l’ « espace projet », chaque étape a été détaillée, permettant aux associations présentes de comprendre comment déposer un dossier de demande de financement en ligne.
L’espace projet est composé de différents onglets : informations sur le projet, avis du jury, suivi des décaissements, bilans et évaluations. Les mission d’évaluation sur le terrain clôturent le cycle du projet.
Cécile Vilnet a conclue en présentant la capitalisation des données, à la fois sur la cartographie de l’Agence des Micro Projets qui répertorie les microprojets financés mais aussi sur le moteur de recherche des sources de financements, accessibles sur www.agencemicroprojets.org.
Enfin une présentation du site www.microprojets.org de « crowdfunding » ou « finance participative » a été faite expliquant comment une association peut collecter en ligne des financements complémentaires avec des dons par carte bleue.

 

Chritian Jekinnou est intervenu pour présenter « Afrique Innovation » qui est un programme de l’Agence Française de Développement, mis en œuvre par l’incubateur Bond’innov et dont l’objectif est de renforcer les compétences des structures d’accompagnement de porteurs de projets (incubateurs, accélérateurs, fablab, etc.) en Afrique.

Astria Fataki présentait Energy Generation qui a pour objectif de faire face au défi de l’accès à l’électricité pour tous sur le continent africain. Ce projet vise à promouvoir et à accompagner l’innovation technologique et l’entreprenariat social au niveau local afin d’identifier, développer et diffuser à grande échelle les solutions d’électrification « made in Africa » d’aujourd’hui et de demain.

Pour ce faire, Energy Generation mène deux actions principales : la création de la Energy Generation Academy, un programme de formation à l’entrepreneuriat ayant pour mission l’accompagnement de jeunes entrepreneurs sociaux spécialisés dans le secteur de l’électrification de base et l’organisation de l’Africa Energy Generation Prize, un concours Panafricain d’inventions de solutions génératrices d’énergie à bas coûts.

Le Docteur Agbor Ashu présentait GiftedMom qui développe des technologies innovantes de Santé Mobile à faible coût pour améliorer la santé maternelle et lutter efficacement contre la mortalité infantile. Grâce à un système de messagerie vocale et SMS, femmes enceintes et jeunes mères accèdent à de l’information préventive et bénéficient de services personnalisés.

Mme Lisa Marie Bongotha est directrice de l’agence de communication L’Etincelle. Madame Bongotha s’investit également dans des projets associatifs et de développement. Madame Bongotha conseille les acteurs non gouvernementaux gabonais sur la gestion des réseaux sociaux, leur identité visuelle et l’utilisation du web pour la recherche de fonds.

Pascal Jeannot présentait ses services d’accompagnement des projets de start-ups. Formateur dans les domaines du marketing, du management, de la négociation vente et de la réalisation de plan d’affaires, Monsieur Jeannot met son expérience et son savoir-faire au service des acteurs non gouvernementaux gabonais.

Une société civile… 2 publics distincts

Le Forum a pour finalité de répondre aux préoccupations d’une société civile active dans la sphère du développement et intéressée en tant que consommatrice de produits numériques développés en appui à son activité.

Par ailleurs, le Forum s’adresse également aux jeunes développeurs rassemblés en associations et/ou incubateurs.

Un forum pour la société civile en trois temps

Une introduction pour souligner le caractère indispensable de la maîtrise des technologies numériques pour la conduite des projets de développement. Il s’agissait également de mettre en relief le fait que  « le numérique » offre de nouveaux outils de gestion et d’aide à la décision simples, utilisables par chacun.

Des échanges autour des applications ou solutions développées au sein de structures gabonaises, françaises et du monde francophone. Par ailleurs, des outils pratiques, simples d’utilisation, ont été mis à disposition des participants dans les domaines de la gouvernance, de la gestion financière et comptable, de l’ingénierie de projets et de la stratégie, planification.

Un concours afin de développer une plateforme d’échanges entre acteurs non gouvernementaux et partenaires techniques et financiers. Ce concours s’est appuyé sur un cahier des charges synthétisant les attentes des différentes parties. Plusieurs équipes, issues des incubateurs gabonais de référence et regroupant a minima un codeur, un marketeur et un développeur, vont proposer une solution répondant au cahier des charges.

85% des emplois de 2030 n’existent pas aujourd’hui

Selon un rapport de Dell et «l’Institut pour le Futur», think tank californien, le passage à l’intelligence numérique cognitive va profondément modifier notre notion du travail.

Si l’étude semble très optimiste, elle n’est pas sans incohérences ni douces illusions sur l’économie du futur.

 

L’avenir de l’économie serait-il écrit d’avance ?

Vingt experts du domaine numérique (universitaires et professionnels), invités par Dell et l’«Institut pour le Futur» basé à Palo Alto, se sont réunis lors d’ateliers en mars 2017, afin d’anticiper les nombreux changements à prévoir pour le monde de l’entreprise et du travail. Et le résultat semble spectaculaire: d’après l’étude parue à la suite de leurs analyses, 85% des emplois en 2030 n’existent même pas encore aujourd’hui.

En cause: la ringardisation progressive de groupes de métiers entiers, doublés par le numérique et la robotisation, qui sera plus efficace que l’homme, même pour de nombreuses tâches intellectuelles.

Selon les experts participants, nous entrons en effet dans la seconde phase du développement numérique. Après la première étape, qui est la simple imitation de la pensée logique, les prochaines années verront l’avènement d’une véritable intelligence cognitive, capable d’imaginer des solutions, d’interpréter des données, même imparfaites, comme le font les humains actuellement. La troisième phase, selon l’étude, sera tout bonnement l’apparition de l’«être humain virtuel», pour après 2030 néanmoins.

Ce qui est donc en jeu, pour l’homme, c’est donc de se recentrer sur ce qu’il peut (encore) faire mieux que la machine. L’étude fait sur ce point un constat important: «la capacité à acquérir un nouveau savoir vaudra plus que le savoir déjà appris». On ne perfectionnera plus son art dans un métier, mais on perfectionnera sa capacité à être rapidement satisfaisant dans de nouveaux métiers. Et donc, à être plus nomade dans sa carrière et plus disponible pour les différents mutations de l’économie.

Selon le Bureau du Travail américain, les étudiants d’aujourd’hui seront passés par 8 à 10 emplois lorsqu’ils auront 38 ans, et l’étude de Dell rajoute que nombre de personnes seront «freelance», sans poste fixe, cumulant différentes missions auprès d’employeurs multiples.

Et la transition devrait aller vite, car la numérisation permet d’ores et déjà d’améliorer productivité et coûts du travail pour l’entreprise. Les premiers emplois concernés sont bien évidemment les métiers manuels. Selon une étude du Guardian de 2015, quand une délocalisation permet d’économiser jusqu’à 65% sur le coût du travail, une robotisation peut réduire ce coût de 90%.

La transition, grand défi des prochaines années

Et c’est cette «destruction créatrice» qui, d’après le rapport, pose un défi majeur: celui de la transition vers cette économie numérique avancée. Une destruction trop abrupte des vieux emplois menace la stabilité économique de nombreux foyers et donc la paix sociale. Le document cite un sondage réalisée par Dell auprès de 4000 décideurs de haut rang autour du monde: d’après lui, près de la moitié d’entre eux ne savent à quoi ressemblera leur industrie d’ici trois ans. Conséquence de cette incertitude, 45% d’entre eux craignent d’être «obsolètes» d’ici trois à cinq ans. Si ces décideurs se sentent menacés, qu’en est-il alors pour un simple employé du tertiaire, dont les responsabilités sont moins fortes et impliquent moins d’analyse?

Pour rester positif, mais sans vraiment convaincre, le rapport s’enthousiasme sur le fait que la nomadisation du travail va permettre de dégager de nouvelles opportunités. Les individus pourront travailler pour plusieurs organisations en même temps, par delà les frontières et les décalages horaires.

Sur ce point, l’étude n’hésite pas à faire des constats en forme de promesse, voire de rêve éveillé: le travail digital pourrait aller chercher ses talents jusque dans les régions les plus enclavées, comme l’Afrique subsaharienne, (qui doit croître d’un milliard d’individus d’ici 2030), résolvant d’un seul coup le problème des déplacements économiques de population. Le numérique permettra aussi de réduire les inégalités: on pourra travailler sans contact physique, et donc sans révéler son sexe ou sa race, ce qui empêchera les refus d’embauche sur ces critères.

Visite et conseils d'une école de codeurs à Lubumbashi en République Démocratique du Congo - Thierry BARBAUT - Juillet 2017
Visite et conseils auprès d’une école de codeurs à Lubumbashi en République Démocratique du Congo – Thierry BARBAUT – Juillet 2017

Incohérences et douces illusions

On l’aura compris, l’étude tient plus du manifeste que de l’analyse rigoureuse et scientifique. Avec surtout une absence totale de réponse sur les incertitudes de l’économie numérique: quid des conflits entre organisations? De la détention effective du pouvoir dans l’entreprise, si tous les salariés ne font que passer? Et enfin, quelles réponses sur les omniprésentes inquiétudes quant au respect de la vie privée, ou encore l‘exacerbation des inégalités sous le règne du numérique?

La question de la continuité des organisations et de la prise de décision par les humains est toutefois abordée, mais balayée en quelques lignes: pour assurer la continuité, dit l’étude, certains emplois seront fixes et de longue durée au sein d’une même organisation. On reste perplexe devant la solution, qui semble sortie du chapeau.

En cela, l’étude illustre bien la déconnexion entre les acteurs du monde numérique, talentueux et précis mais bien souvent subjectifs dans leur imagination du futur, et la réalité du sentiment du public, légitimement inquiet pour son avenir.


Emmanuel Macron lance un fonds de 10 milliards pour le numérique

Le président lance officiellement le fonds de 10 milliards d’euros sur le numérique à Paris lors de VivaTech

Emmanuel Macron a officiellement annoncé qu’il créerait ce fonds doté de 10 milliards d’euros avec l’objectif d’investir dans les startups, une de ses promesses phares de la campagne en matière de numérique.

“Faciliter le réinvestissement dans les startups et dans l’innovation”

C’était une promesse de campagne, elle vient de se concrétiser. Le fonds d’investissement de 10 milliards d’euros qu’avait évoqué Emmanuel Macron lorsqu’il était candidat à la présidence de la République a pris davantage de corps ce jeudi. Lors de son allocution à Viva Technology, le président a souligné combien il était urgent “de faciliter le réinvestissement dans les startups et dans l’innovation“. Et quoi de mieux que de montrer l’exemple ?

Un fonds pour l’innovation sera doté de 10 milliards d’euros pour investir aux étapes clés de la croissance“, a annoncé Emmanuel Macron devant un parterre de startups et d’investisseurs enthousiastes.

Le président Emmaunel Macron a également félicité bpifrance pour son rôle dans l’écosystème startup, tout en soulignant qu’il fallait “aller encore plus loin : faciliter l’innovation, donner de la visibilité au financement de l’innovation en France, ce sera l’objet de ce fonds pour l’innovation“.

Dans son programme de campagne, il précisait que ces fonds proviendraient “des actions d’entreprises possédées de manière minoritaire par l’État” et que la structure servirait notamment à financer “l’industrie du futur“.

Photo – Le digital – Thierry BARBAUT

Une industrie du digital mais aussi de l’humain, exactement ce pour quoi je suis investit depuis plus de 15 ans dans le numérique entre la France et l’Afrique !

Un passeport “French Tech Visa :entrepreneur des technologies”

Emmanuel Macron lance également un appel aux entrepreneurs étrangers qui voudraient s’installer en France.

Le «French tech visa est inauguré aujourd’hui. Il dure quatre ans. Un site a été ouvert aujourd’hui pour cela. Allez-vous inscrire». Une heure auparavant, Emmanuel Macron avait encouragé un jeune américain travaillant dans une entreprise de restauration en ligne et inquiet par l’arrivée de Donald Trump, à s’y inscrire. «Voulez-vous un passeport français?», lui avait demandé le président, en anglais, en se saisissant du passeport américain du jeune homme, un brin surpris, puis en mettant en relation le start-upper et le secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi, qui se tenait aux côtés du président.

Les enjeux du numérique en Afrique

Intervention à l’Institut internationale de la communication de Paris (IICP) sur les enjeux du numérique en Afrique

  • Réseaux internet
  • Réseaux sociaux
  • Mobile money et les nouveaux services
  • Les villes intelligentes ou “Smart City”
  • Les services publics en ligne avec le cas du Rwanda Development Board ou “RDB”
  • Les applications sur mobile et smartphone sur la santé, l’agriculture, l’éducation, l’énergie et entrepreneuriat
  • Les usages des drones dans les différentes thématiques (agriculture, environnement…)
  • L’innovation
  • Les risques et les freins de développement du numérique
  • Les écosystèmes dans le E-commerce (Jumia).
  • Du numérique pour les humains !

L’intelligence artificielle et les drones en protection des animaux

Le programme Air Shepherd associe drones et intelligence artificielle pour sauver éléphants et rhinocéros des braconniers.

Depuis dix ans, un éléphant est tué par des braconniers toutes les 14 minutes et deux rhinocéros meurent tous les jours. A ce rythme, ces deux espèces animales auront disparu du continent africain dans dix ans, s’alarme la Lindbergh Foundation. Alors, pour éviter le pire, la fondation s’est associée à la société Neurala qui va équiper ses drones de surveillance d’un système d’intelligence artificielle.

Le programme Air Shepherd, actif depuis déjà plusieurs années, consiste à veiller sur des zones à risques, là où les braconniers ont l’habitude d’agir, en particulier la nuit grâce à des caméras à infrarouge. Jusqu’à maintenant, les drones, qui pouvaient voler cinq heures d’affilée maximum, se contentaient de déclencher un enregistrement vidéo à chaque détection d’une forme vivante.

Ces images étaient alors transmises à des opérateurs au sol chargés de les analyser. Si une forme humaine était repérée, l’information était transmise aux gardes chargés d’intercepter les suspects. Mais Air Shepherd ne pouvait pas embaucher suffisamment de monde pour visionner 24h/24 les milliers d’heures d’images filmées par les drones.

Désormais, les protecteurs des animaux seront assistés par le logiciel d’intelligence artificielle de Neurala, Neurala Brain. Celui-ci a appris à identifier éléphants et rhinocéros. Il pourra repérer des formes non répertoriées, en temps réel, dans les téraoctets de vidéos fournis par les drones. L’alerte pourra alors être envoyée immédiatement aux rangers, avant même que les intrus aient pu atteindre les animaux.

 

Cette IA, a expliqué le PDG de Neurala, Max Versace, a d’abord été développée pour la Nasa afin de participer à l’exploration autonome d’autres planètes.

Cette nouvelle collaboration « est un très bon exemple de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour une bonne cause », a-t-il ajouté en espérant qu’elle parviendra à sauver la vie de milliers d’animaux tout en permettant l’arrestation de nombreux braconniers.

Numérique et Développement

J’intervenais pendant une semaine sur les thématiques du numérique au Gabon. Ces interventions furent l’occasion d’échanger avec la société civile gabonaise mais aussi avec de nombreux acteurs de l’aide au développement.

Une semaine riche en rencontres lors du Forum mais aussi de découverte et d’échanges avec les gabonais. Une journée aussi en foret avec un guide qui nous présente les différentes essences naturelles et leurs usages !

Forum “Numérique et Développement” à Libreville au Gabon

Des interventions dans le cadre d’une invitation du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Gabon pour le Forum “Numérique et Développement”.

Après avoir dressé un état des lieux du numérique en Afrique (taux de pénétration d’Internet dans les pays, communautés sur les réseaux sociaux et impact sur les associations et ONG), un focus sur l’utilisation du mobile et du smartphone a été fait.

Des applications mobile ou smartphone pour les organisations ont été présentées sur les thématiques de l’agriculture, la santé, l’éducation et l’énergie.

Le mobile banking, ou “mobile monnaie” a été présenté avec les avantages de la bancarisation d’une partie de la population et des nouveaux services qu’il propose : assurance, crédit, épargne…

Les usages des drones pour les ONG ont également été développés : agriculture, photos, vidéos et outils désormais indispensables de la préservation de la faune et de la flore.

Enfin une présentation des “hubs” (plateformes de rencontres physiques) et de leurs acteurs permettant à la société civile de se fédérer a permis aux auditeurs de mieux comprendre les réseaux qui animent le numérique en Afrique.