L’Etat veut « moderniser en profondeur » son système d’information

Pour le gouvernement, l’Etat dépense trop pour gérer son existant informatique, ce qui pénalise sa capacité d’investissement et d’innovation.

Le gouvernement confie donc à la Disic la conduite de la mutualisation du SI de l’Etat et de sa gestion de projets.

etat-francais-systeme-information-barbaut.netLe 18 décembre se réunissait un quatrième comité interministériel dans le cadre de la démarche de modernisation de l’action publique. A cette occasion, plusieurs décisions ont été arrêtées, notamment en matière de système d’information et de prise en compte du numérique dans les services publics.

Et la DSI de l’Etat, la Disic, dirigée par Jacques Marzin, va être un peu plus encore mise à contribution. Le gouvernement s’est en effet fixé comme objectif de moderniser le système d’information de l’Etat, ce qui passera notamment par une mutualisation matérielle et logicielle.

500 à 800 millions d’euros à économiser, puis à réinvestir, en partie

Car, relève le compte rendu du CIMAP du 18 décembre, « l’obsolescence et le cloisonnement des systèmes d’information freinent le développement de nouveaux services numériques au profit des usagers. » Ce cloisonnement s’illustre par exemple par des infrastructures informatiques « largement spécifiques à chaque administration ».

L’administration est en outre confrontée à un problème classique, à savoir un budget informatique et des moyens en « majorité » consacrés à la gestion de l’existant. L’objectif est donc de dégager des marges de manœuvre.

Et pour cela il « est donc nécessaire de renforcer la démarche de mutualisation des infrastructures matérielles et logicielles, et de mieux inclure l’innovation dans les démarches projets ». L’Etat souhaite à cette fin s’appuyer sur la « compétence technique » et le « savoir-faire métier » de ces agents.

« Ces équipes doivent être pleinement mobilisées sur la conception, et mises en réseau ou rassemblées lorsque c’est opportun pour que l’intelligence collective favorise des solutions transversales » est-il précisé.

Grands projets : il va falloir faire mieux et moins risqué

Outre cette mutualisation, le gouvernement souhaite renforcer les garanties sur les « grands projets » en faisant « baisser le niveau de risque inhérent » à ceux-ci . Louvois et Chorus ont laissé des traces.

Mais comment concrètement réduire les risques ? Grâce à un contrôle qualité renforcé et « un accompagnement vigilant » – qualité qui ne devra pas oublier non plus les projets plus classique. C’est vague oui. Charge donc à la Disic d’associer des méthodes et processus précis à ce cap général.

Mutualisation et rigueur dans les projets doivent ainsi se traduire par une diminution de la dépense annuelle, hors masse salariale, de 500 à 800 millions d’euros en 3 à 5 ans et sur le périmètre de l’ensemble des ministères.

La réduction de coûts n’est pas une fin en soi – du moins pas seulement – puisque ces économies doivent « en partie » être « réemployées pour investir dans de nouvelles démarches de modernisation du système d’information, d’innovation et de simplification. »

La Disic, rattachée au SGMAP, a trois mois pour faire des propositions en définissant notamment une « trajectoire de mutualisation », et ce dans un contexte « d’économies exigeantes. » Pour cela, la DSI de l’Etat « sera dotée des moyens nécessaires pour conduire cette transformation ». Des moyens qui restent à préciser.

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Thierry Barbaut - Stratégie numérique, expert Afrique Auteur

Expert en stratégie numérique et projets de développement - #innovation #Afrique #Digital - Responsable de la stratégie numérique et communication digitale de l'Agence des Micro Projets depuis 2013. 20 années de pilotage de projets dans plus de 40 pays en Afrique : eau, santé, éducation, agriculture, énergies renouvelables, entrepreneuriat et numérique. Auteur et conférencier sur l'Afrique l'innovation et le numérique.