Archives de catégorie : Actus

Rencontre avec Zipline au Rwanda

La société américaine Zipline, experte dans la livraison de sang avec des drones lance un nouvel appareil et va se développer en Tanzanie.

Un des drone de Zipline a terminé sa mission et retourne se poser sur la base de Muhanga au Rwanda
Un des drone de Zipline a terminé sa mission et retourne se poser sur la base de Muhanga au Rwanda

C’est un succès pour Zipline au Rwanda et l’entreprise ne s’arrête pas dans son développement. Lors d ‘une conférence TEDm le PDG présentait son nouveau modèle et évoquait les prochaines ouvertures pays. Première information Zipline ouvre un nouveau site à Kayonza afin de couvrir 100% du territoire au Rwanda !

Zipline sauve des vies en livrant du sang, aucune autre énergie que l’électricité n’est utilisée.

Zipline est implantée à Muhanga, 45 kilomètres de la capitale du Rwanda, Kigali, c’est ici que Arthur Draber m’a reçu pour évoquer en détail et sans tabou les activités passionnantes de Zipline.

Thierry Barbaut: Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline.  Comment définissez-vous votre premier site ici au Rwanda, comment le définissez-vous et quelles en sont les principales fonctions ?

Arthur Draber: un aérodrone, un droneport, finalement nous innovons et comme dans toute innovation il n’y a pas encore de terme définissant ce site. Nous sommes sur un aéroport de drone et comme dans un aéroport standard il y a une piste de décollage spécifique,  une tour de contrôle, des bureaux, du stockage mais aussi une banque de sang et des colis avec des parachutes, ce qui est moins courant !

Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline
Arthur Draber dirige les nouveaux déploiements de Zipline

Thierry Barbaut: pouvez-vous nous décrire le processus complet d’une commande que vous recevez ici à Muhanga pour une livraison de sang ?

 

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AfricaCodeWeek à Bujumbura

J’intervenais a l’Africa Code Week à Bujumbura au Burundi

La clôture de l’Africa Code Week était organisée dans un hôtel sur les hauteurs de Bujumbura.
Les codeurs mais aussi des personnes de la société civile ainsi que les autorités locales étaient présentes.

L’AfricaCodeWeek en images

A Bujumbura et à Gitega, les futurs formateurs découvrent SCRATCH, le logiciel avec lequel ils feront la programmation avec les enfants, ils sont surpris de constater que logiciel peut être configuré dans plusieurs langues dont le swahili et le kinyarwanda… mais pas encore le kirundi. Il n’en fallait pas plus pour stimuler leur ardeur, leur orgueil légèrement pincé ; ils sont décidés à produire la traduction en kirundi au plus vite.

Toutes les séances de formation se passent dans la bonne humeur, SCRATCH permet de facilement créer des animations, des jeux…

Bill Gates inquiet des baisses de financement dans l’aide au développement

Bill Gates est le fondateur de Microsoft. Il gère la plus importante fondation au monde, et il est inquiet de la baisse des dépenses d’aide au développement annoncée au début de l’année par Donald Trump

“Même si, à la fin, il s’agit d’1 milliard, ce serait super décevant, mais sur une aide totale de 30  milliards de dollars, c’est beaucoup mieux que les premières annonces”, a-t-il déclaré.

Interrogé pour savoir s’il serait prêt à compenser cette baisse avec son propre argent, la réponse de l’homme le plus riche du monde (sa fortune avoisine les 90 milliards de dollars, soit 75 milliards d’euros) est cinglante: “Non, absolument pas! Nous n’avons pas de réserve spéciale au cas où un gouvernement se montrerait moins généreux. Nous dépensons tout ce que nous avons, parce que nous savons que chaque millier de dollars investi sauve une vie de plus”.

Le milliardaire américain rappelle que “les Etats-Unis sont à 30 milliards (de dépenses pour l’aide au développement), le Royaume-Uni et l’Allemagne à 16 chacun environ. Et notre fondation, elle, dépense un peu plus de 3  milliards de dollars”.

Bill Gates - Fondation Bill et Melinda Gates et aide au développement
Bill Gates – Fondation Bill et Melinda Gates et aide au développement

Dans un rapport publié cette semaine par sa fondation, Bill Gates souligne les “gros progrès” réalisés depuis près de 30 ans en matière de lutte contre la pauvreté. “Mais beaucoup reste à faire”, souligne celui qui, avec sa femme Melinda, revendique des milliards de dollars dépensés depuis 15 ans en faveur du développement durable.

Congo TechDays, numérique et codeurs en RDC

Quand un jeune entrepreneur motivé, Malcolm Kambaj, t’envoie un email de Lubumbashi en Mars pour te proposer d’intervenir pour une keynote d’une heure trente sur le numérique lors de la première édition des #CongoTechDays début Juillet en République Démocratique du Congo…  Réponse : “bien sur je viens” !

Finalement tu donnes tout sur trois jours après 24h de voyage éreintant pour vivre un moment énorme que tu n’oublieras jamais !

Les impressionnants codeurs, sans moyens, parviennent à développer une plateforme collaborative de mise en relation du producteur au consommateur de maïs avec au final une API vers une solution de mobile money (paiement par mobile) : Pepele Mobile de la Trust Merchant Bank !

La, en RDC, dans la région historique du Katanga tu découvres une équipe de 20 jeunes amis, formés en réseau local et venant d’horizons différents qui veulent participer au développement du pays. Ils sont convaincu que cela passera par le numérique, alors tu sens que vraiment, avec eux tout est possible !

Conférences, Hakathon, pitchs, rencontres, workshops, mais aussi détente, travail acharné, horaires de fous avec toujours la bonne ambiance et le sourire…

Fabien Kadimba, Huberto Mathe , Daniel Philippe Kaninda, Malcolm Kambaj, Gervais, Yvon Shumbusho, Phinées Kis Kalaba, Caleb Banza, Yannick Kiluba, Chriskadim Kadimba, Jean-marc Kadimba, Jonas Lungo, Cornelie Mak et tous les autres, vous irez tous ensemble très très loin.

vivement les Congo TechDays 2018 !

Gabon : Forum des associations à l’institut de France « Développement et Numérique »

Le SCAC, Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Gabon et Sao Tomé et Principe organisait le 4ème forum des Associations à Libreville.

Le SCAC organise chaque année un forum thématique à destination de la société civile gabonaise.

Cette année le forum était consacré aux liens entre développement et technologies numériques

Le Gabon présente un environnement particulièrement favorable : la couverture réseau est importante et appuyée par le développement continu de la fibre optique, plusieurs incubateurs existent et différentes initiatives en appui aux jeunes développeurs sont en cours.

Cependant, les Organisations de la Société Civile (OSC) n’ont pas encore complètement accès aux dernières dynamiques et innovations numériques en matière de santé, éducation, économie solidaire, accompagnement social…

Le forum des associations à réussi à fédérer un espace d’échanges et de partages entre acteurs sur les perspectives offertes par les outils numériques.

Gabon - Forum Développement et numérique
Gabon – Forum Développement et numérique

 

Les interventions

Après un discours de SEM l’Ambassadeur de France au Gabon, Dominique Renaux, et une intervention du Premier Ministre concernant les stratégies numérique du Gabon, Thierry Barbaut a présenté « les enjeux du numérique en Afrique ».

Pendant une heure trente, Thierry Barbaut, responsable du numérique et de la communication de l’Agence des Micro Projets a développé le lien indissociable entre numérique et aide au développement.

Après avoir dressé un état des lieux du numérique en Afrique (taux de pénétration d’Internet dans les pays, communautés sur les réseaux sociaux et impact sur les associations et ONG), un focus sur l’utilisation du mobile et du smartphone a été fait. Des applications pour les organisations ont été présentées sur les thématiques de l’agriculture, la santé, l’éducation et l’énergie.
Le mobile banking, ou « mobile monnaie » a été présenté avec les avantages de la bancarisation d’une partie de la population et des nouveaux services qu’il propose : assurance, crédit, épargne…
Les usages des drones pour les ONG ont également été développés : agriculture, photos, vidéos et outils désormais indispensables de la préservation de la faune et de la flore.
Enfin une présentation des « hubs » (plateformes de rencontres physiques) et de leurs acteurs permettant à la société civile de se fédérer a permis aux auditeurs de mieux comprendre les réseaux qui animent le numérique en Afrique.

Cécile Vilnet, coordinatrice de l’Agence des Micro Projets a ensuite présenté en détails la dématérialisation des demandes de financement et du cycle de vie des projets au sein de l’Agence.

De l’ « espace association » en passant par l’ « espace projet », chaque étape a été détaillée, permettant aux associations présentes de comprendre comment déposer un dossier de demande de financement en ligne.
L’espace projet est composé de différents onglets : informations sur le projet, avis du jury, suivi des décaissements, bilans et évaluations. Les mission d’évaluation sur le terrain clôturent le cycle du projet.
Cécile Vilnet a conclue en présentant la capitalisation des données, à la fois sur la cartographie de l’Agence des Micro Projets qui répertorie les microprojets financés mais aussi sur le moteur de recherche des sources de financements, accessibles sur www.agencemicroprojets.org.
Enfin une présentation du site www.microprojets.org de « crowdfunding » ou « finance participative » a été faite expliquant comment une association peut collecter en ligne des financements complémentaires avec des dons par carte bleue.

 

Chritian Jekinnou est intervenu pour présenter « Afrique Innovation » qui est un programme de l’Agence Française de Développement, mis en œuvre par l’incubateur Bond’innov et dont l’objectif est de renforcer les compétences des structures d’accompagnement de porteurs de projets (incubateurs, accélérateurs, fablab, etc.) en Afrique.

Astria Fataki présentait Energy Generation qui a pour objectif de faire face au défi de l’accès à l’électricité pour tous sur le continent africain. Ce projet vise à promouvoir et à accompagner l’innovation technologique et l’entreprenariat social au niveau local afin d’identifier, développer et diffuser à grande échelle les solutions d’électrification « made in Africa » d’aujourd’hui et de demain.

Pour ce faire, Energy Generation mène deux actions principales : la création de la Energy Generation Academy, un programme de formation à l’entrepreneuriat ayant pour mission l’accompagnement de jeunes entrepreneurs sociaux spécialisés dans le secteur de l’électrification de base et l’organisation de l’Africa Energy Generation Prize, un concours Panafricain d’inventions de solutions génératrices d’énergie à bas coûts.

Le Docteur Agbor Ashu présentait GiftedMom qui développe des technologies innovantes de Santé Mobile à faible coût pour améliorer la santé maternelle et lutter efficacement contre la mortalité infantile. Grâce à un système de messagerie vocale et SMS, femmes enceintes et jeunes mères accèdent à de l’information préventive et bénéficient de services personnalisés.

Mme Lisa Marie Bongotha est directrice de l’agence de communication L’Etincelle. Madame Bongotha s’investit également dans des projets associatifs et de développement. Madame Bongotha conseille les acteurs non gouvernementaux gabonais sur la gestion des réseaux sociaux, leur identité visuelle et l’utilisation du web pour la recherche de fonds.

Pascal Jeannot présentait ses services d’accompagnement des projets de start-ups. Formateur dans les domaines du marketing, du management, de la négociation vente et de la réalisation de plan d’affaires, Monsieur Jeannot met son expérience et son savoir-faire au service des acteurs non gouvernementaux gabonais.

Une société civile… 2 publics distincts

Le Forum a pour finalité de répondre aux préoccupations d’une société civile active dans la sphère du développement et intéressée en tant que consommatrice de produits numériques développés en appui à son activité.

Par ailleurs, le Forum s’adresse également aux jeunes développeurs rassemblés en associations et/ou incubateurs.

Un forum pour la société civile en trois temps

Une introduction pour souligner le caractère indispensable de la maîtrise des technologies numériques pour la conduite des projets de développement. Il s’agissait également de mettre en relief le fait que  « le numérique » offre de nouveaux outils de gestion et d’aide à la décision simples, utilisables par chacun.

Des échanges autour des applications ou solutions développées au sein de structures gabonaises, françaises et du monde francophone. Par ailleurs, des outils pratiques, simples d’utilisation, ont été mis à disposition des participants dans les domaines de la gouvernance, de la gestion financière et comptable, de l’ingénierie de projets et de la stratégie, planification.

Un concours afin de développer une plateforme d’échanges entre acteurs non gouvernementaux et partenaires techniques et financiers. Ce concours s’est appuyé sur un cahier des charges synthétisant les attentes des différentes parties. Plusieurs équipes, issues des incubateurs gabonais de référence et regroupant a minima un codeur, un marketeur et un développeur, vont proposer une solution répondant au cahier des charges.

85% des emplois de 2030 n’existent pas aujourd’hui

Selon un rapport de Dell et «l’Institut pour le Futur», think tank californien, le passage à l’intelligence numérique cognitive va profondément modifier notre notion du travail.

Si l’étude semble très optimiste, elle n’est pas sans incohérences ni douces illusions sur l’économie du futur.

 

L’avenir de l’économie serait-il écrit d’avance ?

Vingt experts du domaine numérique (universitaires et professionnels), invités par Dell et l’«Institut pour le Futur» basé à Palo Alto, se sont réunis lors d’ateliers en mars 2017, afin d’anticiper les nombreux changements à prévoir pour le monde de l’entreprise et du travail. Et le résultat semble spectaculaire: d’après l’étude parue à la suite de leurs analyses, 85% des emplois en 2030 n’existent même pas encore aujourd’hui.

En cause: la ringardisation progressive de groupes de métiers entiers, doublés par le numérique et la robotisation, qui sera plus efficace que l’homme, même pour de nombreuses tâches intellectuelles.

Selon les experts participants, nous entrons en effet dans la seconde phase du développement numérique. Après la première étape, qui est la simple imitation de la pensée logique, les prochaines années verront l’avènement d’une véritable intelligence cognitive, capable d’imaginer des solutions, d’interpréter des données, même imparfaites, comme le font les humains actuellement. La troisième phase, selon l’étude, sera tout bonnement l’apparition de l’«être humain virtuel», pour après 2030 néanmoins.

Ce qui est donc en jeu, pour l’homme, c’est donc de se recentrer sur ce qu’il peut (encore) faire mieux que la machine. L’étude fait sur ce point un constat important: «la capacité à acquérir un nouveau savoir vaudra plus que le savoir déjà appris». On ne perfectionnera plus son art dans un métier, mais on perfectionnera sa capacité à être rapidement satisfaisant dans de nouveaux métiers. Et donc, à être plus nomade dans sa carrière et plus disponible pour les différents mutations de l’économie.

Selon le Bureau du Travail américain, les étudiants d’aujourd’hui seront passés par 8 à 10 emplois lorsqu’ils auront 38 ans, et l’étude de Dell rajoute que nombre de personnes seront «freelance», sans poste fixe, cumulant différentes missions auprès d’employeurs multiples.

Et la transition devrait aller vite, car la numérisation permet d’ores et déjà d’améliorer productivité et coûts du travail pour l’entreprise. Les premiers emplois concernés sont bien évidemment les métiers manuels. Selon une étude du Guardian de 2015, quand une délocalisation permet d’économiser jusqu’à 65% sur le coût du travail, une robotisation peut réduire ce coût de 90%.

La transition, grand défi des prochaines années

Et c’est cette «destruction créatrice» qui, d’après le rapport, pose un défi majeur: celui de la transition vers cette économie numérique avancée. Une destruction trop abrupte des vieux emplois menace la stabilité économique de nombreux foyers et donc la paix sociale. Le document cite un sondage réalisée par Dell auprès de 4000 décideurs de haut rang autour du monde: d’après lui, près de la moitié d’entre eux ne savent à quoi ressemblera leur industrie d’ici trois ans. Conséquence de cette incertitude, 45% d’entre eux craignent d’être «obsolètes» d’ici trois à cinq ans. Si ces décideurs se sentent menacés, qu’en est-il alors pour un simple employé du tertiaire, dont les responsabilités sont moins fortes et impliquent moins d’analyse?

Pour rester positif, mais sans vraiment convaincre, le rapport s’enthousiasme sur le fait que la nomadisation du travail va permettre de dégager de nouvelles opportunités. Les individus pourront travailler pour plusieurs organisations en même temps, par delà les frontières et les décalages horaires.

Sur ce point, l’étude n’hésite pas à faire des constats en forme de promesse, voire de rêve éveillé: le travail digital pourrait aller chercher ses talents jusque dans les régions les plus enclavées, comme l’Afrique subsaharienne, (qui doit croître d’un milliard d’individus d’ici 2030), résolvant d’un seul coup le problème des déplacements économiques de population. Le numérique permettra aussi de réduire les inégalités: on pourra travailler sans contact physique, et donc sans révéler son sexe ou sa race, ce qui empêchera les refus d’embauche sur ces critères.

Visite et conseils d'une école de codeurs à Lubumbashi en République Démocratique du Congo - Thierry BARBAUT - Juillet 2017
Visite et conseils auprès d’une école de codeurs à Lubumbashi en République Démocratique du Congo – Thierry BARBAUT – Juillet 2017

Incohérences et douces illusions

On l’aura compris, l’étude tient plus du manifeste que de l’analyse rigoureuse et scientifique. Avec surtout une absence totale de réponse sur les incertitudes de l’économie numérique: quid des conflits entre organisations? De la détention effective du pouvoir dans l’entreprise, si tous les salariés ne font que passer? Et enfin, quelles réponses sur les omniprésentes inquiétudes quant au respect de la vie privée, ou encore l‘exacerbation des inégalités sous le règne du numérique?

La question de la continuité des organisations et de la prise de décision par les humains est toutefois abordée, mais balayée en quelques lignes: pour assurer la continuité, dit l’étude, certains emplois seront fixes et de longue durée au sein d’une même organisation. On reste perplexe devant la solution, qui semble sortie du chapeau.

En cela, l’étude illustre bien la déconnexion entre les acteurs du monde numérique, talentueux et précis mais bien souvent subjectifs dans leur imagination du futur, et la réalité du sentiment du public, légitimement inquiet pour son avenir.


Emmanuel Macron lance un fonds de 10 milliards pour le numérique

Le président lance officiellement le fonds de 10 milliards d’euros sur le numérique à Paris lors de VivaTech

Emmanuel Macron a officiellement annoncé qu’il créerait ce fonds doté de 10 milliards d’euros avec l’objectif d’investir dans les startups, une de ses promesses phares de la campagne en matière de numérique.

“Faciliter le réinvestissement dans les startups et dans l’innovation”

C’était une promesse de campagne, elle vient de se concrétiser. Le fonds d’investissement de 10 milliards d’euros qu’avait évoqué Emmanuel Macron lorsqu’il était candidat à la présidence de la République a pris davantage de corps ce jeudi. Lors de son allocution à Viva Technology, le président a souligné combien il était urgent “de faciliter le réinvestissement dans les startups et dans l’innovation“. Et quoi de mieux que de montrer l’exemple ?

Un fonds pour l’innovation sera doté de 10 milliards d’euros pour investir aux étapes clés de la croissance“, a annoncé Emmanuel Macron devant un parterre de startups et d’investisseurs enthousiastes.

Le président Emmaunel Macron a également félicité bpifrance pour son rôle dans l’écosystème startup, tout en soulignant qu’il fallait “aller encore plus loin : faciliter l’innovation, donner de la visibilité au financement de l’innovation en France, ce sera l’objet de ce fonds pour l’innovation“.

Dans son programme de campagne, il précisait que ces fonds proviendraient “des actions d’entreprises possédées de manière minoritaire par l’État” et que la structure servirait notamment à financer “l’industrie du futur“.

Photo – Le digital – Thierry BARBAUT

Une industrie du digital mais aussi de l’humain, exactement ce pour quoi je suis investit depuis plus de 15 ans dans le numérique entre la France et l’Afrique !

Un passeport “French Tech Visa :entrepreneur des technologies”

Emmanuel Macron lance également un appel aux entrepreneurs étrangers qui voudraient s’installer en France.

Le «French tech visa est inauguré aujourd’hui. Il dure quatre ans. Un site a été ouvert aujourd’hui pour cela. Allez-vous inscrire». Une heure auparavant, Emmanuel Macron avait encouragé un jeune américain travaillant dans une entreprise de restauration en ligne et inquiet par l’arrivée de Donald Trump, à s’y inscrire. «Voulez-vous un passeport français?», lui avait demandé le président, en anglais, en se saisissant du passeport américain du jeune homme, un brin surpris, puis en mettant en relation le start-upper et le secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi, qui se tenait aux côtés du président.

Les enjeux du numérique en Afrique

Intervention à l’Institut internationale de la communication de Paris (IICP) sur les enjeux du numérique en Afrique

  • Réseaux internet
  • Réseaux sociaux
  • Mobile money et les nouveaux services
  • Les villes intelligentes ou “Smart City”
  • Les services publics en ligne avec le cas du Rwanda Development Board ou “RDB”
  • Les applications sur mobile et smartphone sur la santé, l’agriculture, l’éducation, l’énergie et entrepreneuriat
  • Les usages des drones dans les différentes thématiques (agriculture, environnement…)
  • L’innovation
  • Les risques et les freins de développement du numérique
  • Les écosystèmes dans le E-commerce (Jumia).
  • Du numérique pour les humains !

L’intelligence artificielle et les drones en protection des animaux

Le programme Air Shepherd associe drones et intelligence artificielle pour sauver éléphants et rhinocéros des braconniers.

Depuis dix ans, un éléphant est tué par des braconniers toutes les 14 minutes et deux rhinocéros meurent tous les jours. A ce rythme, ces deux espèces animales auront disparu du continent africain dans dix ans, s’alarme la Lindbergh Foundation. Alors, pour éviter le pire, la fondation s’est associée à la société Neurala qui va équiper ses drones de surveillance d’un système d’intelligence artificielle.

Le programme Air Shepherd, actif depuis déjà plusieurs années, consiste à veiller sur des zones à risques, là où les braconniers ont l’habitude d’agir, en particulier la nuit grâce à des caméras à infrarouge. Jusqu’à maintenant, les drones, qui pouvaient voler cinq heures d’affilée maximum, se contentaient de déclencher un enregistrement vidéo à chaque détection d’une forme vivante.

Ces images étaient alors transmises à des opérateurs au sol chargés de les analyser. Si une forme humaine était repérée, l’information était transmise aux gardes chargés d’intercepter les suspects. Mais Air Shepherd ne pouvait pas embaucher suffisamment de monde pour visionner 24h/24 les milliers d’heures d’images filmées par les drones.

Désormais, les protecteurs des animaux seront assistés par le logiciel d’intelligence artificielle de Neurala, Neurala Brain. Celui-ci a appris à identifier éléphants et rhinocéros. Il pourra repérer des formes non répertoriées, en temps réel, dans les téraoctets de vidéos fournis par les drones. L’alerte pourra alors être envoyée immédiatement aux rangers, avant même que les intrus aient pu atteindre les animaux.

 

Cette IA, a expliqué le PDG de Neurala, Max Versace, a d’abord été développée pour la Nasa afin de participer à l’exploration autonome d’autres planètes.

Cette nouvelle collaboration « est un très bon exemple de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour une bonne cause », a-t-il ajouté en espérant qu’elle parviendra à sauver la vie de milliers d’animaux tout en permettant l’arrestation de nombreux braconniers.

Numérique et Développement

J’intervenais pendant une semaine sur les thématiques du numérique au Gabon. Ces interventions furent l’occasion d’échanger avec la société civile gabonaise mais aussi avec de nombreux acteurs de l’aide au développement.

Une semaine riche en rencontres lors du Forum mais aussi de découverte et d’échanges avec les gabonais. Une journée aussi en foret avec un guide qui nous présente les différentes essences naturelles et leurs usages !

Forum “Numérique et Développement” à Libreville au Gabon

Des interventions dans le cadre d’une invitation du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Gabon pour le Forum “Numérique et Développement”.

Après avoir dressé un état des lieux du numérique en Afrique (taux de pénétration d’Internet dans les pays, communautés sur les réseaux sociaux et impact sur les associations et ONG), un focus sur l’utilisation du mobile et du smartphone a été fait.

Des applications mobile ou smartphone pour les organisations ont été présentées sur les thématiques de l’agriculture, la santé, l’éducation et l’énergie.

Le mobile banking, ou “mobile monnaie” a été présenté avec les avantages de la bancarisation d’une partie de la population et des nouveaux services qu’il propose : assurance, crédit, épargne…

Les usages des drones pour les ONG ont également été développés : agriculture, photos, vidéos et outils désormais indispensables de la préservation de la faune et de la flore.

Enfin une présentation des “hubs” (plateformes de rencontres physiques) et de leurs acteurs permettant à la société civile de se fédérer a permis aux auditeurs de mieux comprendre les réseaux qui animent le numérique en Afrique.

L’importance d’évaluer les projets de développement

Je suis parti au Togo pour évaluer les microprojets de l’AMP financés ces dernières années.

Une mission d’évaluation, de rencontres et de capitalisation.

Un voyage passionnant ou j’ai pu rencontrer l’ensemble des acteurs, les porteurs de projets bien sur mais aussi et surtout les communautés des bénéficiaires qui savent plus que quiconque quels sont leurs besoins et comment trouver des solution pérennes !

En parallèle de cette mission, un documentaire a été réalisé et sera disponible début 2017.

J’étais accompagné de Victor Cavaillole, réalisateur, afin de rencontrer les acteurs des microprojets dotés au Togo ces dernières années. La mission d’évaluation a donc été couplée à des interviews filmées qui ont permis de donner la parole aux acteurs locaux.

Notre documentaire, les trois premières minutes :

 

De Lomé à Dapaong et même sur la « Corne » du Togo entre le Ghana et le Burkina, de nombreuses rencontres enrichissantes ont permis d’en savoir plus sur les microprojets depuis ma dernière visite en 2013.

 De projets en projets…

Microprojet « Garage Wuzdrape Lavoisier » porté par l’association Les amis de l’Enije.

Ce projet est atypique et très intéressant puisqu’il met en avant les nouvelles technologies, l’apprentissage et l’entrepreneuriat.

La demande de financement déposée auprès de l’AMP portait sur la construction d’un bâtiment à 35 kilomètres au nord de Lomé, à Adetikopé. L’AMP a pu se rendre compte de la bonne réalisation du projet : le garage désormais construit est moderne et le bâtiment très bien réalisé.

Sur place le partenaire local, assisté de Yohan, un Volontaire de Solidarité Internationale, nous présentent le projet avec des exemples de réparations sur des voitures modernes qui ont souffert du climat et du sable. L’objectif est de former les jeunes à la mécanique sur les voitures de nouvelle génération qui affluent désormais au Togo.

Cela constitue une démarche complexe car ces voitures sont équipées de moteur à injection électronique et également de nombreux capteurs électroniques sur les roues et d’autres parties mécaniques. Une tablette tactile et des outillages sont mis à la disposition des jeunes pour les former aux nouvelles technologies.

De réelles perspectives d’avenir sont envisagées pour ces jeunes qui bénéficient d’un savoir-faire divulgué par des experts. Des instituts de formation et d’autres garages du pays souhaitent inscrire leurs élèves au cursus proposé par le garage Lavoiser. Un exemple dans la région…

Microprojet « Assainissement du marché de Yemboate » porté par l’association AJFD, Avenir des Jeunes Filles de Dapaong.

Ce projet se situe à l’extrême nord du Togo, à coté de la ville de Dapaong. Il représente un véritable cycle vertueux d’activités sur le développement durable et l’assainissement. En effet, il associe la création d’un groupement de femmes avec une activité de recyclage et donc d’assainissement sur le marché de Yemboate ainsi que la création de compost afin que ces femmes puissent cultiver l’arachide, des oignons et des tomates tout au long de l’année. Ces femmes vendent ensuite ces produits sur le même marché et profitent donc d’activités génératrices de revenus.

Par ailleurs, des latrines ont été mises en service et permettent ainsi de rendre le site plus sain. Un accès de 25 CFA est demandé pour y avoir accès.

La population a adopté ce nouveau marché qui fait figure de modèle dans la région ! Une rencontre avec le chef du village et la police a confirmé l’intérêt porté par l’ensemble des acteurs de la région à cette initiative.

 

Microprojet « Activités agropastorales pour les femmes vulnérables » porté par l’association AJFD

Située à 25 kilomètres au sud de Dapaong, le village de KoyaKoya a accueilli ce projet ou un apatame a été construit afin de piloter de nombreuses activités comme par exemple des cours et des formations à l’agriculture et à l’alphabétisation pour les femmes.

C’est dans ce cadre que 5 ha de terre ont été mis à disposition des femmes, dont 1 ha à titre expérimental, afin de leur permettre de cultiver le riz, le maïs et l’arachide et d’en commercialiser les récoltes. Ces femmes montent en compétences grâce aux formations et deviennent vendeuses ambulantes dans la région et sur les marchés avec une production locale appréciée et BIO.

Un forage et une machine à moudre le maïs ont également été mis en place afin de produire la farine Misola issue de la production locale. C’est encore une fois un produit très apprécié de la population.

 

Microprojet « Alimentation en énergie photovoltaïque du dispensaire de Boadé » porté par AJFD

Ce dispensaire isolé sur la Corne du Togo permet aux populations de la région ainsi qu’aux habitants du Ghana et du Burkina voisins de se faire soigner. Le dispensaire propose un service d’urgence, des consultations avec prescription de médicaments et un suivi et planification des grossesses grâce à une matrone.

L’objectif de ce dispensaire très excentré était d’ouvrir la nuit : un système de panneaux photovoltaïques avec stockage de l’énergie a été mis en place. Désormais son fonctionnement est optimal et le taux de fréquentation a augmenté de 50% en 1 an.

 

Microprojet « Réfection de l’école de Tagbadza » porté par SOS pour l’Afrique

Ce microprojet a pour but la réfection totale d’une école isolée. Le projet permet également aux enfants de ne pas faire plus de 10 kilomètres à pieds pour accéder à une école. C’est donc au cœur du village que cette école à été entièrement rénovée.

Des latrines ont été installées et un système de récupération d’eau de pluie avec une cuve de stockage de 5 000 litres permet aux enfants de boire et de se laver les mains.

 

Microprojet « Élevage de porcs à Tagbadza », porté par SOS pour l’Afrique

Cet élevage de porcs a été mis en place dans un deuxième temps afin de développer des activités génératrices de revenus pour couvrir les frais de fonctionnement de l’école de Tagbadza.

La porcherie est construite mais pas encore opérationnelle. Les travaux ont été très bien réalisés et un forage a été construit récemment. La nourriture pour les cochons sera issue des champs avoisinants et plus de 60 bêtes seront vendues chaque année pour générer des revenus.

Une partie des revenus sera mise à disposition des gérants de la porcherie afin de couvrir les salaires et entretenir le site. Une autre partie sera dédiée à l’école de Tagbadza pour couvrir les salaires des professeurs, l’entretien du bâtiment, du mobilier, du forage et des latrines.

Microprojet de « bibliothèque à Yiéviépé », porté par ASTOVOT

Mettre à disposition une bibliothèque pour les enfants de la région était indispensable. En effet, aucune structure de ce type n’existait dans la région. C’est aujourd’hui plus de 200 bénéficiaires qui peuvent en profiter.

La bibliothèque a été entièrement construite et elle est alimentée à 100% par l’énergie solaire avec un système pertinent de stockage de l’énergie avec des batteries et un convertisseur.

D’autres activités sont proposées dans la bibliothèque : diffusions de films, activités de jeux, d’animations…

La bibliothèque permet de générer des revenus grâce à des services de bureautique qui sont proposés : courriers, impressions, photocopies, email et navigation sur Internet. Les revenus devraient permettre un équilibre budgétaire du site dans 2 ans. .

En marge des rencontres des porteurs de projets, des bénéficiaires et de tous les acteurs impliqués dans les microprojets, nous avons souhaité filmer chacune de ces initiatives et allons proposer un documentaire qui sera disponible début 2017 !

Le top des compétences et métiers dans les technologies

Les compétences et les métiers porteurs dans les technologies

L’étude sur l’avenir de l’emploi du World Economic Forum prévoit que 5 millions d’emplois seront perdus avant 2020 avec l’émergence de l’intelligence artificielle, de la robotique, la des nanotechnologies et d’autres facteurs socio-économiques qui remplacent le besoin de travailleurs humains.

La bonne nouvelle est que ces mêmes progrès technologiques créeront également 2,1 millions de nouveaux emplois. Mais les travailleurs manuels et les employés de bureau qui se retrouveront au chômage sont peu susceptibles d’avoir les compétences nécessaires pour concourir à ces nouveaux emplois…

Sans une action urgente et ciblée des gouvernements et des entreprises aujourd’hui pour favoriser l’accès à de nouvelles compétences, les inégalités et le chômage vont s’accroitre selon Klaus Schwab , Fondateur et Président exécutif du World Economic Forum.

ould a robot do your job? Millions of people who didn’t see automation coming will soon find out the painful way. The answer is a resounding yes.

The World Economic Forum’s Future of Jobs study predicts that 5 million jobs will be lost before 2020 as artificial intelligence, robotics, nanotechnology and other socio-economic factors replace the need for human workers.

The good news is that those same technological advances will also create 2.1 million new jobs. But the manual and clerical workers who find themselves out of work are unlikely to have the required skills to compete for the new roles. Most new jobs will be in more specialized areas such as computing, mathematics, architecture and engineering.

Governments and employers in every sector are being urged to retrain and re-skill workers to avoid a crisis.

“Without urgent and targeted action today, to manage the near-term transition and build a workforce with future-proof skills, governments will have to cope with ever-growing unemployment and inequality, and businesses with a shrinking consumer base,” said Klaus Schwab, Founder and Executive Chairman of the World Economic Forum.

New skills for new economies

So what skills should workers be acquiring to make sure they have value as the Fourth Industrial Revolution gathers pace? Some may be surprised to learn that skills we develop in pre-school will be valued highly.

David Deming, associate professor of education and economics at Harvard University, argues that soft skills like sharing and negotiating will be crucial. He says the modern workplace, where people move between different roles and projects, closely resembles pre-school classrooms, where we learn social skills such as empathy and cooperation.

Deming has mapped the changing needs of employers and identified key skills that will be required to thrive in the job market of the near future. Along with those soft skills, mathematical ability will be enormously beneficial.

Single-skillset jobs in decline

Deming shows that in recent years, many jobs requiring only mathematical skills have been automated. Bank tellers and statistical clerks have suffered. Roles which require predominantly social skills (childcare workers, for example) tend to be poorly paid as the supply of potential workers is very large.

The study shows that workers who successfully combine mathematical and interpersonal skills in the knowledge-based economies of the future should find many rewarding and lucrative opportunities.

Refocusing skills education

The challenge now, says Deming, is for educators to complement their teaching of technical skills like mathematics and computer science, with a focus on making sure the workers of the future have the soft skills to compete in the new jobs market.

Développement numérique, entre miracle et mirage

Si les technologies numériques se diffusent rapidement à travers le monde, ce n’est pas le cas de la répartition des revenus qu’ils dégagent…

L’internet, les téléphones mobiles et d’autres technologies numériques se diffusent rapidement à travers le monde et particulièrement dans les pays en développement, mais les dividendes escomptés du numérique, à savoir une croissance plus forte, la création de plus d’emplois ainsi que de meilleurs services publics, ne sont pas à la hauteur des attentes !

Hélas, 60 % de la population mondiale reste exclue d’une économie numérique en constante expansion

Aujourd’hui et particulièrement sur le continent Africain, ce sont les personnes riches, compétentes et influentes qui bénéficient d’une expansion rapide du numérique, des personnes qui sont mieux placées pour tirer parti des nouvelles technologies.

Il faut également prendre en compte que malgré le fait que le nombre d’utilisateurs de l’internet dans le monde ait plus que triplé depuis 2005, quatre milliards de personnes n’y ont toujours pas encore accès !

Photo : Le mobile en Afrique, une arme de développement massive !

Le vecteur de développement du numérique n’est pas uniquement financier ou technologique, ce sont les politiques publiques qui doivent démocratiser l’accès

« Les technologies numériques transforment le monde des affaires, du travail et de l’administration publique », a déclaré Jim Yong Kim, le président du Groupe Banque mondiale. « Nous devons continuer à connecter tout le monde et ne laisser personne sur la touche, parce que le coût des opportunités perdues est énorme. Mais pour que les dividendes du numérique soient largement partagés entre toutes les franges de la société, les pays doivent aussi améliorer leur climat des affaires, investir dans l’éducation et la santé, et promouvoir la bonne gouvernance. »

photo : Les axes de développement du numérique en Afrique lors du premier Forum International sur la jeunesse et l’entrepreunariat organisé par le MEDEF à Paris en décembre 2016

Des technologies pour quels utilisateurs ?

Bien sur il existe de nombreux cas de succès individuels, mais le constat est sans appel, l’effet des technologies sur la productivité globale, l’accroissement des opportunités pour les pauvres et la classe moyenne, et la généralisation de la gouvernance responsable n’ont pas été à la hauteur des attentes. Les technologies numériques se diffusent rapidement, mais leurs dividendes comme la croissance, les emplois et services, tardent à suivre.

La révolution numérique est en train de transformer le monde, facilitant les flux d’information et la montée en puissance des pays en développement qui sont en mesure de tirer profit de ces nouvelles opportunités.

Le fait qu’aujourd’hui 40 % de la population mondiale soit connectée par l’internet constitue une transformation stupéfiante. S’il faut se féliciter de cet exploit, c’est également l’occasion d’imaginer que nous devons éviter de créer une nouvelle classe exlue. Dans un monde où près de 20 % de la population est incapable de lire et d’écrire, la seule diffusion des technologies numériques a peu de chances de combler le fossé du savoir.

Photo : une publicité vante “internet qui fonctionne” au Burundi – Crédits : Thierry Barbaut 2015 www.barbaut.net

“Dans les pays en voie de développement je préconise plus d’acheter une poule qu’un smartphone ou un ordinateur” Bill Gates, fondateur de Microsoft et de la Fondation Bille & Melinda

Les technologies numériques peuvent favoriser l’inclusion, l’efficacité et l’innovation

Plus de 40 % des adultes en Afrique de l’Est paient leurs factures de services publics par téléphone mobile avec le mobile money, M-pesa en tête avec plus de 2,8 millions de transactions par jours.

En Chine, huit millions d’entrepreneurs, dont un tiers de femmes, utilisent une plateforme de commerce en ligne pour vendre des produits à l’échelle nationale et les exporter vers 120 pays. L’Inde a fourni une identité numérique à caractère unique à près d’un milliard de personnes en cinq ans ; elle a par également élargi l’accès aux services publics et réduit la corruption sur ce front. Et dans le domaine des services de santé publique, de simples SMS se sont avérés efficaces pour rappeler à des personnes vivant avec le VIH de prendre leurs médicaments vitaux.

Les nouvelles technologies favorisent l’inclusion bancaire et freinent la corruption

Pour tenir toute la promesse de développement d’une nouvelle vague numérique, il faut développer deux grandes mesures : réduire la fracture numérique en rendant l’internet universel, abordable, ouvert et sûr ; et renforcer les réglementations qui garantissent la concurrence entre les entreprises, adapter les compétences des travailleurs aux exigences de la nouvelle économie, et promouvoir des institutions responsables. Le travail des institutions politiques en Afrique est prépondérant.

Les stratégies de développement du numérique doivent être d’une portée beaucoup plus importante que celle des stratégies pour les technologies de l’information et de la communication. Pour bénéficier au maximum du numérique, les pays doivent créer un environnement propice aux technologies : des réglementations spécifiques qui facilitent la concurrence et l’entrée sur les marchés, des compétences qui permettent aux travailleurs de tirer parti de l’économie numérique, et des institutions qui rendent compte aux citoyens. Les technologies numériques peuvent, quant à elles, accélérer le développement, l’effet levier ou synergie des NTIC est majeur.

Il sera indispensable, pour une large diffusion de l’internet, de développer les capacités d’analyse critique et de dispenser une formation fondamentale sur les TIC

Des axes de développement indispensables : investir dans les infrastructures de base, réduire le coût de la conduite des affaires, abaisser les barrières commerciales, faciliter l’entrée de start-up, renforcer les autorités de la concurrence, et faciliter la concurrence entre les plateformes numériques.

FORMER ! Si l’alphabétisation de base reste essentielle pour les enfants, il sera indispensable, pour une large diffusion de l’internet, d’inculquer des aptitudes cognitives d’ordre supérieur, de développer les capacités d’analyse critique et de dispenser une formation fondamentale sur les systèmes avancés de TIC. L’enseignement d’aptitudes techniques à un stade précoce et l’exposition des enfants à la technologie favorisent une meilleure maîtrise des TIC et influent sur les choix de carrière.

Les technologies numériques peuvent participer à transformer nos économies, nos sociétés et nos institutions publiques

Ces changements ne sont ni acquis ni automatiques. Les pays qui investissent à la fois dans les technologies numériques engrangeront des revenus importants, tandis que les autres resteront probablement écartés. Si elles ne reposent pas sur un socle solide, les technologies risquent de créer des disparités sur le plan économique, d’accroître les inégalités et d’ouvrir la voie à l’ingérence des pouvoirs publics.

Thierry Barbaut – www.info-afrique.com

Le mobile money transforme l’économie informelle en Afrique

S’il est une révolution technologique qui ne peut être contestée c’est bien celle du mobile banking ou monnaie mobile en français

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 milliard de cartes SIM en Afrique, 750 millions de téléphones mobile en service, c’est plus qu’en Europe ou aux USA.

“Vers de nouveaux services sur mobile, s’assurer, épargner, emprunter…”

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Si aujourd’hui les Kenyans, les Maliens, les Algériens plébiscitent ces fintech (Technologies Financières) c’est que tout passe par le mobile et que la population est largement impactée et surtout dans les zones rurales, toutes les thématiques sont concernées : agriculture, santé, énergie mais aussi le bâtiment, les infrastructures et les administrations.

L’argent sur mobile va également drainer des services comme l’emprunt, l’épargne et l’assurance.

Il se murmure que Xavier Niel préparerait un service de banque en ligne mais j’y reviendrais dans un prochain article !

Une autre révolution en Afrique qui va avoir deux grands effets vertueux…

De nouveaux services

Le premier est le passage d’une économie informelle estimée à 70% en Afrique à une économie formelle. Cette économie permettra de se projeter dans l’avenir quel qu’en soit le secteur d’activité et l’acteur. Épargner, emprunter, assurer vont être les services qui permettront à des centaines de millions d’habitants de se projeter dans l’avenir au sein d’une entreprise, d’une famille ou d’une communauté.
La sécurisation des transactions permet aussi de supprimer les risques et de tracer les transactions, la aussi un changement important qui non seulement sécurise les échanges mais aussi lutte efficacement contre la corruption qui paralyse souvent une partie des activités.

Le digital et le mobile permettent des nouveaux usages collaboratifs en Afrique
Le digital et le mobile permettent des nouveaux usages collaboratifs en Afrique

Des taxes sur les transaction pour le développement de l’administration

Le deuxième est la possibilité pour les états de créer ou de développer l’imposition qui va permettre aux administrations de se développer et de proposer des services à la hauteur de la demande en Afrique. Un état sans taxes ne peut se développer et répondre à la demande de services des particuliers comme des entreprises.

Les transactions sur mobile vont permettre de tracer et d’imposer les échanges monétaires équitablement et ainsi faire passer l’administration de nombreux pays vers d’autres systèmes vertueux comme la dématérialisation des services publics ou des douanes apportant ainsi de nouveaux services à la population, des services qui font actuellement cruellement défaut.

Des nouveaux modèles émergent et prouvent que ces systèmes sont largement plébiscités par les populations comme au Rwanda ou les démarches administratives et payantes se font avec le RDB pour Rwanda Development Board… Une administration 2.0

Thierry Barbaut
www.strategie-afrique.com

Internationaliser l’innovation

L’innovation numérique en Afrique représente un marché colossal qui place au centre du jeu la valorisation du capital humain

Vecteur d’emploi, ce sont les centaines de milliers et bientôt les millions de jeunes sur le continent qui doivent profiter de cette effervescence.

Cette innovation se développe sur des marchés structuraux comme la santé, l’énergie, l’éducation… Des secteurs qui affichent justement une croissance record en Afrique.

Des exemples concrets mêlant innovation, mobile et collaboratif

Pour bien comprendre ce processus, prenons deux cas concrets comme le mobile banking au Kenya dont les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2,5 millions de transactions par jour et 30% (en 2013, cela a progressé depuis) du PIB sont réalisés sur M-Pesa, la solution de paiement mobile de l’opérateur Safaricom.

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Un autre exemple est la m-farm pour « ferme sur mobile » ou parfois évoqué comme « Agri Business » : des SMS sont envoyés à des millions d’agriculteurs en Afrique tous les jours à l’aube leur mettant à disposition les cours des produits qu’ils cultivent. Des utilisateurs qui peuvent répondre à ces messages en indiquant le prix auquel ils auront vendu le mil, le sorgho ou le manioc. Ils deviennent ainsi des analystes et bénéficient concrètement d’un équilibrage des prix entre le producteur et le consommateur. Les intermédiaires ne peuvent plus tricher.

Les perspectives qu’offrent les mobiles et le compte en banque sur mobile sont l’accès à de véritables opportunités de développement jamais mises à disposition des populations isolées: l’investissement par le crédit, l’assurance, l’épargne. Une révolution en Afrique où seul 20% du milliard d’habitants dispose d’un compte en banque. Le mobile devient plus qu’un outil multitâche, il se transforme en carte d’identité économique.

 « Imaginons les perspectives qu’offriront ces applications avec le renouvellement des téléphones ancienne génération par des smartphones. Ce sera la démocratisation de la cartographie, de la gestion des stocks et ainsi de la logistique ouverte à un potentiel d’un demi-milliard de clients »

Une innovation internationalisée «agile » ?

Dans ce contexte, la réplicabilité devient un enjeu d’innovation particulier. Qu’elle soit locale ou internationale, elle touche les 54 pays du continent, qu’elle relie entre eux, mêlant des cultures, des contextes et des économies diverses. Cela contribue à faire de l’Afrique un incroyable incubateur en temps réel et de l’innovation africaine une innovation vernaculaire, forgée par et pour les Africains tant les spécificités culturelles et sociales sont prédominantes.

En voyageant de pays en pays, du Maghreb à l’Océan Indien, de Dakar à Nairobi en passant par l’incroyable dynamisme de Kigali, on constate l’incroyable contraste entre des déserts numériques et des écosystèmes dynamiques. Des hubs émergent, signes qu’une troisième révolution industrielle a leapfroggé la seconde : l’Ethiopie et Kigali pour les investisseurs d’Afrique centrale, Dakar pour le web, Lagos pour les services…

L’innovation s’étend de région en pays et transforme radicalement l’économie informelle qui représente 70% des échanges en Afrique

Les Africains sont maintenant connectés par la fibre en ville ou en clef/point d’accès mobile 3G en brousse. Les nouveaux modes de transactions et de commerces virtuels permettent la sécurisation et la traçabilité des échanges, un avantage significatif dans des zones où le cash pose des problèmes de sécurité et où les commerçants se déplacent perpétuellement !

Le E-commerce ou plutôt le M-commerce vient ainsi supplanter un modèle de distribution qui n’avait pas fait ses preuves. C’est avec du click & collect ou du HTTPS que  les africains consomment aujourd’hui! Dans des pays où moins de 4% des villes sont équipées de supermarchés, le mobile devient le relais entre les consommateurs et les plateformes comme Jumia ou Cdiscount. Ceux-ci deviennent les nouveaux commerçants en synergie avec les gigantesques et grouillants marchés africains : ils ont compris que pour séduire en Afrique, il faut développer du « local » avec l’inébranlable « bouche à oreille » et avec des marketeurs « made in Africa”…

Les entreprises étrangères qui tentent de développer des technologies de services échouent quand elles n’embauchent pas des équipes locales expertes. La clef de l’internationalisation des innovations passera donc nécessairement par du “made in Africa” et de la montée en compétences des acteurs locaux. Le continent, dont 60% de la population a moins de 20 ans, parviendra à relever le défi de sa croissance en favorisant la formation de sa jeunesse et la valorisation d’écosystèmes locaux!