Archives de catégorie : Dématérialisation

Les enjeux du numérique en Afrique

Intervention à l’Institut internationale de la communication de Paris (IICP) sur les enjeux du numérique en Afrique

  • Réseaux internet
  • Réseaux sociaux
  • Mobile money et les nouveaux services
  • Les villes intelligentes ou “Smart City”
  • Les services publics en ligne avec le cas du Rwanda Development Board ou “RDB”
  • Les applications sur mobile et smartphone sur la santé, l’agriculture, l’éducation, l’énergie et entrepreneuriat
  • Les usages des drones dans les différentes thématiques (agriculture, environnement…)
  • L’innovation
  • Les risques et les freins de développement du numérique
  • Les écosystèmes dans le E-commerce (Jumia).
  • Du numérique pour les humains !

Internationaliser l’innovation

L’innovation numérique en Afrique représente un marché colossal qui place au centre du jeu la valorisation du capital humain

Vecteur d’emploi, ce sont les centaines de milliers et bientôt les millions de jeunes sur le continent qui doivent profiter de cette effervescence.

Cette innovation se développe sur des marchés structuraux comme la santé, l’énergie, l’éducation… Des secteurs qui affichent justement une croissance record en Afrique.

Des exemples concrets mêlant innovation, mobile et collaboratif

Pour bien comprendre ce processus, prenons deux cas concrets comme le mobile banking au Kenya dont les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2,5 millions de transactions par jour et 30% (en 2013, cela a progressé depuis) du PIB sont réalisés sur M-Pesa, la solution de paiement mobile de l’opérateur Safaricom.

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Un autre exemple est la m-farm pour « ferme sur mobile » ou parfois évoqué comme « Agri Business » : des SMS sont envoyés à des millions d’agriculteurs en Afrique tous les jours à l’aube leur mettant à disposition les cours des produits qu’ils cultivent. Des utilisateurs qui peuvent répondre à ces messages en indiquant le prix auquel ils auront vendu le mil, le sorgho ou le manioc. Ils deviennent ainsi des analystes et bénéficient concrètement d’un équilibrage des prix entre le producteur et le consommateur. Les intermédiaires ne peuvent plus tricher.

Les perspectives qu’offrent les mobiles et le compte en banque sur mobile sont l’accès à de véritables opportunités de développement jamais mises à disposition des populations isolées: l’investissement par le crédit, l’assurance, l’épargne. Une révolution en Afrique où seul 20% du milliard d’habitants dispose d’un compte en banque. Le mobile devient plus qu’un outil multitâche, il se transforme en carte d’identité économique.

 « Imaginons les perspectives qu’offriront ces applications avec le renouvellement des téléphones ancienne génération par des smartphones. Ce sera la démocratisation de la cartographie, de la gestion des stocks et ainsi de la logistique ouverte à un potentiel d’un demi-milliard de clients »

Une innovation internationalisée «agile » ?

Dans ce contexte, la réplicabilité devient un enjeu d’innovation particulier. Qu’elle soit locale ou internationale, elle touche les 54 pays du continent, qu’elle relie entre eux, mêlant des cultures, des contextes et des économies diverses. Cela contribue à faire de l’Afrique un incroyable incubateur en temps réel et de l’innovation africaine une innovation vernaculaire, forgée par et pour les Africains tant les spécificités culturelles et sociales sont prédominantes.

En voyageant de pays en pays, du Maghreb à l’Océan Indien, de Dakar à Nairobi en passant par l’incroyable dynamisme de Kigali, on constate l’incroyable contraste entre des déserts numériques et des écosystèmes dynamiques. Des hubs émergent, signes qu’une troisième révolution industrielle a leapfroggé la seconde : l’Ethiopie et Kigali pour les investisseurs d’Afrique centrale, Dakar pour le web, Lagos pour les services…

L’innovation s’étend de région en pays et transforme radicalement l’économie informelle qui représente 70% des échanges en Afrique

Les Africains sont maintenant connectés par la fibre en ville ou en clef/point d’accès mobile 3G en brousse. Les nouveaux modes de transactions et de commerces virtuels permettent la sécurisation et la traçabilité des échanges, un avantage significatif dans des zones où le cash pose des problèmes de sécurité et où les commerçants se déplacent perpétuellement !

Le E-commerce ou plutôt le M-commerce vient ainsi supplanter un modèle de distribution qui n’avait pas fait ses preuves. C’est avec du click & collect ou du HTTPS que  les africains consomment aujourd’hui! Dans des pays où moins de 4% des villes sont équipées de supermarchés, le mobile devient le relais entre les consommateurs et les plateformes comme Jumia ou Cdiscount. Ceux-ci deviennent les nouveaux commerçants en synergie avec les gigantesques et grouillants marchés africains : ils ont compris que pour séduire en Afrique, il faut développer du « local » avec l’inébranlable « bouche à oreille » et avec des marketeurs « made in Africa”…

Les entreprises étrangères qui tentent de développer des technologies de services échouent quand elles n’embauchent pas des équipes locales expertes. La clef de l’internationalisation des innovations passera donc nécessairement par du “made in Africa” et de la montée en compétences des acteurs locaux. Le continent, dont 60% de la population a moins de 20 ans, parviendra à relever le défi de sa croissance en favorisant la formation de sa jeunesse et la valorisation d’écosystèmes locaux!

Le numérique et le code en Afrique

Les nouvelles technologies en Afrique représentent le plus gros marché au monde selon de nombreux experts financiers

Il y aurait actuellement 800 millions de téléphones mobile en Afrique, c’est plus qu’en Europe ou aux USA. Sachant que 80% de ces mobiles sont d’ancienne génération imaginons l’impact sur les applications et l’échange d’information quand ils seront renouvelés par des Smartphones.

Les nouveaux leaders de l’économie numérique ne sont pas uniquement Google, Facebook, SAP, Atos, mais aussi désormais Jumia, MTN, Orange… Des groupes qui définissent de nouveaux paradigmes « agiles » des entreprises participatives, collaboratives… du web 3.0 ?

Interview FedAfrica sur le digital en Afrique

Parmi les nombreuses mutations qui permettent à l’Afrique de s’imposer comme le continent de la croissance, l’essor de la sphère digitale, synonyme de développement économique et social est incontournable.
Le continent est aujourd’hui doté d’un très fort potentiel, tant en termes de nombre d’utilisateurs que d’accès aux offres les plus innovantes. C’est par ailleurs pour répondre à de nouvelles habitudes de consommation, ainsi qu’à un besoin de réactivité et d’inter-connectivité que l’ensemble des acteurs économiques ont pris part à cette révolution.

A ce titre, Fed Africa lance en 2016 le chantier de son nouveau site Internet qui promet d’être responsive et plus ergonomique.
Afin d’en savoir plus sur le virage numérique et ses formes multiples, nous avons convié Thierry Barbaut – expert Digital & Afrique, à nous faire un état des lieux du marché.
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Fed Africa : Dans quelle mesure les nouvelles technologies sont-elles un enjeu de développement ?

Thierry Barbaut : Les nouvelles technologies en Afrique touchent tous les secteurs d’activités : l’industrie, la finance, les matières premières mais aussi et surtout l’agriculture, la santé, les déplacements, les énergies renouvelables et bien sûr l’éducation. Grâce aux NTIC des perspectives incroyables se dessinent et plus particulièrement en Afrique grâce à deux leviers :

  1. Le premier levier est l’accès à l’information et c’est le mobile qui l’a rendu possible. Le marché est passé à une étape de renouvellement avec l’arrivée des smartphones low cost, c’est une deuxième phase de cette révolution télécom qui offrira l’accès à des applications plus inclusives pour des centaines de millions d’utilisateurs.
  2. Le second levier est représenté par les services qu’offre aujourd’hui le mobile. Le plus marquant est bien sur le mobile banking qui démocratise l’accès à la bancarisation. Toutes les classes sociales utilisent le mobile banking et les PME sont de plus en plus représentées. De nouveaux marchés s’ouvrent : l’assurance, l’épargne ou le micro-crédit

– L’émergence des réseaux sociaux en Afrique permet principalement l’échange d’information et donc le contact entre usagers : entreprises, particuliers, organisations avec un accent particulier sur le mode collaboratif. En effet l’outil est extrêmement utile aux populations en recherche de structuration, de fonds et bien sûr de mise en œuvre d’actions.

– Le big data est prépondérant car les données collectées changeront définitivement le visage de l’Afrique avec des perspectives de personnalisation des services adaptés aux besoins des utilisateurs.

– La cartographie et la géolocalisation en temps réel permettent déjà de lutter contre le développement du paludisme, de gérer le trafic des bus de Nairobi en mode collaboratif ou d’apporter des données météo précieuses aux millions d’agriculteurs ou éleveurs par le biais de SMS journaliers.

– le Crowdfunding mais aussi le crowdsourcing ou le crowdimpactingpermettront de mieux gérer l’aide au développement en récoltant et diffusant des données plus efficientes.
Fed Africa : Quels impacts à la sphère digitale dans les habitudes de consommation ?

Thierry Barbaut : Un des impacts majeurs a été de mettre en contact les populations, les familles, les régions et même les pays d’Afrique. Comme l’Afrique est dans le noir la nuit par manque d’électricité, elle est aussi dans l’ombre au niveau de la communication.

La diaspora entre enfin de manière efficiente dans le développement de l’Afrique, des HUBS se développent afin de faciliter les contacts mais aussi les financements, les échanges et les bonnes pratiques.

Jumia bien sûr avec la société AIG (Africa Internet Group) mais aussi Cdiscount (Bolloré et le groupe Casino) possèdent à eux deux plus de 40 sites internet de e-commerce en Afrique.

Mais là ou Jumia s’est particulièrement démarqué c’est dans l’adaptabilité des différents sites internet aux spécificités locales et culturelles mais aussi techniques et législativement : pas de HTTPS (paiement sécurisé sur Internet) ou de paiement par carte dans tel ou tel pays, c’est alors du «click and collect » qui est mis en place (système ou le consommateur commande en ligne et payera à la réception du produit).

Finance, marché informel et lutte contre la corruption

Le digital permet à l’Afrique de se placer sur les marchés financiers et de développer ses propres fonds d’investissement d’incubateurs et enfin de ne pas dépendre systématiquement de l’aide internationale même si des contrastes restent saisissants d’un pays à l’autre, ce qui est logique sur 54 pays.

Le fait de piloter des marchés financiers dans un écosystème digital permet ausside transformer le marché informel qui représente 70% en Afrique.Formaliser les échanges, par exemple sur les différents marchés journaliers qui se tiennent dans les villes et qui mettent à disposition des populations les denrées de première nécessité, représenterait plus de 500 milliards d’euros par an dans sa phase N+1. Le mobile banking sera bien sur le principal vecteur des connexions financières entre clients et vendeurs.

Fed Africa : Quelles sont vos projections concernant la prochaine décennie ?

Thierry Barbaut : Les HUBS liés aux nouvelles technologies vont exploser, ils sont des pépinières de jeunes vecteurs d’innovations locales et adaptés aux cultures et mode de consommation des 54 pays du continent.

– Les applications mobiles et les objets connectés, qu’ils soient chez les particuliers, dans les usines ou grandes entreprises joueront un rôle essentiel.

– Il est probable que l’Afrique soit finalement cette locomotive de la croissance mondiale dès 2030 avec deux milliards d’habitants. Les défis à relever sont énormes mais la croissance est présente et perdure même avec la chute des cours du pétrole. Cette croissance, même si elle est inégalement répartie, touchera de plus en plus de monde et donnera plus d’impact et de pouvoir d’achat aux populations.

Dans les bonnes initiatives digitales en Afrique il faut citer We Think Code, une ONG Sud-Africaine qui ouvrira début 2015 la première école gratuite de codeurs ouverte aux pays limitrophes sur le même modèle que « 42 Born to Code » l’école du fondateur d’Iliad (Free) Xavier Niel à Paris.
L’économie informelle va se structurer progressivement permettant aux Etats de mieux se développer financièrement notamment en collectant des impôts importants. La bonne gouvernance sera bien sûr aussi décisive qu’indispensable. Faisons confiance aux jeunes, 50% de la population Africaine à moins de 25 ans et la jeunesse rime avec innovation.

L’Etat veut « moderniser en profondeur » son système d’information

Pour le gouvernement, l’Etat dépense trop pour gérer son existant informatique, ce qui pénalise sa capacité d’investissement et d’innovation.

Le gouvernement confie donc à la Disic la conduite de la mutualisation du SI de l’Etat et de sa gestion de projets.

etat-francais-systeme-information-barbaut.netLe 18 décembre se réunissait un quatrième comité interministériel dans le cadre de la démarche de modernisation de l’action publique. A cette occasion, plusieurs décisions ont été arrêtées, notamment en matière de système d’information et de prise en compte du numérique dans les services publics.

Et la DSI de l’Etat, la Disic, dirigée par Jacques Marzin, va être un peu plus encore mise à contribution. Le gouvernement s’est en effet fixé comme objectif de moderniser le système d’information de l’Etat, ce qui passera notamment par une mutualisation matérielle et logicielle.

500 à 800 millions d’euros à économiser, puis à réinvestir, en partie

Car, relève le compte rendu du CIMAP du 18 décembre, « l’obsolescence et le cloisonnement des systèmes d’information freinent le développement de nouveaux services numériques au profit des usagers. » Ce cloisonnement s’illustre par exemple par des infrastructures informatiques « largement spécifiques à chaque administration ».

L’administration est en outre confrontée à un problème classique, à savoir un budget informatique et des moyens en « majorité » consacrés à la gestion de l’existant. L’objectif est donc de dégager des marges de manœuvre.

Et pour cela il « est donc nécessaire de renforcer la démarche de mutualisation des infrastructures matérielles et logicielles, et de mieux inclure l’innovation dans les démarches projets ». L’Etat souhaite à cette fin s’appuyer sur la « compétence technique » et le « savoir-faire métier » de ces agents.

« Ces équipes doivent être pleinement mobilisées sur la conception, et mises en réseau ou rassemblées lorsque c’est opportun pour que l’intelligence collective favorise des solutions transversales » est-il précisé.

Grands projets : il va falloir faire mieux et moins risqué

Outre cette mutualisation, le gouvernement souhaite renforcer les garanties sur les « grands projets » en faisant « baisser le niveau de risque inhérent » à ceux-ci . Louvois et Chorus ont laissé des traces.

Mais comment concrètement réduire les risques ? Grâce à un contrôle qualité renforcé et « un accompagnement vigilant » – qualité qui ne devra pas oublier non plus les projets plus classique. C’est vague oui. Charge donc à la Disic d’associer des méthodes et processus précis à ce cap général.

Mutualisation et rigueur dans les projets doivent ainsi se traduire par une diminution de la dépense annuelle, hors masse salariale, de 500 à 800 millions d’euros en 3 à 5 ans et sur le périmètre de l’ensemble des ministères.

La réduction de coûts n’est pas une fin en soi – du moins pas seulement – puisque ces économies doivent « en partie » être « réemployées pour investir dans de nouvelles démarches de modernisation du système d’information, d’innovation et de simplification. »

La Disic, rattachée au SGMAP, a trois mois pour faire des propositions en définissant notamment une « trajectoire de mutualisation », et ce dans un contexte « d’économies exigeantes. » Pour cela, la DSI de l’Etat « sera dotée des moyens nécessaires pour conduire cette transformation ». Des moyens qui restent à préciser.

DRH: Linkedin a mis en place un algorithme qui se base sur les actions des recruteurs afin de leur proposer « les utilisateurs qu’ils devraient embaucher ».

Finies ces heures passées à rédiger des lettres de motivation, fouiller le web pour dénicher les adresses mail des recruteurs et à les spammer dans l’attente d’une réponse très hypothétique.

Bientôt il suffira d’attendre patiemment les bras croisés d’être chassé par un RH qui vous proposera une offre qui satisfera, ô combien, vos attentes. Les bras croisés pas tout à fait.

linkedin-recruiterIl faudra d’abord vous joindre à la communauté de 200 millions d’utilisateurs Linkedin, si ce n’est pas déjà le cas, puis soigner votre profil pour que celui-ci atteigne des records d’audience. Que cette statistique convertisse les derniers sceptiques : d’après un sondage effectué par Jobsite, 97% des recruteurs utilisent Linkedin.

 

« Recruiter » mâche le travail des employeurs 

 

Si à l’origine, le réseau social professionnel se résumait à un gigantesque catalogue de CV en ligne, Linkedin est en train d’adopter une démarche beaucoup plus active, visant à orienter les recruteurs vers des candidats potentiels.

L’objectif selon Rob Humphrey, spécialiste de la gestion des talents chez Linkedin, est de leur permettre de chasser les proies les plus prisées ou « passive talents » : ces individus qui ne sont pas en recherche d’emploi mais déjà dans une position confortable. En réalité, seulement 15% des membres de Linkedin sont activement en quête d’un poste.

 

C’est là qu’intervient le service connu sous le nom de « Recruiter », accessible aux entreprises ayant souscrit à un compte premium payant. Grâce à cette fonctionnalité, les recruteurs peuvent espionner tranquillement votre profil, sans que vous n’en ayez vent.

Ils ont également la possibilité de vous ajouter à des listes de candidats potentiels en toute confidentialité. Mais Recruiter va encore plus loin en  leur proposant d’entrer en contact avec vos anciens employeurs ou d’être tenu au courant si quelqu’un d’autre dans l’entreprise s’attarde sur votre profil.

 

L’algorithme Linkedin

 

Mais c’est en mettant en place un algorithme (qui devrait être disponible dans quelques mois en France) proposant aux recruteurs  « les gens qu’ils devraient embaucher » que Linkedin entre dans une nouvelle dimension.

Comment marche ce savant logiciel ?

Il s’agit principalement d’un algorithme mimétique, qui pour l’instant ne peut fonctionner qu’en observant le comportement des recruteurs. D’après un responsable Linkedin que nous avons contacté : « l’algorithme est basé sur les actions du recruteur: ses recherches, ses mails, les offres qu’il poste mais également les embauches récentes ou la description de l’entreprise. Plus un recruteur utilise le système, plus l’algorithme se complexifie et répond à ses attentes. ».

 

Linkedin analyse les listes de sélection de candidats potentiels établies par les recruteurs et recommande des utilisateurs à la formation et aux compétences similaires. Si le recruteur rebondit sur ces suggestions et initie une conversation par e-mail avec un candidat proposé, ses caractéristiques seront enregistrées afin de proposer plus tard des candidats semblables.

 

Mais l’algorithme a récemment été complexifié. Il est capable de mettre en place et d’exploiter des statistiques à partir de la base de données phénoménale disponible sur le réseau. Par exemple, le système remarque le degré de mobilité élevé des banquiers d’investissement entre New York et Londres. Il proposera par conséquent des candidats londoniens aux recruteurs newyorkais.

 

Cet investissement en R&D n’est pas désintéressé. « Recruiter » représente une véritable manne financière pour le réseau. En moyenne, un compte recruteur rapporte 8 000$ par an à Linkedin. Plus de 16 000 entreprises y ont déjà succombé, dont les mastodontes Google, L’Oréal ou encore Facebook.

Et le réseau se porte plutôt bien : en février Linkedin a annoncé pour Q4 des revenus croissant de 81%, ce qui représente 304 millions de dollar, dont 161 millions provenant des services aux recruteurs.

 

A plus long terme

 

Linkedin va-t-il uniformiser les processus sinueux de recrutement ? Probablement si le réseau continue sur sa lancée. Mais la Harvard Business Review va encore plus loin dans son article « Digital staffing : The Future of Recruitement-by-Algorithm ».

Que ce soit en organisant un voyage sur TripAdvisor, en écoutant de la musique sur Spotify ou en commandant un ouvrage sur Amazon, la e-réputation des internautes ne se résume pas à leur profil policé sur Linkedin.

 

Alors que les algorithmes permettant de traiter toutes ces données se complexifient, il sera un jour possible pour les recruteurs de synthétiser l’ensemble des informations disponibles pour générer un profil unique par individu, permettant de parfaitement cibler les talents.

Oui, ce scénario prédictif exhale des relents de 1984. Mais il n’est plus possible d’y échapper. A terme, être absent des réseaux reviendra à tout simplement s’écarter du marché du travail.

Mais il y a pire qu’être absent : laisser vagabonder sur la toile des photos ou informations compromettantes à votre égard. Conclusion, le temps que vos parents passaient à rédiger laborieusement des lettres à la main aux recruteurs, vous, vous le passerez à vous googliser, à verrouiller l’accès de vos profils privés et à abreuver d’informations reluisantes vos réseaux professionnels.

Thierry Barbaut

Cloud et Opérateurs: OBS, Orange Business Services s’associe avec Microsoft et profite de chiffre porteurs

Le Cloud porterait Orange au firmament ?

La filiale Entreprises de l’opérateur Orange annonce 33% de croissance sur ce marché et vise 500 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2015… Avec Microsoft !

 

microsoft-orange-obsLe cloud computing semble représenter le principal moteur de croissance des opérateurs télécoms pour entreprises. Il y a quelques semaines, SFR Business Team annonçait une croissance de 50% dans ce secteur et 2800 entreprises clientes.

Aujourd’hui, c’est Orange Business Services (OBS) qui fait état d’un chiffre d’affaires de 113 millions d’euros en 2012 dans ce segment, soit une croissance de 33% par rapport à 2011.

“En 2012, le cloud est entré dans une nouvelle phase de développement sur le marché des entreprises. En France par exemple, 60 % des entreprises de plus de 1000 salariés1 ont déployé ou sont en train de déployer un projet cloud et de plus en plus d’entreprises en France et à l’international font confiance à Orange Business Services pour les accompagner dans cette étape clé de leur transformation informatique”, explique la filiale de l’opérateur historique.

Nouvelle phase de développement
Reste que les objectifs sont ambitieux. OBS vise 500 millions  d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2015 dans le cadre de son plan  stratégique Conquêtes 2015. Il s’agira donc “de renforcer sa stratégie autour du développement de modèles de cloud hybride qui permettent de combiner plusieurs clouds (privé, public, privé-virtuel) tout en offrant un service unifié à l’entreprise et aux utilisateurs”, explique le groupe.

Le “projet Cloud” regroupera ainsi les compétences cloud computing du groupe et “fera converger tous ses projets de type Infrastructure as a Service (IaaS) vers la gamme Flexible Computing d’Orange Business Services”.

“Le mouvement d’adoption du Cloud est massif mais chaque entreprise est unique dans son rythme de migration et ses besoins. Cela nécessite de développer des offres simples à déployer et de les associer à un accompagnement adapté. C’est pour cette raison qu’Orange Business Services renforce l’offre de service associée à Flexible Computing, sa gamme d’Infrastructures as a Service (IaaS)”, poursuit OBS.
En termes d’annonces, l’opérateur lance Cloud Coach pour les clients de l’offre clé en main Flexible Computing Express, une solution d’accompagnement via le service client. Il s’agit de cibler les petites entreprises qui n’ont pas les ressources nécessaires pour déployer des infrastructures cloud.

Par ailleurs, Microsoft et Orange Business Services renforcent leur partenariat avec l’arrivée de Office Together Select sur Business VPN Galerie. Il s’agit de “proposer aux entreprises d’associer les bénéfices de la solution Office Together Select à tous les avantages d’un réseau privé virtuel”.

Thierry Barbaut

10 chiffres clés sur l’archivage et le stockage des données en entreprise

À l’occasion de la Journée mondiale sans papier le 25 octobre, la société Iron Mountain a publié dix chiffres clés relatifs au système de management de l’information et d’archivage dans les entreprises.

 

Un moyen de souligner que malgré le développement des données natives numériques, le stockage des données physiques reste encore problématique dans la plupart des sociétés et les exposent à d’importants risques de perte ou de fuite d’informations de valeur.

Voici, en dix statistiques clés, les résultats d’une récente étude qu’Iron Mountain a mené chez les DSI de structures françaises, britanniques, hongroises, espagnoles et néerlandaises.

Ces informations me semblent pertinente et importantes dans les secteurs de la dématérialisation RH, l’archivage physique et éléctronique, l’externalisation, dans le Digital Asset Management et dans tous les systèmes de gestion de flux numériques.

 

  • 58 % des sociétés stockent leurs archives papier dans un lieu central situé dans les murs de leur entreprise ;
  • 49 % gardent leurs archives papier dans des caissons ou  dans les tiroirs de leurs bureaux. Dans bien des cas, elles sont même stockées dans la cave, laissant ainsi de nombreuses informations sensibles exposées à desrisques d’humidité, de moisissures et aux rongeurs ;
  • 49 % des entreprises estiment que leur système de stockage ou d’archivage des données est saturé ;
  • 32 % le jugent chaotique, reconnaissant que toute information ainsi archivée ne sera plus jamais consultée ;
  • 38 % trouvent difficile de retrouver un document dans leur système d’archivage ;
  • 38 % des entreprises pensent que le défaut d’accès à certaines informations nuit à la qualité de service rendupar leurs équipes aux clients ;
  • 68 % craignent un décalage entre les informations physiques et numériques ;
  • 49 % ont peur de perdre des documents historiques de valeur ;
  • 25 % des sociétés ne sont pas en mesure d’adopter une approche holistique du management de l’information ;
  • 30 % des managers européens échangent encore avec leurs clients par le biais du papier.

Thierry Barbaut

Edito: Ce qui serait possible en 2013 dans le Web 2.0, et les nouvelles technologies en général

2013 sera riche en développements et en innovation.

L’innovation est pour moi comme pour beaucoup d’entreprises LE mot clef qui va permettre de passer cette période de crise en développant son CA.

 

– L’édition numérique

Les chiffres sont éloquents: Nous allons passer de 1,2% (pourcentage des parts de marché du livre en version numérique) à 18% en 2015.

Les ventes de papiers sont désormais plus faible que le numérique, dans la presse comme dans le livre.

De nombreux groupes privilégient le format digital et s’associent à des constructeur pour lancer leurs propres tablettes tactiles (France Loisirs, la Fnac, etc…) Avec bien sûr en toile de fond le désir de s’approcher du Kindle le produit phare d’Amazon, véritable Business model à lui seul car meilleur objet vendu sur le site Amazon.com !

Tous les constructeurs sortent leurs tablettes et leurs systèmes d’exploitation, Google, Sony, Nokia,etc… Et bien sur tous regardent la succès story de l’Ipad et de l’IPhone.

On n’ose mème enfin dire que: « Le numérique est à lui seul un levier de l’économie française »

En Europe, les cinq principaux pays européens verront le chiffre d’affaires du livre numérique atteindre 1,4 milliard d’euros en 2015
(source industrie.gouv.fr)

 

 

 

 

– WEB 2.0, Smartphones & Tablettes + Géolocalisation & réalité augmentée…

Là aussi pas la peine de revenir sur le développement colossal du e-commerce, qui se nomme maintenant f-commerce (Facebook) m-commerce (Mobile) et ainsi de suite selon les supports ou les systèmes utilisés.

Mais ce qui bouleverse ce secteur c’est le Web 2.0 participatif et géolocalisé.
Non seulement vous pouvez savoir ou vous êtes et ou vous voulez aller mais aussi comment et ce que vous pourrez y trouver, du particulier, au touristes (potentiel énorme du tourisme en France pour la clientèle étrangère) en passant par le professionnel qui a besoin de nombreux services comme, hôtels, parkings,horraires, traduction, etc. etc…

Le SoLoMo, social – Local – Mobile est de plus en plus à la mode et les applications associés aussi.
La réalité augmentée apparait et permets d’utiliser pour la plupart des cas l’appareil photo de son smartphone pour y associer des applications mobile, elles s’interfacent avec ce que voit l’appareil et propose des services connectés !

Là aussi donc bouleversement présent et à venir !

 

 

– Dématérialisation, numérisation & Externalisation

De nombreuses entreprises prennent conscience qu’il faut se concentrer sur son savoir-faire et confier le reste à des prestataires. C’est un process, c’est un changement mais en temps de crise cela permet de faire des économies et de se recentrer sur son cœur de métier en focalisant ses forces vives sur l’expertise de l’entreprise.

Là aussi l’offre est importante, que ce soit en dématérialisation RH (Novapost) ou en externalisation de process, que ce soit en stockage physique, (avec enfin la possibilité de consulter ses archives sur une plateforme online en mode SAAS) et grâce aux solutions CMS: Drupal, WordPress, SPIP, Magento etc… Solutions a succès car des milliers de sites s’ouvrent chaque jours.

Là aussi cela touche de nombreux secteurs (devrais-je dire TOUS les secteurs ?) RH, administration, musées, privé, politique et grande consommation. Avec des surprises, comme le fait que les plus de 50 ans acceptent plus de passer au “zéro papier” que les “geeks” !

Une initiative intéréssante aussi pour Smartsy, application mobile dédié a l’image ou les possibilités offerte par la reconnaissance de photos, d’images et de logos sont quasiment sans limites.

A suivre…
Thierry Barbaut

IBM ouvre près de Montpellier son premier centre “cloud” en France

Le groupe informatique américain IBM a annoncé vendredi l’ouverture près de Montpellier (sud), de son premier centre en France entièrement dédié au “cloud public”, qui permettra à ses clients de stocker sur le territoire national leurs données informatiques stratégiques.

“Nous investissons depuis 2009 en France dans le +cloud+, pour cette seule année-là nous avions investi 300 millions d’euros en datacenters. Cette nouvelle offre n’est qu’une étape de plus”, a déclaré le président d’IBM France, Alain Bénichou.

Ce nouveau centre complète les six autres centres “cloud” d’IBM déjà implantés dans le monde (deux aux Etats-Unis et les quatre autres en Allemagne, au Japon, à Singapour et au Canada) et “permet aux clients français et étrangers de localiser dorénavant leurs données en France”, souligne le communiqué.

Déjà opérationnel, le centre, qui s’adresse “au plus grand nombre, PME et collectivités locales” notamment, “héberge un large bouquet de prestations et de plateformes de services optimisés, qui permettront ainsi aux clients de bénéficier de l’incroyable potentiel du +cloud computing+”, est-il précisé.

L’informatique “en nuage” ou “cloud computing” permet de gérer à travers le web des données informatiques stockées dans des serveurs distants.

“Notre offre est cryptée de bout en bout, des datacenters aux communications en passant par les disques. Il faut résister à des dizaines de milliers de tentatives de hacking par jour”, a précisé M. Benichou.

Cette annonce intervient alors que les groupes SFR et Bull, puis Orange et Thales, ont dévoilé ces dernières semaines leur projets concurrents (soutenus financièrement par l’Etat) pour proposer aux entreprises et administrations françaises des solutions de “cloud” assurant le stockage sur le territoire national les données sensibles.

“Ces projets n’en sont pas au même niveau de maturité que nous, ils sont encore en train de lancer des appels d’offres et d’acheter les infrastructures”, a commenté M. Bénichou.

“C’est vrai qu’il y a eu une sensibilisation à garder les données en France, mais je crois que c’est un faux problème”, a-t-il ajouté au sujet du Patriot Act, promulgué en 2001 par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre et qui permet au gouvernement américain d’accéder à certaines données dans le cadre d’enquêtes pénales liées à des actes terroristes, après obtention d’un mandat d’un juge fédéral.

Certaines entreprises françaises craignent en effet de confier leurs données stratégiques géants américains Cisco, IBM, Microsoft, Google ou Amazon qui dominent le marché du “cloud”, un point que les co-entreprises Bull/SFR et Orange/Thales ont bien compris en mettant en avant la “souveraineté” de leurs offres.

“Je suis choqué par cet argument de souveraineté car cela impliquerait qu’il y a un manque d’éthique et d’intégrité de la part des collaborateurs français d’IBM. C’est basé sur un examen fantaisiste de ce Patriot Act”, a estimé Alain Bénichou.

“Imaginer qu’on puisse sans autre forme de procès divulguer des données privées est totalement absurde”, a-t-il résumé.

Le marché du “cloud” est en pleine expansion et devrait représenter plus de 177 milliards d’euros en 2020 dans le monde, selon le cabinet d’études Forrester.

AFP

Dématérialisation: Une direction spécifique pour un sujet transverse ? Aucun service n’échappe à la dématérialisation

Marketing, comptabilité, achats, production…
Tous les services de l’entreprise succombent aujourd’hui aux charmes, amis aussi aux contraintes de la dématérialisation.

Aussi, la nécessité d’uniformiser le processus et de le piloter de manière globale apparaît-elle de plus en plus prégnante.

De quoi justifier la création d’un poste de direction spécifique, ou à défaut d’un chef de projet , pour un rôle néanmoins plus temporaire que durable.

Le 30 novembre dernier, dans le cadre des 4es Assises du numérique, le ministre de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, Eric Besson, présentait officiellement le bilan du programme France Numérique 2012 et proposait de nouveaux objectifs à l’horizon 2020. En ce qui concerne le développement de l’administration électronique, ceux-ci étaient clairs : “100 % des démarches [administratives, ndlr] les plus attendues seront disponibles sur Internet” d’ici 2013, et d’ici 2020 “le papier devra être définitivement abandonné et l’intégralité des démarches administratives seront dématérialisées.”

Ni plus, ni moins ! Abolir purement et simplement l’utilisation du papier, c’est bien là toute l’ambition de la dématérialisation. Et pas seulement pour l’Etat puisque, s’adressant aux entreprises, le ministre ajoutait que “la maîtrise du numérique deviendra autant un enjeu de survie que de compétitivité”. Encore faudra-t-il être capable de mettre en œuvre ce processus…

Au milieu du gué Si la dématérialisation s’est installée en entreprise, dans les faits, les professionnels demeurent au milieu du gué. “Lorsque l’on ne s’affranchit pas totalement du flux papier, et que l’original reste le papier, on ne fait pas de la dématérialisation pure”, explique Charles du Boullay, directeur général de CDC Arkhinéo, filiale de la Caisse des dépôts. Etienne Plouvier, responsable des solutions dématérialisation chez Atos, un des géants du secteur, abonde en ce sens et pointe cette distinction : “Nous observons deux types de dématérialisation sur le marché : la dématérialisation simple où le document papier va servir d’original et de preuve devant un juge lorsqu’il y a un litige, et la dématérialisation fiscale où l’on va créer un document d’origine électronique qui aura valeur légale du consentement d’une personne, par exemple lors de la signature d’un contrat.”

Car supprimer le papier n’est en réalité pas si simple ! Si dans le premier cas, on se sert bien d’outils de numérisation et de dématérialisation des flux (e-mails par exemple) dans le but de simplifier les processus internes et de réduire les coûts, on ne peut s’affranchir totalement de la référence papier en cas de contrôle ou de procédure administrative. Le premier pas vers ce type de dématérialisation existe ainsi depuis le début des années 2000, sous le nom de GED, et consiste à faire circuler des documents électroniques dans l’entreprise au lieu des originaux papiers. Il suivait le mouvement initié au début des années 90 par les EDI. Ces échanges de données par voie électronique, de système d’information à système d’information, impliquaient encore “la conservation de l’original papier à valeur juridique pour les contrôles fiscaux”, rappelle Charles du Boullay.

La double contrainte, légale et technologique Le développement de la dématérialisation totale a été conditionné par une double contrainte. Légale tout d’abord avec l’ouverture progressive du cadre législatif européen entourant les documents à valeur de preuve : contrats, factures, relevés client. “Les lois ont précédé les usages, ce qui est très rare”, souligne Nathalie Schlang, directrice Marketing et Développement de CertEurope. En France, deux dates clefs ont dès lors permis la libéralisation du secteur. Le 13 mars 2000, l’application de la directive européenne sur la signature électronique a d’abord permis d’accorder la même valeur à un document électronique qu’à un document papier, avec les premières définitions d’une signature électronique notamment.

L’autre grande date correspond à la transposition en juillet 2003 de la directive européenne de décembre 2001 sur la facture électronique. Tout un arsenal de normes et de certifications vient compléter cet encadrement avec notamment la définition électronique de la fiche de paye en 2009 (NFZ42-025), mais aussi l’archivage (NFZ42-013) ou le coffre-fort numérique (NFZ42-020). Elles permettent de s’assurer de la conformité à un certain nombre de critères des solutions produites ou achetées.

L’autre obligation est d’ordre technologique. Les acteurs doivent de ce point de vue réunir les conditions de sécurité nécessaires à la mise en place de la dématérialisation. C’est le rôle des tiers de confiance dont fait partie Nathalie Schlang, qui explique que “si l’on veut vraiment supprimer le papier, il faut que l’on soit sûr que ces documents soient signés électroniquement et horodatés, ce qui permet de valider la traçabilité d’un document et garantir son intégrité”.

Plus qu’une simple réduction des coûts Dans ce contexte, la dématérialisation touche toutes les entreprises. Pourquoi un tel engouement ? Pour Etienne Plouvier, la dématérialisation demeure, même en ces temps de crise, “l’un des rares secteurs dans lequel les entreprises investissent encore, parce qu’elle génère des réductions de coûts”. Une réduction immédiate des frais liés à la consommation de papier, d’encre et de traitement d’abord, mais aussi de frais de mise sous pli, d’expédition, de transport ou de stockage.

Pourtant selon Charles du Boullay il existe d’autres avantages : “Paradoxalement, ces économies viennent presque après car les plus gros bénéfices concernent la manière de travailler, la qualité du travail et du service rendu, et la perception que va donner l’entreprise à ses clients.” La liste des avantages est longue : meilleure réactivité, valorisation qualitative du travail, développement de nouveaux services pour les clients, sans négliger la valorisation du patrimoine documentaire et l’impact favorable sur l’environnement !

La migration vers le “zéro papier” intéresse ainsi en premier lieu les secteurs qui consomment énormément de papier ou ceux qui impliquent de nombreux intermédiaires. Grande distribution d’abord, puis l’industrie et le secteur automobile habitués au travail collaboratif ont vite été imités par les banques, assurances, et autres opérateurs de service. Mais les grands groupes ne sont pas les seuls à être concernés. Dans les plus petites structures, générant beaucoup de petites commandes ou avec des clientèles nombreuses, la dématérialisation apporte aussi des économies en temps et en argent significatives. Charles du Boullay insiste sur ce domaine trop souvent négligé : “Dans le monde des petites PME et des TPE, il y a un secteur dans lequel il faut absolument dématérialiser, c’est la relation client.”

Par où commencer ? Au sein de ces entreprises, il reste encore à déterminer comment s’y prendre. Un constat partagé par Nathalie Schlang : “On se rend compte dans tous ces projets que les entreprises ont envie de dématérialiser, mais souvent elles ne savent pas par où commencer.” Historiquement, la dématérialisation était réservée au traitement des documents, qui constituait souvent la première étape du processus. Logique, puisque sa fonction première est bien de simplifier l’accès aux documents numérisés, d’automatiser leur indexation, et de sécuriser leur archivage et leur stockage.

Cependant, même cette gestion des documents est en train d’évoluer vers des politiques de gestion des connaissances, en créant un accès central aux ressources intellectuelles. Côté commercial, les habitudes sont également en train de changer, poursuit Nathalie Schlang, car “le retour sur investissement de la signature de contrat en ligne est immédiat car elle permet de limiter les pertes et les abandons de procédures”.

“Même le marketing commence à s’y mettre, car ces services comprennent que c’est un moyen d’accélérer les ventes et ne considèrent plus la dématérialisation comme un outil uniquement administratif”, ajoute-t-elle. Dernièrement ce sont les ressources humaines qui ont à leur tour été au cœur de ces problématiques, avec l’apparition d’une dématérialisation complète du dossier du salarié, au-delà de celle du bulletin de paye. De façon générale, tous les collaborateurs de l’entreprise sont donc en train de s’approprier ces nouveaux usages.

Et les champs d’application de la dématérialisation apparaissent désormais extensibles dès qu’il existe des documents en circulation. Elle concerne maintenant l’ensemble des échanges internes : achats, du bon de commande émis, au paiement, en passant par la facture, mais aussi production, gestion, comptabilité et finances. Aucun service n’y échappe ! En externe, elle touche en premier lieu les échanges avec l’administration fiscale. Sylvain Arquié confirme : “La dématérialisation s’est imposée sur toute la chaîne de la gestion, et impacte aussi bien l’entreprise en interne, que dans ses rapports avec ses fournisseurs, ses sous-traitants ou l’administration.”

A sujet transverse, direction transverse Tout ce beau monde doit donc être impliqué, mais de façon coordonnée. En effet, la dématérialisation est une chaîne qui impose que chacun puisse communiquer avec les autres. “Il faut veiller à la connexion avec les autres systèmes d’information : gestion des stocks, achats, etc.”, considère Nathalie Schlang. Par ailleurs, l’intégration d’un tel processus entraîne des problématiques transverses, allant de l’étude, à la conduite du changement, en passant par l’analyse légale et la mise en place de solutions techniques. “Il faut un dialogue entre ces différentes compétences techniques et légales pour mettre en place ce type de processus”, affirme ainsi Etienne Plouvier.

Ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas : “Aujourd’hui, dans les entreprises, on envisage la dématérialisation par compartiments : contrats, bons de commande, factures, documentation interne, alors qu’il faudrait la concevoir comme une chaîne et intégrer par exemple la dimension d’archivage”, regrette ainsi Nathalie Schlang. Pourtant les solutions techniques sont adaptées : “Il peut y avoir des contraintes technologiques liées au défaut d’équipement, mais aujourd’hui les solutions existent et sont de plus en plus simples et abordables à mettre en place, dans la mesure où beaucoup sont en mode SaaS”, ajoute-t-elle.

Cette transversalité demande enfin une volonté et une implication forte de la part de la direction. “Pour que cela fonctionne il faut qu’il y ait un patron ou un chef de projet, porté par la direction”, explique Charles du Boullay, avant d’évoquer la nécessite de “faire un effort pédagogique auprès des salariés” car “ils ne voient pas forcément le côté retour sur investissement qu’apporte la dématérialisation.”

La dématérialisation ne doit surtout pas être perçue comme un risque pour leur emploi. Pour Nathalie Schlang, cette résistance “culturelle” au changement est normale : “Les principaux freins sont les difficultés à changer les habitudes, mais aussi le besoin d’accompagnement et de formation des utilisateurs une fois que le projet est mis en place.” La décision de l’implantation par la direction doit ainsi être adoptée par les employés pour son bon déroulement. “Il faut susciter l’adhésion, former correctement les gens, et leur expliquer pourquoi cela va enrichir leur travail et ne pas être forcément facteur de licenciement”, note Sylvain Arquié.

Pour éviter que chacun ne dématérialise dans son coin, s’impose la nécessité de structurer et d’encadrer ces démarches. Ce qui n’empêche pas de sélectionner quels services devront lancer le processus de dématérialisation, avant de l’étendre éventuellement à l’ensemble de la structure. Reste une question : à qui confier de tels projets au sein de l’entreprise ? Premier écueil selon Etienne Plouvier : “Il faut prendre en compte la dimension multidisciplinaire de la dématérialisation et ne pas tomber dans des projets impliquant uniquement la direction informatique, marketing ou commerciale.”

Pour que chacun se sente concerné, créer une direction de la dématérialisation se justifie dans certains cas, selon Sylvain Arquié : “Cela dépend de la taille des entreprises. Pour qu’une chaîne de dématérialisation fonctionne, il faut que tout soit en corrélation, en harmonie, avec des normes identiques, pour que tout puisse communiquer. Une direction de la dématérialisation proprement dite peut donc être pertinente dans les grands groupes.” Ce besoin de complémentarité justifie aussi une telle direction pour Nathalie Schlang : “Ces directions paraissent logiques, car si la mise en place est uniquement confiée à la Direction des systèmes d’information, elle sera forcément moins concernée par certains aspects, comme le juridique, par exemple.”

Néanmoins cette idée ne fait pas l’unanimité. Pour les autres, la méthodologie imposée (analyse des besoins, modélisation, implémentation technique du processus et accompagnement du changement humain) s’apparente plutôt à une gestion en mode projet. Pour sa part Sylvain Arquié développe sa propre vision d’une telle équipe : “Plutôt une structure relativement petite, mais qui par contre doit avoir un ou plusieurs correspondants dans chaque service transverse.”

Charles du Boullay précise : “Sur le plan technique, ces projets sont portés par les directions informatiques”, ajoutant que “l’informatique est plutôt l’exécutant, mais cela peut être piloté par le fonctionnel.” C’est aussi une question de taille : “Dans le cas de moyennes et grosses PME, ces projets sont directement portés par la direction générale”, complète-t-il, avant de s’interroger sur la pertinence de telles structures à long terme, tant la dématérialisation sera omniprésente : “La dématérialisation va devenir tellement naturelle, qu’à un moment donné un directeur de la dématérialisation n’aura plus tellement de sens.”

3 questions à Sylvain Arquié, président de Groupe Solutions et Infopromotions, et directeur du salon Solutions-Dématérialisation*

“Il n’y a pas de bastions de résistance”

Dans quellesmesure la fonction de directeur de la dématérialisation se développe-t-elle ? Aujourd’hui, il existe assez peu de professionnels arborant un titre de directeur de la dématérialisation. Mais si le titre est rare, la fonction elle, existe bien. Il y a bien évidemment dans les entreprises des gens en charge de cela. La mise en œuvre appartient majoritairement à la direction informatique parce qu’il s’agit de flux informatiques avant tout. Mais la dématérialisation reste une problématique
véritablement transversale, et doit concerner tous les processus de l’entreprise en relation avec les services opérationnels. Car ce sont les services concernés en bout de chaîne qui peuvent expliquer et transmettre leur fonctionnement, leurs besoins et leurs demandes.

Selon la taille des entreprises l’organisation nécessaire à la mise en place de la dématérialisation ne sera pas la même : dans une PME de 40 personnes par exemple, ce sera du ressort du dirigeant seul, tandis que dans une entreprise de 200 ou 1 000 personnes, ce sera celui du service informatique. En tout état de cause, les services dédiés à la dématérialisation sont l’affaire de très grosses sociétés.

Les nouveaux territoires de l’entreprise récemment investis ? Au départ le document a été dématérialisé pour pouvoir être géré plus facilement. Il s’agissait d’une motivation pratique. Ça a été la première dématérialisation avec la GED. Ensuite il y avait des échanges vraiment axés sur les grands donneurs d’ordres de sous-traitants, pour gagner de la flexibilité, de la rapidité, aux frontières du travail collaboratif. C’est de ce type d’applications, qu’est née la dématérialisation, avec ce qu’on appelait l’EDI. Aujourd’hui la signature électronique désormais actée de façon légale, permet à deux PME de s’envoyer des recommandés ayant valeur probante. Ainsi il devient possible de ne plus avoir du tout de papier et de gérer de plus en plus d’échanges de documents, uniquement de façon électronique. Par ailleurs, d’autres thèmes avancent en ce moment autour des notions de sécurité et d’authentification, notamment la signature électronique et les coffres-forts électroniques.

Les derniers bastions de résistance ? Il n’y a pas de bastions de résistance à proprement parler, car c’est juste une question de temps. Il existe plutôt des petites résistances inconscientes. C’est une question de transformation d’habitudes et ceux qui ne prennent pas le train en marche risquent de disparaître. Mais il n’existe pas d’autres résistances car ce n’est pas dans l’intérêt des entreprises. En tout cas dans le champ d’application de la dématérialisation puisque la production physique ou la logistique par exemple ne seront jamais dématérialisées !

En revanche tout ce qui est information au sens large a vocation à se dématérialiser progressivement. Il y a trois 3 ou 4 ans encore, pouvaient exister des freins technologiques comme l’absence de signature électronique vis-à-vis de certaines administrations, mais là aussi ces verrous sont en train de tomber.

Par Pierre Havez
www.lenouveleconomiste.fr

 

Une nouvelle étape dans le SIRH: Etude et marchés

Le marché français des logiciels et services IT liés au SIRH et à la paie avoisineront les 1,8M€ en 2011. C’est le résultat de l’enquête menée par Pierre Audoin Consultants (PAC) auprès d’utilisateurs et prestataires. Le marché de la Paie et des Ressources Humaines ayant pourtant souffert des ralentissements économiques, connaît une croissance supérieure à la moyenne du marché IT et demeure pionnier dans l’externalisation de fonctions.

La fonction Paie et Ressources Humaines est la fonction majeure la plus externalisée au sein des entreprises. Cette tendance se poursuit.

Croissance de 15% pour le SaaS en 2011

Avec une croissance supérieure à 15%, l’ampleur prise par le SaaS est – spectaculaire. La consommation en ligne représente aujourd’hui plus de 120 millions d’euros en Paie/RH soit 2 fois plus que le SaaS CRM en volume, pourtant l’un des marchés emblématiques du SaaS.

La part relative du SaaS sur le marché des logiciels « on-premise » représente près du tiers des produits Paie/RH, contre seulement 1/6e sur le CRM ou encore moins de 1/20e sur le marché global.

L’usage en ligne du logiciel est particulièrement adapté aux Ressources Humaines (ou Talent Management). En effet, l’outil permet à l’ensemble des salariés basés sur différents sites, d’échanger des informations RH. Par ailleurs, le contenu et les processus RH sont relativement plus volatiles et nécessitent dès lors des solutions plus flexibles pour soutenir et accompagner les évolutions constantes des pratiques RH.

« A travers différents entretiens auprès d’entreprises utilisatrices et de prestataires, PAC a constaté un premier niveau de maturité métier des entreprises sur cette dimension de « Talent Management ». On assiste désormais à un débutd’alignement de la stratégie de l’entreprise et de la politique RH », explique Salim Mesbah, consultant chez Pierre Audoin Consultants (PAC).

Après l’appropriation de l’outil par les directions métiers, l’entreprise reprend la main sur les outils RH en impliquant la DSI. Ainsi, la diffusion des outils RH est canalisée par des processus d’harmonisation du parc applicatif RH et s’opère à l’échelle du groupe avec des intégrations d’une part avec le reste du SI et d’autre part des différents modules de la chaine de gestion du capital humain (talents, recrutement, performance, plans de succession…).

Cette maturité est également visible à travers l’évolution des prestataires, en terme d’acquisitions : Taleo a racheté JobPartners pour se développer au niveau européen, les sociétés Vurv Technologies, E-Grasp (recrutement) et StepStone Solutions (talents) fusionnent pour donner naissance à Lumesse, ADP rachète Shared Value (Talent), et Cegid a acquis Vedior Front RH.

Le marché de l’externalisation de la Paie et de l’administration du personnel

Moins spectaculaire que la progression du SaaS, le marché de l’externalisation de la Paie et de l’administration du personnel se structure progressivement. Ce marché couvre des prestations graduelles : Hébergement, SaaS, TMA, Processing, Managed Services et enfin BPO avec reprise du personnel. Les entreprises gagnent en maturité, sont de plus en plus exigeantes sur le niveau de service et évoluent dans leurs structures grâce à des chantiers d’harmonisation des règles et conventions, qui passent souvent par la mise en place de CSP. On observe ainsi le déplacement du marché de l’externalisation vers davantage de valeur métier, dépassant ainsi le cadre « transactionnel » des tâches externalisées, par exemple vers des Managed services. « Parallèlement, on observe un mouvement inverse de « ré-internalisation » avec le report de tâches comme le contrôle et la validation des données, du prestataire vers les collaborateurs, grâce aux nouvelles technologies utilisées dans les solutions. Ce mouvement de structuration entraîne une forte intensité concurrentielle sur le marché », ajoute Salim Mesbah.

L’étude SIRH France 2011 de PAC identifie et positionne les différents acteurs du marché SIRH et offre une vision plus complète et fiable du marché et des dynamiques qui animent ses composantes.

Principales sociétés considérées au sein de l’étude:

Accenture, Act-on, Adheris, ADP, Althea, Asys, Atos, Bodet, Capgemini, Cegedim SRH, Cegi, Cegid, CSC, Des Systèmes & Des Hommes, EBP, E-Doceo, Fiducial Informatique, Foederis, GFI Informatique, Gilbert Consultants, HR Access Solutions, Horoquartz, HP Services, HR Path, IBM, Inextenso, Infor, JVS Groupe, Lefebvre SW, Logica, Lumesse, MC2I, Meta4, NorthgateArinso, Octime, Openportal, Oracle, Quarks up, R.Flex, Saba, Sage, SAP, Sopra Group, Steria, Successfactors, Sumtotal Systems, Talentsoft, Taleo, Technomedia …

Thierry Barbaut
http://rh-it.fr/

Services Cloud : un marché de près de 100 milliards de dollars en 2016

Applications, stockage, Paas… les services de Cloud représenteront une dépenses IT d’environ 100 milliards de dollars en 2016 prévoit IDC.

Si le « Hype Cycle » de Gartner situe le Cloud Computing dans la phase de la désillusion, cela ne signifie pas pour autant que ces technologies ne constituent pas un marché.

Ainsi pour IDC, les serviecs Cloud (public) devraient représenter en 2012 une dépense totale évaluée à 40 milliards de dollars. Et dans quatre ans, la taille de ce marché pourrait doubler d’après le cabinet qui table ainsi sur des dépenses de l’ordre de 100 milliards de dollars.

Pour IDC, ce sont cinq domaines clés des services Cloud qui tireront cette croissance au cours des prochaines années, y contribuant à hauteur de 40% : le stockage, les services, les applications, les systèmes d’infrastructure et le PaaS.

Si IDC positionne le PaaS (Platform as a Service) parmi ces moteurs, le cabinet juge dans le même temps que ce segment contribuera significativement moins.

Thierry Barbaut
www.zdnet.fr

 

Andromède : erreur politique et coup dur pour les PME françaises du Cloud ?

L’Etat a-t-il eu raison de financer des grandes entreprises dans le domaine du Cloud Computing ? Non répond Jules-Henri Gavetti, PDG d’Ikoula, qui parle de « concurrence déloyale. » Pour Philippe Tavernier, dirigeant de Numergy, ce choix était nécessaire pour lutter contre les géants américains.

En discussion depuis plusieurs années, le projet de Cloud public Andromède s’est concrétisé la semaine dernière au travers de la création de Numergy et de Cloudwatt, deux sociétés nées de partenariats public-privé avec SFR et Bull d’un côté, et Orange et Thales d’un autre côté.

Si Arnaud Montebourg, Fleur Pellerin et Louis Gallois (commissaire général à l’Investissement) se sont félicités du lancement des deux « premières centrales numériques de confiance françaises », des entreprises françaises du Cloud et de l’hébergement expriment elles craintes et critiques à l’égard de ces initiatives.

“Il existe déjà une filière de fournisseurs d’IaaS”

Jules-Henri Gavetti, PDG d’Ikoula, une PME fondée en 1998, prend part à la fronde. Car pour lui, Numergy et Cloudwatt pourraient bien mettre en péril l’écosystème existant du marché national du Cloud.

« Mes critiques ne visent pas Andromède à proprement parler. Mais à l’origine, Andromède a été présenté comme une réponse aux besoins d’hébergement de projets critiques et de défense de l’Etat. Puis nous avons découvert que ces nouveaux acteurs souhaitaient développer une offre de services à destination des PME, c’est-à-dire notre marché et celui d’un certain nombre d’autres entreprises déjà implantées. »

« C’est pour cette raison que je sors de ma réserve. Il existe déjà une filière de fournisseurs d’IaaS qui proposent des offres équivalentes à celles de Numergy et Cloudwatt. Et ces prestataires sont généralement français, fiscalisés en France, et avec des datacenters implantés sur le territoire. Il n’y a aucune raison sur le marché des PME-PMI de lancer deux acteurs bénéficiant du label et du sponsoring de l’Etat, ce au risque de désorganiser et pénaliser toute une filière, qui, que je sache, n’a jamais été contactée ni consultée » regrette Jules-Henri Gavetti.

Pour Philippe Tavernier, fraîchement nommé à la tête de Numergy, fruit du partenariat de Bull, SFR et de la Caisse des dépôts (CDC), ces arguments ne tiennent pas.

« Si les secteurs critiques et sensibles de l’Etat avaient été la seule cible de départ, celui-ci n’aurait pas souhaité un partenariat public-privé et aurait créé sa propre structure […] dès le départ, il a été prévu qu’Andromède s’adresse aux PME […] Peut-être Jules-Henri Gavetti n’a-t-il pas bien compris ou voulu comprendre quel était l’objet d’Andromède. Mais je ne veux pas polémiquer » répond-t-il ainsi.

Il y a de la place pour tous sur le marché du Cloud”

« Il y a de la place pour tous sur le marché du Cloud Computing. A l’horizon 2016, le marché français du Cloud public représentera trois milliards d’euros. Notre ambition c’est 15% de part de marché. Cela laisse 85% pour le reste des acteurs. On ne peut pas dire que ce soit hégémonique » ajoute Philippe Tavernier.

Mais pour le PDG d’Ikoula, le développement de ces deux Cloud financés par des fonds publics se fera bien au détriment des fournisseurs en place. Et ce grâce à un atout indéniable : « la garantie de l’Etat. » Un avantage compétitif source « de concurrence déloyale » ou de « distorsions fortes de concurrence » selon le dirigeant.

« Cet avantage qu’est la garantie de l’Etat, nous ne pourrons jamais l’avoir. Cela va jeter un trouble auprès des clients, grandes et petites entreprises, qui étudient actuellement l’opportunité de migrer vers le Cloud » s’inquiète Jules-Henri Gavetti.

La présence de la CDC dans l’actionnariat de Numergy et Cloudwatt, et au travers d’elle, l’implication directe de l’Etat, équivaudrait à l’attribution d’un label de confiance. Cet argument pourrait ainsi peser dans le choix de prestataire des clients. Le patron de Numergy ne le réfute pas.

« A priori oui » reconnaît-il, tout en relativisant la portée d’un tel « label ». « Il faudra le démontrer » sur le marché, considère Philippe Tavernier. « A nous de promouvoir ce label France. Mais au final, le marché reste totalement libre et il ne faut pas croire que les clients nous seront acquis. Il faudra aller les chercher, avec en face de nous des poids lourds. La bagarre se joue sur un autre terrain. »

Le discours c’est : il faut plus d’ETI en France”

Mais au-delà d’Andromède se posent aussi des questions de politique industrielle en matière de numérique, et notamment celle du soutien aux PME françaises. « Les PME françaises naissent petites  (en effectifs et en capitaux propres) et peinent par la suite à combler leur retard pour grandir, innover et exporter ». C’est le constat fait en juin dernier par Fleur Pellerin à l’occasion du Salon Planète PME.

Face à cette situation, la ministre s’engageait à prendre « toutes les dispositions nécessaires pour briser le plafond de verre qui fragilise les PME dans leur expansion et pour mieux les accompagner aux différents stades de leur développement. »

En apportant son soutien financier à des entreprises pesant déjà plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires, la France n’a-t-elle pas manqué avec Andromède l’occasion de contribuer à faire naître de nouveaux champions nationaux et à briser ce « plafond de verre » ? C’est le sentiment partagé par le PDG d’Ikoula.

« Le discours c’est : il faut plus d’ETI en France. Mais les actes ne sont  pas cohérents par rapport à ce qu’on nous annonce. Pourtant, si on souhaite réellement créer des acteurs européens, encore faut-il encourager nos PME innovantes » juge Jules-Henri Gavetti, qui préconise d’autres orientations en termes d’investissements.

“En face de nous, il y a des géants”

« Je voudrais qu’on comprenne que le schéma numérique de la France ne passe pas uniquement par le développement du haut et très haut débit pour les particuliers, mais également par le fait de donner accès au THD aux entreprises installées en province. Il faut désenclaver numériquement les entreprises de l’IT » soutient-il, appelant parallèlement à développer des solutions de financement pour nos « pépites » françaises.

Sans entrer dans ce débat autour de la politique numérique de la France, le directeur général de Numergy insiste sur la concurrence qui caractérise le marché du Cloud Computing et sur la nécessité de rivaliser avec les géants américains.

« Si la France veut voir émerger des champions nationaux sur le marché du Cloud, il faut mettre les moyens. La compétition se fait avec les champions disposant d’importants moyens capitalistiques. Car en face à nous, il y a des géants. C’est face à des sociétés comme Amazon, Google, Microsoft que se joue la concurrence. Dans ce contexte, la pérennité de l’acteur, son image, sa solidité ont un poids bien réel » déclare Philippe Tavernier, justifiant ainsi le choix pour Andromède de grands acteurs français.

Thierry Barbaut
www.zdnet.fr

Le marché de la dématérialisation : la croissance perdure

Quelle que soit la nature des documents et des flux d’information, la dématérialisation progresse inéluctablement, révèle la dernière étude publiée par Markess International. Les entreprises en profitent pour automatiser des processus encore majoritairement gérés manuellement.

 

Le marché français des logiciels et services IT associés à la dématérialisation ignore la crise. Il devrait croître de +14% entre 2011 et 2013 pour passer de 3,6 à 4,7 milliards d’euros.
L’éclaircissement du cadre légal et des obligations réglementaires, notamment dans certains secteurs d’activité comme le secteur public, favorisent indéniablement son essor.

Les différentes études conduites par Markess International montrent aussi que la dématérialisation tire dans son sillage d’autres projets et dynamise des segments de marché connexes (archivage électronique, gestion de processus et de contenu, certification et sécurisation, projets collaboratif…)

L’inaltérable santé de ce marché peut s’expliquer par les enjeux actuels et à venir des entreprises, notamment en matière de traçabilité (amélioration du contrôle des processus, conformité, obligations légales), au niveau de la collaboration (partage des documents, processus collaboratifs), de la réactivité (accélération des processus, réduction des délais de réponse et de traitement). Sans oublier des performances et une compétitivité accrues (meilleure qualité de service, meilleure gestion documentaire), des gains économiques (réduction des coûts de traitement, d’éditique, de distribution, nouveaux modes de consommation des ressources IT) ou, encore, une mobilité accrue (avec l’usage de smartphones et tablettes numériques).

Ces projets de dématérialisation ne sont pas sans effet, tant pour les entreprises que pour les offreurs du marché. Ces derniers doivent démontrer le ROI généré par leurs produits, apporter une richesse fonctionnelle et une ergonomie plus importante, assurer une intégration et un interfaçage avec les ERP et systèmes d’information existants, et garantir, bien sûr la pérennité de la solution.

Ainsi, malgré la crise, 62% des offreurs interrogés revoient à la hausse leurs investissements en R&D, et 71% vont recruter de nouveaux collaborateurs d’ici à 2014 afin de se doter des bonnes compétences. Enfin, les partenariats semblent inévitables puisque 78% des offreurs estiment que la taille de leur écosystème partenarial sera amenée à croître d’ici à 2014.

Pour aller plus loin :

Dématérialisation : les quatre questions fondamentales à se poser.
Bonnes pratiques, bons réflexes et erreurs à éviter quand on décide de déployer un projet de dématérialisation. par Xavier Lainé, directeur général de Primobox

La démat’ des marchés publics en question par Marie-Amélie Fenoll

(Extrait) Au niveau européen, la France se classe parmi les cinq premiers pays. Avec un objectif européen fixé à 5 % de réponses dématérialisées, le chemin à parcourir semble encore loin. Mais des pays, comme le Portugal, sont très avancés sur le sujet. « On estime à 28 millions d’euros les gains annuels de l’administration portugaise grâce à la dématérialisation », avance Olivier Demilly, dirigeant d’Odialis, cabinet conseil en dématérialisation.

Dématérialisation: quid du ROI ? par Sihem Fekih

(Extrait) Les données transitent chez le prestataire et en matière de sécurité, les directions prescriptrices craignent une violation de l’intégrité de leurs  données. «Pour garantir la sécurité des flux, nous mettons à disposition de nos clients un  système de certification des documents confiés. Ceux-ci sont alors cryptés, horodatés, et nécessitent de recourir à une technologie d’authentification pour les consulter ou les exploiter», explique Charles du Boullay.
Associé au tiers archiveur CDC Arkhinéo, le prestataire accomplit des services de dématérialisation pour le compte de 4000 collectivités et établissements publics. Itesoft émet une autre recommandation: s’assurer de la sécurité de l’hébergement. Il rappelle que l’éditeur doit garantir au donneur d’ordres la redondance de l’infrastructure sur laquelle repose la solution, pour prévenir des risques naturels et gérer des sauvegardes externalisées.

Thierry Barbaut

 

Dématérialisation, RH, solutions et signature numérique par Novapost

Signature éléctronique, norme AFNOR sur le coffre-fort numérique et solutions Novapost

Novapost propose la signature éléctronique, explications:

La signature électronique plus fiable que la manuscrite

De quoi s’agit-il ?

Comme la signature manuscrite au bas d’un document papier, la signature électronique identifie l’auteur d’un document numérique qu’il s’agisse d’un courrier, d’un contrat, d’un bon de commande, d’un formulaire administratif, etc. De plus, elle garantit l’intégrité du document, c’est-à-dire qu’elle assure que le document n’a pas été modifié par ceux qui l’ont reçu, ouvert ou lu. Cette signature peut être celle d’un individu, mais également celle d’un groupe ou d’un organisme, c’est-à-dire d’une personne morale.
Les technologies en jeu

La signature électronique est possible grâce au chiffrement, aussi appelé la cryptographie. Il ne s’agit pas d’une image de signature, mais d’un code qui s’applique à la totalité du document. C’est ainsi qu’il est possible de certifier que le document n’a pas été modifié par un tiers. Pour signer numériquement un document, il faut disposer d’un module logiciel qui non seulement crée le code valant signature, mais également la clé qui permettra au destinataire de vérifier cette signature. Ces dispositifs de création de signature électronique sont distribués par des éditeurs certifiés, appelés des prestataires de service de certification (PSC) ou des Tiers de confiance.

Signature pc
Avantages

La signature électronique est un élément-clé de la dématérialisation. De fait, elle dispose des mêmes atouts : raccourcissement des délais de traitement des dossiers et de prise de décision, suppression des délais et des coûts de traitement des courriers liés à la mise sous pli et à l’affranchissement. Les progrès accomplis dans les technologies de cryptographie ont permis leur simplification. Il est désormais possible d’intégrer la signature électronique sous forme d’un « bouton » dans une application. Il existe aussi des applications de parapheurs électroniques, qui respectent le circuit de validation des documents dans l’entreprise.
Attention

Depuis mars 2000, la signature électronique a, en France, la même valeur légale que la signature manuscrite. Elle vaut également « non répudiation », c’est-à-dire que l’expéditeur du document signé numériquement ne peut pas nier avoir envoyé le document. L’application doit donc être utilisée par des personnes agréées dans l’entreprise et à bon escient.
Pour les PME ?

Aujourd’hui, la technologie est accessible sans compétences pointues et une grande partie des interlocuteurs administratifs ou privés des entreprises l’acceptent et l’utilisent. Le dirigeant ou le comptable de l’entreprise peut ainsi signer numériquement les déclarations et les paiements à l’URSSAF, aux Impôts, les réponses aux Appels d’offres publics, les conditions générales de vente, les contrats, etc.

 

Coffre-Fort Numérique: La norme NF Z 42-020 est publiée

La norme NF Z 42-020 qui vient compléter la NF Z 42-013 a été publiée par l’AFNOR le 27 juin 2012.

Cette norme dont le nom complet est « Spécification fonctionnelle d’un composant Coffre-Fort Numérique destiné à la conservation d’informations numériques dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité dans le temps ». Cette norme définit avec précision les fonctions minimales d’un composant coffre-fort numérique et la façon dont il doit être implémenté. Ce nouveau texte de référence décrit également comment mettre en œuvre la traçabilité d’un tel dispositif technique.
La norme est le résultat d’un long travail mené depuis plusieurs années au sein d’un comité ad hoc de la Commission de Normalisation des applications pour l’archivage et la gestion du cycle de vie du document (AFNOR /CN 171). « Cette norme a été conçue pour que des produits puissent être rapidement certifiés » souligne Jean-Louis Pascon, vice-président de la FEDISA. « La dimension « archivage légal » de la nouvelle norme sera complétée ultérieurement par d’autres travaux sur la confidentialité et le chiffrement des contenus », complète Alain Borghesi, vice-président de la FNTC.
La norme NF Z 42-020 servira de socle aux éditeurs et aux intégrateurs pour bâtir des solutions de conservation numérique possédant un niveau suffisant en termes de gestion de l’intégrité des documents.

 

Thierry Barbaut
Consulter la solution “Signature numérique” de Novapost