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Congo TechDays, numérique et codeurs en RDC

Quand un jeune entrepreneur motivé, Malcolm Kambaj, t’envoie un email de Lubumbashi en Mars pour te proposer d’intervenir pour une keynote d’une heure trente sur le numérique lors de la première édition des #CongoTechDays début Juillet en République Démocratique du Congo…  Réponse : “bien sur je viens” !

Finalement tu donnes tout sur trois jours après 24h de voyage éreintant pour vivre un moment énorme que tu n’oublieras jamais !

Les impressionnants codeurs, sans moyens, parviennent à développer une plateforme collaborative de mise en relation du producteur au consommateur de maïs avec au final une API vers une solution de mobile money (paiement par mobile) : Pepele Mobile de la Trust Merchant Bank !

La, en RDC, dans la région historique du Katanga tu découvres une équipe de 20 jeunes amis, formés en réseau local et venant d’horizons différents qui veulent participer au développement du pays. Ils sont convaincu que cela passera par le numérique, alors tu sens que vraiment, avec eux tout est possible !

Conférences, Hakathon, pitchs, rencontres, workshops, mais aussi détente, travail acharné, horaires de fous avec toujours la bonne ambiance et le sourire…

Fabien Kadimba, Huberto Mathe , Daniel Philippe Kaninda, Malcolm Kambaj, Gervais, Yvon Shumbusho, Phinées Kis Kalaba, Caleb Banza, Yannick Kiluba, Chriskadim Kadimba, Jean-marc Kadimba, Jonas Lungo, Cornelie Mak et tous les autres, vous irez tous ensemble très très loin.

vivement les Congo TechDays 2018 !

Gabon : Forum des associations à l’institut de France « Développement et Numérique »

Le SCAC, Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Gabon et Sao Tomé et Principe organisait le 4ème forum des Associations à Libreville.

Le SCAC organise chaque année un forum thématique à destination de la société civile gabonaise.

Cette année le forum était consacré aux liens entre développement et technologies numériques

Le Gabon présente un environnement particulièrement favorable : la couverture réseau est importante et appuyée par le développement continu de la fibre optique, plusieurs incubateurs existent et différentes initiatives en appui aux jeunes développeurs sont en cours.

Cependant, les Organisations de la Société Civile (OSC) n’ont pas encore complètement accès aux dernières dynamiques et innovations numériques en matière de santé, éducation, économie solidaire, accompagnement social…

Le forum des associations à réussi à fédérer un espace d’échanges et de partages entre acteurs sur les perspectives offertes par les outils numériques.

Gabon - Forum Développement et numérique
Gabon – Forum Développement et numérique

 

Les interventions

Après un discours de SEM l’Ambassadeur de France au Gabon, Dominique Renaux, et une intervention du Premier Ministre concernant les stratégies numérique du Gabon, Thierry Barbaut a présenté « les enjeux du numérique en Afrique ».

Pendant une heure trente, Thierry Barbaut, responsable du numérique et de la communication de l’Agence des Micro Projets a développé le lien indissociable entre numérique et aide au développement.

Après avoir dressé un état des lieux du numérique en Afrique (taux de pénétration d’Internet dans les pays, communautés sur les réseaux sociaux et impact sur les associations et ONG), un focus sur l’utilisation du mobile et du smartphone a été fait. Des applications pour les organisations ont été présentées sur les thématiques de l’agriculture, la santé, l’éducation et l’énergie.
Le mobile banking, ou « mobile monnaie » a été présenté avec les avantages de la bancarisation d’une partie de la population et des nouveaux services qu’il propose : assurance, crédit, épargne…
Les usages des drones pour les ONG ont également été développés : agriculture, photos, vidéos et outils désormais indispensables de la préservation de la faune et de la flore.
Enfin une présentation des « hubs » (plateformes de rencontres physiques) et de leurs acteurs permettant à la société civile de se fédérer a permis aux auditeurs de mieux comprendre les réseaux qui animent le numérique en Afrique.

Cécile Vilnet, coordinatrice de l’Agence des Micro Projets a ensuite présenté en détails la dématérialisation des demandes de financement et du cycle de vie des projets au sein de l’Agence.

De l’ « espace association » en passant par l’ « espace projet », chaque étape a été détaillée, permettant aux associations présentes de comprendre comment déposer un dossier de demande de financement en ligne.
L’espace projet est composé de différents onglets : informations sur le projet, avis du jury, suivi des décaissements, bilans et évaluations. Les mission d’évaluation sur le terrain clôturent le cycle du projet.
Cécile Vilnet a conclue en présentant la capitalisation des données, à la fois sur la cartographie de l’Agence des Micro Projets qui répertorie les microprojets financés mais aussi sur le moteur de recherche des sources de financements, accessibles sur www.agencemicroprojets.org.
Enfin une présentation du site www.microprojets.org de « crowdfunding » ou « finance participative » a été faite expliquant comment une association peut collecter en ligne des financements complémentaires avec des dons par carte bleue.

 

Chritian Jekinnou est intervenu pour présenter « Afrique Innovation » qui est un programme de l’Agence Française de Développement, mis en œuvre par l’incubateur Bond’innov et dont l’objectif est de renforcer les compétences des structures d’accompagnement de porteurs de projets (incubateurs, accélérateurs, fablab, etc.) en Afrique.

Astria Fataki présentait Energy Generation qui a pour objectif de faire face au défi de l’accès à l’électricité pour tous sur le continent africain. Ce projet vise à promouvoir et à accompagner l’innovation technologique et l’entreprenariat social au niveau local afin d’identifier, développer et diffuser à grande échelle les solutions d’électrification « made in Africa » d’aujourd’hui et de demain.

Pour ce faire, Energy Generation mène deux actions principales : la création de la Energy Generation Academy, un programme de formation à l’entrepreneuriat ayant pour mission l’accompagnement de jeunes entrepreneurs sociaux spécialisés dans le secteur de l’électrification de base et l’organisation de l’Africa Energy Generation Prize, un concours Panafricain d’inventions de solutions génératrices d’énergie à bas coûts.

Le Docteur Agbor Ashu présentait GiftedMom qui développe des technologies innovantes de Santé Mobile à faible coût pour améliorer la santé maternelle et lutter efficacement contre la mortalité infantile. Grâce à un système de messagerie vocale et SMS, femmes enceintes et jeunes mères accèdent à de l’information préventive et bénéficient de services personnalisés.

Mme Lisa Marie Bongotha est directrice de l’agence de communication L’Etincelle. Madame Bongotha s’investit également dans des projets associatifs et de développement. Madame Bongotha conseille les acteurs non gouvernementaux gabonais sur la gestion des réseaux sociaux, leur identité visuelle et l’utilisation du web pour la recherche de fonds.

Pascal Jeannot présentait ses services d’accompagnement des projets de start-ups. Formateur dans les domaines du marketing, du management, de la négociation vente et de la réalisation de plan d’affaires, Monsieur Jeannot met son expérience et son savoir-faire au service des acteurs non gouvernementaux gabonais.

Une société civile… 2 publics distincts

Le Forum a pour finalité de répondre aux préoccupations d’une société civile active dans la sphère du développement et intéressée en tant que consommatrice de produits numériques développés en appui à son activité.

Par ailleurs, le Forum s’adresse également aux jeunes développeurs rassemblés en associations et/ou incubateurs.

Un forum pour la société civile en trois temps

Une introduction pour souligner le caractère indispensable de la maîtrise des technologies numériques pour la conduite des projets de développement. Il s’agissait également de mettre en relief le fait que  « le numérique » offre de nouveaux outils de gestion et d’aide à la décision simples, utilisables par chacun.

Des échanges autour des applications ou solutions développées au sein de structures gabonaises, françaises et du monde francophone. Par ailleurs, des outils pratiques, simples d’utilisation, ont été mis à disposition des participants dans les domaines de la gouvernance, de la gestion financière et comptable, de l’ingénierie de projets et de la stratégie, planification.

Un concours afin de développer une plateforme d’échanges entre acteurs non gouvernementaux et partenaires techniques et financiers. Ce concours s’est appuyé sur un cahier des charges synthétisant les attentes des différentes parties. Plusieurs équipes, issues des incubateurs gabonais de référence et regroupant a minima un codeur, un marketeur et un développeur, vont proposer une solution répondant au cahier des charges.

Numérique et Développement

J’intervenais pendant une semaine sur les thématiques du numérique au Gabon. Ces interventions furent l’occasion d’échanger avec la société civile gabonaise mais aussi avec de nombreux acteurs de l’aide au développement.

Une semaine riche en rencontres lors du Forum mais aussi de découverte et d’échanges avec les gabonais. Une journée aussi en foret avec un guide qui nous présente les différentes essences naturelles et leurs usages !

Forum “Numérique et Développement” à Libreville au Gabon

Des interventions dans le cadre d’une invitation du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Gabon pour le Forum “Numérique et Développement”.

Après avoir dressé un état des lieux du numérique en Afrique (taux de pénétration d’Internet dans les pays, communautés sur les réseaux sociaux et impact sur les associations et ONG), un focus sur l’utilisation du mobile et du smartphone a été fait.

Des applications mobile ou smartphone pour les organisations ont été présentées sur les thématiques de l’agriculture, la santé, l’éducation et l’énergie.

Le mobile banking, ou “mobile monnaie” a été présenté avec les avantages de la bancarisation d’une partie de la population et des nouveaux services qu’il propose : assurance, crédit, épargne…

Les usages des drones pour les ONG ont également été développés : agriculture, photos, vidéos et outils désormais indispensables de la préservation de la faune et de la flore.

Enfin une présentation des “hubs” (plateformes de rencontres physiques) et de leurs acteurs permettant à la société civile de se fédérer a permis aux auditeurs de mieux comprendre les réseaux qui animent le numérique en Afrique.

Développement numérique, entre miracle et mirage

Si les technologies numériques se diffusent rapidement à travers le monde, ce n’est pas le cas de la répartition des revenus qu’ils dégagent…

L’internet, les téléphones mobiles et d’autres technologies numériques se diffusent rapidement à travers le monde et particulièrement dans les pays en développement, mais les dividendes escomptés du numérique, à savoir une croissance plus forte, la création de plus d’emplois ainsi que de meilleurs services publics, ne sont pas à la hauteur des attentes !

Hélas, 60 % de la population mondiale reste exclue d’une économie numérique en constante expansion

Aujourd’hui et particulièrement sur le continent Africain, ce sont les personnes riches, compétentes et influentes qui bénéficient d’une expansion rapide du numérique, des personnes qui sont mieux placées pour tirer parti des nouvelles technologies.

Il faut également prendre en compte que malgré le fait que le nombre d’utilisateurs de l’internet dans le monde ait plus que triplé depuis 2005, quatre milliards de personnes n’y ont toujours pas encore accès !

Photo : Le mobile en Afrique, une arme de développement massive !

Le vecteur de développement du numérique n’est pas uniquement financier ou technologique, ce sont les politiques publiques qui doivent démocratiser l’accès

« Les technologies numériques transforment le monde des affaires, du travail et de l’administration publique », a déclaré Jim Yong Kim, le président du Groupe Banque mondiale. « Nous devons continuer à connecter tout le monde et ne laisser personne sur la touche, parce que le coût des opportunités perdues est énorme. Mais pour que les dividendes du numérique soient largement partagés entre toutes les franges de la société, les pays doivent aussi améliorer leur climat des affaires, investir dans l’éducation et la santé, et promouvoir la bonne gouvernance. »

photo : Les axes de développement du numérique en Afrique lors du premier Forum International sur la jeunesse et l’entrepreunariat organisé par le MEDEF à Paris en décembre 2016

Des technologies pour quels utilisateurs ?

Bien sur il existe de nombreux cas de succès individuels, mais le constat est sans appel, l’effet des technologies sur la productivité globale, l’accroissement des opportunités pour les pauvres et la classe moyenne, et la généralisation de la gouvernance responsable n’ont pas été à la hauteur des attentes. Les technologies numériques se diffusent rapidement, mais leurs dividendes comme la croissance, les emplois et services, tardent à suivre.

La révolution numérique est en train de transformer le monde, facilitant les flux d’information et la montée en puissance des pays en développement qui sont en mesure de tirer profit de ces nouvelles opportunités.

Le fait qu’aujourd’hui 40 % de la population mondiale soit connectée par l’internet constitue une transformation stupéfiante. S’il faut se féliciter de cet exploit, c’est également l’occasion d’imaginer que nous devons éviter de créer une nouvelle classe exlue. Dans un monde où près de 20 % de la population est incapable de lire et d’écrire, la seule diffusion des technologies numériques a peu de chances de combler le fossé du savoir.

Photo : une publicité vante “internet qui fonctionne” au Burundi – Crédits : Thierry Barbaut 2015 www.barbaut.net

“Dans les pays en voie de développement je préconise plus d’acheter une poule qu’un smartphone ou un ordinateur” Bill Gates, fondateur de Microsoft et de la Fondation Bille & Melinda

Les technologies numériques peuvent favoriser l’inclusion, l’efficacité et l’innovation

Plus de 40 % des adultes en Afrique de l’Est paient leurs factures de services publics par téléphone mobile avec le mobile money, M-pesa en tête avec plus de 2,8 millions de transactions par jours.

En Chine, huit millions d’entrepreneurs, dont un tiers de femmes, utilisent une plateforme de commerce en ligne pour vendre des produits à l’échelle nationale et les exporter vers 120 pays. L’Inde a fourni une identité numérique à caractère unique à près d’un milliard de personnes en cinq ans ; elle a par également élargi l’accès aux services publics et réduit la corruption sur ce front. Et dans le domaine des services de santé publique, de simples SMS se sont avérés efficaces pour rappeler à des personnes vivant avec le VIH de prendre leurs médicaments vitaux.

Les nouvelles technologies favorisent l’inclusion bancaire et freinent la corruption

Pour tenir toute la promesse de développement d’une nouvelle vague numérique, il faut développer deux grandes mesures : réduire la fracture numérique en rendant l’internet universel, abordable, ouvert et sûr ; et renforcer les réglementations qui garantissent la concurrence entre les entreprises, adapter les compétences des travailleurs aux exigences de la nouvelle économie, et promouvoir des institutions responsables. Le travail des institutions politiques en Afrique est prépondérant.

Les stratégies de développement du numérique doivent être d’une portée beaucoup plus importante que celle des stratégies pour les technologies de l’information et de la communication. Pour bénéficier au maximum du numérique, les pays doivent créer un environnement propice aux technologies : des réglementations spécifiques qui facilitent la concurrence et l’entrée sur les marchés, des compétences qui permettent aux travailleurs de tirer parti de l’économie numérique, et des institutions qui rendent compte aux citoyens. Les technologies numériques peuvent, quant à elles, accélérer le développement, l’effet levier ou synergie des NTIC est majeur.

Il sera indispensable, pour une large diffusion de l’internet, de développer les capacités d’analyse critique et de dispenser une formation fondamentale sur les TIC

Des axes de développement indispensables : investir dans les infrastructures de base, réduire le coût de la conduite des affaires, abaisser les barrières commerciales, faciliter l’entrée de start-up, renforcer les autorités de la concurrence, et faciliter la concurrence entre les plateformes numériques.

FORMER ! Si l’alphabétisation de base reste essentielle pour les enfants, il sera indispensable, pour une large diffusion de l’internet, d’inculquer des aptitudes cognitives d’ordre supérieur, de développer les capacités d’analyse critique et de dispenser une formation fondamentale sur les systèmes avancés de TIC. L’enseignement d’aptitudes techniques à un stade précoce et l’exposition des enfants à la technologie favorisent une meilleure maîtrise des TIC et influent sur les choix de carrière.

Les technologies numériques peuvent participer à transformer nos économies, nos sociétés et nos institutions publiques

Ces changements ne sont ni acquis ni automatiques. Les pays qui investissent à la fois dans les technologies numériques engrangeront des revenus importants, tandis que les autres resteront probablement écartés. Si elles ne reposent pas sur un socle solide, les technologies risquent de créer des disparités sur le plan économique, d’accroître les inégalités et d’ouvrir la voie à l’ingérence des pouvoirs publics.

Thierry Barbaut – www.info-afrique.com

Révolution digitale en Afrique ? Écosystèmes, applications mobiles et cartographies

Depuis plus de 10 ans je découvre des nouveaux projets directement liés aux nouvelles technologies s’installer en Afrique et par milliers.

Les porteurs de projets sont unanimes : une personne qui n’a jamais eu de mobile ou d’ordinateur est capable de prendre en main une tablette et de l’utiliser en un temps record, et encore plus vite que celui qui à déjà eu un accès à ces technologies !

Et je l’ai personnellement remarqué il y à au cœur de la Guinée ou j’utilisais un PC sous Windows 10 avec écran tactile.

Les jeunes Guinéens, âgés en moyenne de 10 ans, l’apprivoisait avec une inventivité déconcertante…
Je pense que c’est aussi du au fait qu’il ne réfléchissent pas en prenant en compte les systèmes qu’ils utilisaient s’ils étaient équipés, mais avec un regard nouveau, curieux et donc quelque part parfaitement innovant.

Le digital et le mobile permettent des nouveaux usages collaboratifs en Afrique
Le digital et le mobile permettent des nouveaux usages collaboratifs en Afrique

Alors quels sont les freins au développement d’écosystèmes alliant numérique, hardware et digital dans le secteur de l’éducation, de la santé, de l’entrepreneuriat ?

C’est la connexion…
Les infrastructures : filaire, câble, satellites sont systématiquement trop chère, peut développées ou inexistantes (lire mon dossier sur le Cameroun, le Rwanda et le Burundi dans Info Afrique). Les gens n’ont pas accès aux mises à jours, aux téléchargements, et ne peuvent consulter que les données ayant le poids le plus faible.

C’est donc la connexion qui fait cruellement défaut 🙁

 

Quelles solutions pour le développement d’écosystèmes digital en Afrique ?

La solution c’est bien sur de disposer de système, tablettes, PC, notebook, phablettes ou Smartphones qui sont “pré chargés” avec des programmes ou applications. Cela existe et il faut être capable de désactiver les mises à jours automatiques, les logiciels qui téléchargent sans prévenir etc…
Les succès des projets avec ces méthodes sont désormais généralisés et l’Afrique de l’est et les projets éducatifs les utilisent à grande échelle.

“Il est impossible de développer des systèmes ou des applications en Afrique sans être parfaitement conscient des exigences culturelles, il est primordial d’être sur le terrain, longtemps et en parfaite harmonie avec les usagers des technologies”

Du OFFLINE pour l’Afrique avec Google, et les autres ?

Mais la ou se situe une progression vraiment remarquable c’est dans les systèmes ou écosystèmes qui permettent d’être utilisés “offline”
C’est bien sur Google qui performe dans ces développement que je qualifierais d’innovants dans la mesure ou ils vident des pays en voie de développement sans coûts complémentaires ou avec gratuité totale.

Comparatif Google Maps et Open Street Map

Les cartes avec Google Maps permettent aujourd’hui d’être de plus en plus consultés offline. La aussi une petite révolution.

A noter qu’OSM ( Open Street Map ) le permet également avec par exemple l’application Map Factor, sur mobile, qui donne la possibilité de se géolocaliser sans aucune connexion et en utilisant son Smartphone comme un GPS professionnel.

Avec une vrai évolution qui sont les options de temps de trajets, de traces ou routes sauvegardés etc… des options astucieuses. Le système bénéficie d’une précision assez stupéfiante, mais pas sur la cartographie Google Maps hélas…

Le comparatif Google Maps et Open Street Maps lors de ma mission en Guinée:

Voici la version de Google Maps pour la ville de Dalaba en Guinée…

 

Et la version que propose Open Street Map !

Je vous laisse juge de la différence de détails…

A noter que Youtube se met également à proposer des usages “offline”, je l’évoque dans mon article sur Info Afrique. ceux-ci permettent d’envisager de nouvelles perspectives de développement par exemple pour l’éducation numérique avec le partage de cours dans des zones non couvertes par Internet en Afrique.

Des applications mobiles pour tous les usages

Règle numéro 1: toujours avoir dans le développement de l’application un mode “SMS”. C’est aujourd’hui l’usage le plus prisé pour 80% des Africains qui utilisent des mobiles et non des Smartphones.

Il est indispensable d'être présent sur le terrain pour comprendre les axes de développement
Il est indispensable d’être présent sur le terrain pour comprendre les axes de développement

Permettre aux client final ou au bénéficiaire d’avoir des informations précises en adéquation avec le besoin mais systématiquement en synergie avec la culture locale et le contexte.

– Application de cours des matières premières : avec par exemple l’agriculture ou les cultivateurs reçoivent les informations tous les jours ou toutes les heures sur les cours de leurs produits, lire le dossier Info Afrique.

– Ajouter des datas pertinentes en synergie avec le contexte. Par exemple les informations météo géolocalisés pour ces agriculteurs qui, en Afrique, ont un besoin crucial de stockage et de gestion.

Les applications de santé ou d’éducation évoluent dans le même cadre mais avec d’autres spécificités. Je reviendrais sur ce sujet en détail dan un prochain post.

Le numérique et le code en Afrique

Les nouvelles technologies en Afrique représentent le plus gros marché au monde selon de nombreux experts financiers

Il y aurait actuellement 800 millions de téléphones mobile en Afrique, c’est plus qu’en Europe ou aux USA. Sachant que 80% de ces mobiles sont d’ancienne génération imaginons l’impact sur les applications et l’échange d’information quand ils seront renouvelés par des Smartphones.

Les nouveaux leaders de l’économie numérique ne sont pas uniquement Google, Facebook, SAP, Atos, mais aussi désormais Jumia, MTN, Orange… Des groupes qui définissent de nouveaux paradigmes « agiles » des entreprises participatives, collaboratives… du web 3.0 ?

Interview FedAfrica sur le digital en Afrique

Parmi les nombreuses mutations qui permettent à l’Afrique de s’imposer comme le continent de la croissance, l’essor de la sphère digitale, synonyme de développement économique et social est incontournable.
Le continent est aujourd’hui doté d’un très fort potentiel, tant en termes de nombre d’utilisateurs que d’accès aux offres les plus innovantes. C’est par ailleurs pour répondre à de nouvelles habitudes de consommation, ainsi qu’à un besoin de réactivité et d’inter-connectivité que l’ensemble des acteurs économiques ont pris part à cette révolution.

A ce titre, Fed Africa lance en 2016 le chantier de son nouveau site Internet qui promet d’être responsive et plus ergonomique.
Afin d’en savoir plus sur le virage numérique et ses formes multiples, nous avons convié Thierry Barbaut – expert Digital & Afrique, à nous faire un état des lieux du marché.
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Fed Africa : Dans quelle mesure les nouvelles technologies sont-elles un enjeu de développement ?

Thierry Barbaut : Les nouvelles technologies en Afrique touchent tous les secteurs d’activités : l’industrie, la finance, les matières premières mais aussi et surtout l’agriculture, la santé, les déplacements, les énergies renouvelables et bien sûr l’éducation. Grâce aux NTIC des perspectives incroyables se dessinent et plus particulièrement en Afrique grâce à deux leviers :

  1. Le premier levier est l’accès à l’information et c’est le mobile qui l’a rendu possible. Le marché est passé à une étape de renouvellement avec l’arrivée des smartphones low cost, c’est une deuxième phase de cette révolution télécom qui offrira l’accès à des applications plus inclusives pour des centaines de millions d’utilisateurs.
  2. Le second levier est représenté par les services qu’offre aujourd’hui le mobile. Le plus marquant est bien sur le mobile banking qui démocratise l’accès à la bancarisation. Toutes les classes sociales utilisent le mobile banking et les PME sont de plus en plus représentées. De nouveaux marchés s’ouvrent : l’assurance, l’épargne ou le micro-crédit

– L’émergence des réseaux sociaux en Afrique permet principalement l’échange d’information et donc le contact entre usagers : entreprises, particuliers, organisations avec un accent particulier sur le mode collaboratif. En effet l’outil est extrêmement utile aux populations en recherche de structuration, de fonds et bien sûr de mise en œuvre d’actions.

– Le big data est prépondérant car les données collectées changeront définitivement le visage de l’Afrique avec des perspectives de personnalisation des services adaptés aux besoins des utilisateurs.

– La cartographie et la géolocalisation en temps réel permettent déjà de lutter contre le développement du paludisme, de gérer le trafic des bus de Nairobi en mode collaboratif ou d’apporter des données météo précieuses aux millions d’agriculteurs ou éleveurs par le biais de SMS journaliers.

– le Crowdfunding mais aussi le crowdsourcing ou le crowdimpactingpermettront de mieux gérer l’aide au développement en récoltant et diffusant des données plus efficientes.
Fed Africa : Quels impacts à la sphère digitale dans les habitudes de consommation ?

Thierry Barbaut : Un des impacts majeurs a été de mettre en contact les populations, les familles, les régions et même les pays d’Afrique. Comme l’Afrique est dans le noir la nuit par manque d’électricité, elle est aussi dans l’ombre au niveau de la communication.

La diaspora entre enfin de manière efficiente dans le développement de l’Afrique, des HUBS se développent afin de faciliter les contacts mais aussi les financements, les échanges et les bonnes pratiques.

Jumia bien sûr avec la société AIG (Africa Internet Group) mais aussi Cdiscount (Bolloré et le groupe Casino) possèdent à eux deux plus de 40 sites internet de e-commerce en Afrique.

Mais là ou Jumia s’est particulièrement démarqué c’est dans l’adaptabilité des différents sites internet aux spécificités locales et culturelles mais aussi techniques et législativement : pas de HTTPS (paiement sécurisé sur Internet) ou de paiement par carte dans tel ou tel pays, c’est alors du «click and collect » qui est mis en place (système ou le consommateur commande en ligne et payera à la réception du produit).

Finance, marché informel et lutte contre la corruption

Le digital permet à l’Afrique de se placer sur les marchés financiers et de développer ses propres fonds d’investissement d’incubateurs et enfin de ne pas dépendre systématiquement de l’aide internationale même si des contrastes restent saisissants d’un pays à l’autre, ce qui est logique sur 54 pays.

Le fait de piloter des marchés financiers dans un écosystème digital permet ausside transformer le marché informel qui représente 70% en Afrique.Formaliser les échanges, par exemple sur les différents marchés journaliers qui se tiennent dans les villes et qui mettent à disposition des populations les denrées de première nécessité, représenterait plus de 500 milliards d’euros par an dans sa phase N+1. Le mobile banking sera bien sur le principal vecteur des connexions financières entre clients et vendeurs.

Fed Africa : Quelles sont vos projections concernant la prochaine décennie ?

Thierry Barbaut : Les HUBS liés aux nouvelles technologies vont exploser, ils sont des pépinières de jeunes vecteurs d’innovations locales et adaptés aux cultures et mode de consommation des 54 pays du continent.

– Les applications mobiles et les objets connectés, qu’ils soient chez les particuliers, dans les usines ou grandes entreprises joueront un rôle essentiel.

– Il est probable que l’Afrique soit finalement cette locomotive de la croissance mondiale dès 2030 avec deux milliards d’habitants. Les défis à relever sont énormes mais la croissance est présente et perdure même avec la chute des cours du pétrole. Cette croissance, même si elle est inégalement répartie, touchera de plus en plus de monde et donnera plus d’impact et de pouvoir d’achat aux populations.

Dans les bonnes initiatives digitales en Afrique il faut citer We Think Code, une ONG Sud-Africaine qui ouvrira début 2015 la première école gratuite de codeurs ouverte aux pays limitrophes sur le même modèle que « 42 Born to Code » l’école du fondateur d’Iliad (Free) Xavier Niel à Paris.
L’économie informelle va se structurer progressivement permettant aux Etats de mieux se développer financièrement notamment en collectant des impôts importants. La bonne gouvernance sera bien sûr aussi décisive qu’indispensable. Faisons confiance aux jeunes, 50% de la population Africaine à moins de 25 ans et la jeunesse rime avec innovation.